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Ce soir sur Amazon : Tommy Lee Jones en pleine guerre du Viêtnam chez Oliver Stone, ca donne un grand film injustement oublié

Troisième et dernier volet de la trilogie qu'Oliver Stone a consacrée à la guerre du Viêtnam après Platoon et Né un 4 juillet, Entre ciel et terre est un grand film, très poignant, porté par un impecc

Troisième et dernier volet de la trilogie qu'Oliver Stone a consacrée à la guerre du Viêtnam après Platoon et Né un 4 juillet, Entre ciel et terre est un grand film, très poignant, porté par un impeccable Tommy Lee Jones. A voir sur Prime Video.

Sorti en 1993, troisième et dernier volet de la trilogie qu'Oliver Stone a consacrée à la guerre du Vitnam, après Platoon et Né un 4 juillet, Entre ciel et terre est adapté des livres When Heaven and Earth Changed Places et Child of War, Woman of Peace de Le Ly Hayslip, qui y raconte son expérience pendant et après le conflit.

Là où les deux premiers films regardaient la guerre à travers les yeux de soldats américains, celui-ci change radicalement de perspective en adoptant le point de vue d'une jeune Vietnamienne, ballottée entre son pays natal dévasté et l'Amérique où elle finit par s'installer. Le film met en avant la violence morale plus que la violence physique, à travers l'histoire de cette femme tiraillée entre deux mondes qui, l'un comme l'autre, ne veulent pas vraiment d'elle.

Un formidable Tommy Lee Jones

Côté distribution, c'est Tommy Lee Jones qui incarne Steve Butler, le sergent américain qui épouse l'héroïne et l'emmène vivre aux États-Unis. Un rôle marquant pour l'acteur, à une époque où il enchaînait justement les seconds rôles. Les deux hommes s'étaient déjà croisés deux ans plus tôt sur JFK (1991), où Jones interprétait l'énigmatique industriel Clay Shaw, qui aurait trempé dans le complot visant à assassiner le président des Etats-Unis.

Cette collaboration précédente a sans doute pesé dans le choix du réalisateur, qui retrouve ici un acteur capable de nuancer un personnage complexe, à la fois protecteur et rongé par les séquelles psychologiques de la guerre. Son interprétation, dans un registre assez inhabituel pour lui, fut d'ailleurs saluée comme particulièrement émouvante.

Un douloureux échec commercial

À sa sortie, pourtant, le film ne rencontre pas du tout le même succès que ses prédécesseurs. Il reçoit des critiques mitigées et se solde par un échec commercial, la presse américaine reprochant notamment une écriture parfois maladroite et une certaine distance émotionnelle avec son héroïne. Un accueil frustrant au regard de son ambition : clore une trilogie majeure du cinéma de guerre en donnant enfin la parole aux civils vietnamiens, les premières victimes oubliées de ce conflit.

Trente ans plus tard, Entre ciel et terre mérite pourtant d'être redécouvert. Porté par la musique envoûtante de Kitaro, par la prestation habitée de Tommy Lee Jones et par le récit rare d'une femme prise entre deux cultures qui la rejettent tour à tour, le film complète intelligemment le diptyque Platoon/Né un 4 juillet en abordant l'aspect le plus souvent laissé de côté par le cinéma américain sur le Viêtnam : celui des populations locales, broyées par la guerre bien avant l'arrivée des soldats américains, et bien après leur départ.

Entre ciel et terre, à voir (ou revoir !) sur Prime Video.