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« Ce qui fait la différence, c’est l’accompagnement général » : voici les écueils et conseils pour les candidats à la création d’entreprise à Grasse

La création d’entreprise a le vent en poupe. À Grasse, 10 à 15 % des demandeurs d’emploi ont le projet de se lancer. Quels sont les écueils, conseils et outils d’accompagnement pour concrétiser son rêve avec succès…

Milena, 35 ans, enceinte, est au chômage. Mais cette ex-vendeuse rêve de monter une boîte dans la création de lingerie et de bijoux. Sébastien, 46 ans, est chef d’entreprise dans le commerce automobile à Antibes. Mais face à un marché qu’il juge « compliqué », il ambitionne l’ouverture d’un point chaud boulanger à Grasse.

Dan, 67 ans, est retraité. Mais les minces ressources de cet ex-électromécanicien l’obligent à envisager la création d’une activité indépendante de formateur en intelligence artificielle.

La création d’entreprise séduit. Dans le bassin grassois, « 10 à 15 % des 9 000 demandeurs d’emploi actuels (7,6 % de chômage, en légère augmentation depuis janvier), soit près d’un millier de personnes ont ce projet, indique Pascale Puig, directrice de l’agence France Travail de Grasse. On a de plus en plus de pépites. Avec des avancées diverses, d’une simple idée à un projet plus abouti ».

Des food-trucks aux ongleries

En la matière, les tendances évoluent. « Il y a eu la mode des food-trucks, puis la vague des ongleries, des conseillers immobiliers indépendants et des chauffeurs Uber. Actuellement, c’est le bien-être, le développement durable et le conseil informatique », précise Vincent Marcoin, chef de projet à France Travail.

Parmi les 400 000 microentrepreneurs immatriculés en France en 2018, 28 % exerçaient toujours leur activité en 2023. Soit moins d’un tiers de projets pérennes cinq ans après.

D’où la nécessité de bien préparer le grand saut. Et d’en cerner les contraintes autant que les enjeux. « Beaucoup de personnes ne veulent plus être salariées et pensent qu’elles auront plus de temps libre. C’est tout le contraire ! Plus de gens se lancent à cause des facilités d’immatriculation. Attention, selon le statut juridique créé, l’allocation-chômage ne sera pas la même. En clair, ce qui fait la différence, c’est l’accompagnement général », alerte Vincent Marcoin.

Choisir son statut juridique, évaluer le marché, établir sa stratégie commerciale, autant d’étapes essentielles…

Chez France Travail, un forum Action Créa organisé deux fois par an est dédié à la création d’entreprise. L’opportunité pour près de 200 porteurs de projet de bénéficier gratuitement des conseils des professionnels : avocats, comptables, assureurs… Et d’interroger Chambre d’agriculture, associations, CCI, etc. Des ateliers deux fois par mois et « les matins de la créa » une fois par mois, complètent le dispositif local.

Initiative Terres d’Azur en soutien

Sans oublier le précieux coup de pouce d’Initiative Terres d’Azur qui accompagne 500 porteurs de projet chaque année dans l’ouest du département.

« Nous proposons un prêt d’honneur de 10 000 euros à taux zéro. Mais attention, nous intervenons quand le projet est un peu avancé : business plan, étude de marché, prévisionnel financier, a détaillé Juliette Taillardat, chargée de mission pour Initiative Terres d’Azur à la trentaine de porteurs de projet présents au récent forum Action Créa.

« L’avantage, je ne vous lâche pas dans la nature. Je vous accompagne lors de points d’étape » a-t-elle rassuré.

Miroir aux alouettes ou vraie rampe de lancement, le plus important dans la création d’entreprise, c’est l’anticipation…