Ce que l’iPhone a filmé derrière la Lune, Apollo ne pouvait pas le voir pour une raison d’altitude
Le 6 avril 2026, l'équipage d'Artemis II a filmé la Terre disparaissant derrière le limbe lunaire, un phénomène qu'aucune mission Apollo n'a jamais documenté, à cause de la seule trajectoire orbitale et non de la performance des caméras.
Le 6 avril 2026, l’équipage d’Artemis II a filmé la Terre disparaissant derrière le limbe lunaire, un phénomène qu’aucune mission Apollo n’a jamais documenté, à cause de la seule trajectoire orbitale et non de la performance des caméras.

Apollo tournait à environ cent kilomètres de la Lune, et la Terre y restait collée à l’horizon
Les missions Apollo orbitaient autour de la Lune à près de 112 kilomètres d’altitude. Depuis cette hauteur, la Terre apparaissait haute et presque immobile dans le ciel lunaire. Aucune fenêtre géométrique ne la faisait basculer sous l’horizon.
Lire aussi Sous la caldeira de Kikai, du magma neuf alimente un réservoir déjà lié à une éruption géanteArtemis II a cependant choisi une trajectoire libre-retour, totalement différente. Le vaisseau Orion a frôlé les dix mille kilomètres d’altitude au-dessus de la face cachée. Il a ensuite rebondi vers la Terre par effet de gravité.
À cette distance, la Lune redevient une sphère distincte dans le champ de vue. La Terre peut alors s’effacer derrière elle, en quelques minutes à peine. Aucune mission habitée antérieure n’avait traversé cette géométrie particulière.
Cinquante-trois secondes à l’iPhone, doublées par la spécialiste de mission au téléobjectif Nikon
Reid Wiseman, commandant d’Artemis II, a filmé la séquence pendant 53 secondes. Il a utilisé un iPhone 17 Pro Max appuyé contre un hublot d’amarrage. L’appareil offre notamment un zoom optique 8x, soit l’équivalent approximatif d’un 200 millimètres classique.
Lire aussi Le superprédateur des océans s’enfuit en écoutant les cris d’un cétacé pourtant bien plus petit que luiChristina Koch, spécialiste de mission, photographiait également la même scène au Nikon D5 équipé d’un zoom 80-400 millimètres VR. Les astronautes avaient préparé ce binôme car la fenêtre d’observation restait courte et se partageait entre les quatre hublots d’Orion. NASA avait également embarqué quatre iPhones pour appuyer ses propres caméras, avec Bluetooth et internet coupés par précaution électromagnétique.
Only one chance in this lifetime…
Like watching sunset at the beach from the most foreign seat in the cosmos, I couldn’t resist a cell phone video of Earthset. You can hear the shutter on the Nikon as @Astro_Christina is hammering away on 3-shot brackets and capturing those… pic.twitter.com/8aWnaFJ69c
— Reid Wiseman (@astro_reid) April 19, 2026
Bill Anders était seul en 1968 et n’a eu que quelques secondes pour saisir l’Earthrise d’Apollo 8
Le 24 décembre 1968, l’astronaute Bill Anders photographiait initialement la surface lunaire depuis Apollo 8. Il a soudain aperçu la Terre se lever derrière l’horizon lunaire. Il a alors réclamé un film couleur à son coéquipier Jim Lovell, avant de déclencher deux images avant la disparition de la scène.
Cinquante-huit ans plus tard, la configuration s’inverse notamment. Les astronautes anticipent désormais ce moment, le filment et le photographient simultanément. Christina Koch devient au passage la première femme à avoir dépassé l’orbite terrestre basse, alors qu’aucune astronaute ne figurait dans les équipages Apollo.
Lire aussi Les feuilles mortes ne disparaissent pas au printemps : ce que le sol des forêts cache vraiment sous nos piedsCe contraste compte. Apollo 8 a capturé un instant accidentel, alors qu’Artemis II suit un protocole préparé en amont.
Le prochain coucher de Terre attendra Artemis IV, prévue pour le printemps 2028
Au point le plus éloigné, Orion a atteint 406 771 kilomètres de la Terre. Ce chiffre dépasse de six mille six cents kilomètres le record d’Apollo 13, qui tenait depuis 1970. Wiseman et ses coéquipiers occupent donc désormais la position la plus lointaine jamais atteinte par un vol habité.
Artemis III, prévue pour 2027, restera cependant en orbite terrestre basse afin d’y tester le rendez-vous avec Starship HLS et le scaphandre Axiom AxEMU. Artemis IV emmènera ensuite un équipage jusqu’au pôle sud lunaire au printemps 2028, plus de cinquante-cinq ans après la dernière empreinte humaine.
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