Ce syndrome touche 9 femmes sur 10: “Ça ressemble à une dépression, mais le traitement est totalement différent”
Neuf femmes sur dix souffrent de troubles prémenstruels. Ces symptômes sont parfois si intenses qu’on parle de syndrome prémenstruel (SPM). Bien qu’il puisse avoir un impact majeur sur la santé mentale, ce phénomène reste méconnu. “Il est encore trop souvent confondu avec une dépression”, explique la professeure Marie-Anne Vanderhasselt, qui a lancé une étude sur le sujet. Comment reconnaître le SPM et que peut-on faire pour le soulager?
Neuf femmes sur dix souffrent de troubles prémenstruels. Ces symptômes sont parfois si intenses qu’on parle de syndrome prémenstruel (SPM). Bien qu’il puisse avoir un impact majeur sur la santé mentale, ce phénomène reste méconnu. “Il est encore trop souvent confondu avec une dépression”, explique la professeure Marie-Anne Vanderhasselt, qui a lancé une étude sur le sujet. Comment reconnaître le SPM et que peut-on faire pour le soulager?
Inge Stiers
Source: HLN
22 août 2026, 12:38
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Maux de ventre, maux de tête, poitrine douloureuse, mais aussi irritabilité, tristesse ou agressivité: la manière dont les troubles prémenstruels se manifestent varie d’une femme à l’autre. “Presque toutes les femmes en âge d’avoir leurs règles ressentent un inconfort physique ou émotionnel au cours des deux dernières semaines de leur cycle. Pour une part importante d’entre elles, la gêne est suffisante pour parler de SPM. 5 à 6% des femmes souffrent même de la forme la plus sévère: le trouble dysphorique prémenstruel (TDP)”, explique Marie-Anne Vanderhasselt, professeure, psychologue clinicienne et chercheuse à l'UGent.
“Le TDP est une forme très sévère de SPM au cours de laquelle les femmes peuvent devenir extrêmement irritables, anxieuses ou même agressives. Certaines racontent que leur personnalité change complètement pendant cette période, au point d’avoir l’impression d’être un ‘monstre’. L’impact social, notamment, peut être énorme”, ajoute la spécialiste.
Un syndrome longtemps méconnu
“Je connais des femmes qui adaptent leur emploi du temps en fonction de leurs symptômes. Elles évitent sciemment d’avoir un entretien avec leur patron avant la semaine suivant leurs règles, sachant qu’elles risquent de réagir avec colère ou démesure. Lors d’une étude précédente, nous avons d’ailleurs observé que plus les symptômes sont intenses, plus les femmes sont affectées psychologiquement et éprouvent du stress durant la seconde moitié de leur cycle.”
Cela ne fait que quelques années que le diagnostic du SPM est véritablement posé et que celui-ci est reconnu comme une affection neuroendocrine. La professeure Vanderhasselt explique: “Il existe un lien entre les variations hormonales tout au long du cycle et l’activité cérébrale. Chez certaines femmes, les processus cérébraux liés aux émotions sont extrêmement sensibles à ces fluctuations.”
Quels symptômes?
“Les symptômes du SPM sont similaires à ceux d’une dépression, d’un trouble anxieux ou d’un burn-out. En cas de dépression, les femmes éprouvent souvent un manque de plaisir durable et ont du mal à accomplir leurs tâches quotidiennes. Cela peut également être le cas avec le SPM, mais la grande différence réside dans la durée : dans le cadre du SPM, ces symptômes disparaissent d’eux-mêmes au bout d’une semaine ou deux, dès le début des règles. Lors d’une dépression, ils restent présents en continu, indépendamment du cycle.”
“Avec le SPM, il s’agit davantage de sautes d’humeur, d’idées noires ou de frustration. Mais à cause de cette confusion, ces femmes se voient parfois prescrire des antidépresseurs ou des anxiolytiques quotidiens, sans aucune prise en compte de leur cycle, alors que ce lien hormonal est justement crucial pour un traitement adapté”, affirme Marie-Anne Vanderhasselt. “Pour reconnaître et traiter ces symptômes, il faut faire collaborer plusieurs disciplines: gynécologie, endocrinologie et psychiatrie.”
Analyser ses ressentis
Mais si même les professionnels de santé ne reconnaissent pas toujours le SPM et le TDP, comment les femmes peuvent-elles savoir si elles en souffrent? “Tenez un journal pendant quelques mois dans lequel vous notez ce que vous ressentez, la façon dont vous vous comportez, l’évolution de vos relations avec les autres et les pensées qui vous traversent. Êtes-vous bienveillante envers vous-même?”
“En notant vos ressentis noir sur blanc, vous remarquerez peut-être que vous vous sentez vraiment mal quelques semaines par mois. Osez en parler à votre médecin. C’est également très important pour les conjoints, car ils ne reconnaissent parfois plus leur compagne et ne comprennent pas ce qui se passe. J’ai même échangé avec des partenaires qui m’ont confié qu’ils auraient divorcé s’ils n’avaient pas compris qu’il s’agissait d’un phénomène hormonal.”
“On ne peut pas non plus diagnostiquer le SPM de manière objective à l’aide d’une prise de sang, car les taux d’hormones sont généralement tout à fait normaux, y compris en cas de TDP. Le problème ne vient pas de la quantité d’hormones, mais de la réactivité accrue du cerveau à leurs variations”, détaille la professeure.
Quels traitements?
Pourtant, les troubles prémenstruels se traitent. “C’est souvent un travail de tâtonnement, car il n’existe pas encore de traitement universel efficace pour toutes les femmes. Pour certaines, un antidépresseur léger pris deux semaines par mois peut être utile, d’autres vont se tourner vers une contraception adaptée. Dans les cas extrêmes, une ménopause médicamenteuse ou chirurgicale peut être envisagée: on teste d’abord l’efficacité du traitement avec une médication réversible avant de procéder à l’ablation définitive des ovaires. Cela se fait évidemment toujours en concertation avec le gynécologue.”