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“Ce n’est plus tenable !” : avec des paquets de cigarettes à plus de 13 euros, les buralistes se mobilisent face au risque de “mort de la profession”

Près de 600 buralistes en colère se sont rassemblés lundi 7 septembre à Muret, en Haute-Garonne, pour protester contre la hausse continue des prix du tabac à l’approche des débats budgétaires. D’autres mobilisations sont prévues tout au long de la semaine, à commencer par Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) ce mardi. Ghislaine Mazoyer, présidente de la Chambre syndicale des buralistes du Gard et administratrice au sein de la Confédération des buralistes, nous explique pour

Près de 600 buralistes en colère se sont rassemblés lundi 7 septembre à Muret, en Haute-Garonne, pour protester contre la hausse continue des prix du tabac à l’approche des débats budgétaires. D’autres mobilisations sont prévues tout au long de la semaine, à commencer par Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) ce mardi. Ghislaine Mazoyer, présidente de la Chambre syndicale des buralistes du Gard et administratrice au sein de la Confédération des buralistes, nous explique pourquoi la profession est en colère.

Les buralistes se mobilisent cette semaine un peu partout en France. Quelles sont vos principales revendications ?

Effectivement la mobilisation est importante. Nous étions hier à Murat et nous nous rendons aujourd’hui à Salon-de-Provence avec un bus de 53 personnes. Ce qu’on réclame avant tout, c’est l’arrêt des augmentations du prix du tabac, qui à l’heure actuelle est encore indexé sur l’inflation. Chaque année, on nous annonce une augmentation du prix du paquet de cigarettes de 30 à 50 centimes, mais aujourd’hui ce n’est plus tenable. Nous estimons que pour sauver la profession, il faut désormais envisager un gel du prix des paquets.

Nous souhaitons également qu’il y ait plus de contrôles sur les établissements qui vendent du tabac illégalement, comme les épiceries de nuit qui nous font beaucoup de mal. Certains d’entre eux continuent de vendre des puffs jetables alors que c’est interdit, et ce deux poids de mesures devient insupportable. Nous demandons pour les propriétaires de ces commerces, lorsqu’ils se font attraper, un durcissement des peines.

Les buralistes se sont réunis, lundi à Murat, en Haute-Garonne.
Les buralistes se sont réunis, lundi à Murat, en Haute-Garonne. Ghuislaine Mozoyer

La proximité avec l’Espagne : une difficulté supplémentaire

Pourquoi les buralistes sont-ils particulièrement menacés dans notre région ?

La proximité de notre région avec l’Espagne accentue les difficultés que connaissent l’ensemble des buralistes en France. Il suffit aux fumeurs de passer la frontière pour obtenir des paquets de cigarettes deux fois moins chers. C’est une perte fiscale importante pour l’État. Les ventes qu’on ne fait pas, c’est le Perthus qui les fait, donc même en termes de santé publique, la politique du gouvernement est inefficace.

Que risque-t-il d’arriver si les prix continuent d’augmenter ?

La mort de la profession. Déjà 800 buralistes ont mis la clé sous la porte en deux ans, en France. À Nîmes, l’année dernière, trois confrères ont dû fermer. Mais c’est le cas également dans les villages. Et le buraliste, c’est souvent le dernier commerce qui reste encore ouvert dans certaines communes. Bien sûr, on tente de se diversifier en vendant de multiples produits de consommation, mais si le fumeur ne vient plus acheter son tabac chez nous, souvent, il ne vient plus du tout. Le préfet nous reçoit le 2 octobre prochain, et j’espère qu’il aura de bonnes nouvelles à nous annoncer.