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“Ce n’est pas possible de soutenir l’Argentine” : des supporters des Bleus racontent pourquoi ils préfèrent une victoire de l’Espagne en finale de Coupe du monde

Avant l'épilogue du Mondial 2026, les internautes contactés par franceinfo soutiennent largement les voisins espagnols. Des encouragement motivés par une défiance vis-à-vis de l'Albiceleste, plus que par admiration de la Roja.

France Télévisions

Publié le 19/07/2026 06:43

Temps de lecture : 5min

Un supporter de l'équipe de France devant un bar avant la demi-finale de Coupe du monde entre la France et l'Espagne, à Paris, le 14 juillet 2026. (DJOUDI HAMANI / HANS LUCAS / AFP)
Un supporter de l'équipe de France devant un bar avant la demi-finale de Coupe du monde entre la France et l'Espagne, à Paris, le 14 juillet 2026. (DJOUDI HAMANI / HANS LUCAS / AFP)

Avant l'épilogue du Mondial 2026, les internautes contactés par franceinfo soutiennent largement les voisins espagnols. Des encouragement motivés par une défiance vis-à-vis de l'Albiceleste, plus que par admiration de la Roja.

C'est l'histoire d'une rivalité relativement récente qui va pousser certains Français à soutenir l'un de ses voisins honnis pour le sacre suprême dans la plus grande compétition internationale. L'Espagne défie l'Argentine en finale de la Coupe du monde, dimanche 19 juillet, et de nombreux supporters des Bleus ont déjà fait leur choix sans trembler, ni hésiter longuement : ils soutiendront la Roja, en quête d'une seconde étoile après celle décrochée en 2010.

Pour certains internautes qui ont répondu à l'appel à témoignages de franceinfo, faire ce choix n'a rien de facile. Mais il s'impose. "J'aurais aimé que la France prenne la place en finale et il y a une légère amertume à devoir soutenir l'équipe qui nous a sortis, mais ce n'est pas possible de soutenir l'Argentine", évacue Camille, de Romainville (Seine-Saint-Denis). Comme elle, ils sont nombreux à ne pas du tout avoir envie d'assister à une quatrième victoire de l'Albiceleste en Coupe du monde, après les éditions 1978, 1986 et 2022. Et les raisons ne manquent pas.

Sur le terrain, d'abord. "J'ai vu la demi-finale de l'Argentine contre l'Angleterre et j'ai eu l'impression de voir du rugby, pas du foot", regrette Delphine, de Toulouse, haut lieu de l'ovalie. Au total, 19 fautes ont été sifflées lors de la première période, extrêmement hachée, avant que les comportements fautifs s'estompent lors du second acte, renversant. "J'aurais sorti les cartons tout de suite", assure Patrick, de Vigneux-de-Bretagne (Loire-Atlantique), qui "ne supporte pas la façon" dont les Argentins "se comportent vis-à-vis des adversaires".

"Pour les Argentins, ça a l'air d'être la guerre tout le temps. Ils jouent autant avec les bras et la tête qu'avec les jambes."

Patrick, supporter de l'équipe de France

à franceinfo

Ce comportement lors des matchs se prolonge en dehors, estiment les internautes contactés par franceinfo. La "grinta" argentine franchit parfois les limites, comme lorsque des coéquipiers de Lionel Messi ont repris en 2024 un chant raciste de leurs supporters, à l'encontre des Bleus, déjà entonné à de nombreuses reprises lors de l'édition 2022. C'est d'ailleurs à ce moment-là qu'est née la rivalité entre la France et l'Argentine, victorieuse lors de l'affrontement en finale de la Coupe du monde au Qatar (3-3, 4-2 aux tirs au but).

"La dernière finale me reste toujours en travers de la gorge : l'agressivité des Argentins (notamment des joueurs comme Leandro Paredes ou Rodrigo De Paul), le chambrage, le comportement d'Emiliano Martinez pendant les tirs au but et après, et évidemment les insultes racistes envers Kylian Mbappé, notamment lors de leur défilé au pays", énumère Joachim, du Loiret. "Pour moi, ces insultes racistes, ce n'est pas possible, surtout quand la France a été attaquée de l'extérieur sur ces sujets", prolonge Delphine. Allusion aux différents propos racistes de la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla envers le capitaine de l'équipe de France, ainsi qu'à ceux de la vice-gouverneure de Mendoza (Argentine), qui a assimilé les Bleus à une "équipe africaine sans aucune manière".

"On pourrait aussi parler de l'arbitrage favorable à l'Argentine tout au long des éditions 2022 et 2026, ce qui pose question quand on voit la joie sur le visage de Gianni Infantino [le patron de la Fifa] lorsque l'Argentine gagne", insiste Rémi, d'Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Ces accusations, souvent relayées sur les réseaux sociaux, mais aussi par des sélections battues par l'Argentine, comme l'Egypte, ne reposent sur aucune preuve tangible. Mais elles nourrissent une forme de rancœur.

Et puis il y a ceux qui ne soutiennent pas l'Espagne par défaut. En tout cas, pas seulement pour empêcher l'Argentine de rester au sommet du foot mondial pour les quatre prochaines années. "Quand on prend un peu de recul, avec humilité, il faut savoir être bon perdant. Et c'est ce qui m'a guidé vers l'Espagne", admet Guillaume, d'Aiffres (Deux-Sèvres). Ce fan "amer" a "vraiment apprécié" le gardien espagnol, Unai Simon, qui n'a encaissé qu'un seul but dans cette compétition.

"Je l'ai trouvé d'un flegme et d'un calme admirables, il m'inspire vraiment confiance", reconnaît le jeune homme. Il y a aussi, d'un point de vue continental, un côté chauvin. "L'Espagne est une nation européenne, ils ont été réglo et il y a un joueur né en France, Aymeric Laporte", qui a vu le jour à Agen (Lot-et-Garonne) avant d'être naturalisé en 2021, liste Delphine.

Parfois, l'histoire familiale entre aussi en jeu. Martin habite à Malaga, en Andalousie, avec sa fille et son épouse, une Espagnole. "Ma fille a le maillot de Lamine Yamal et celui de Kylian Mbappé", s'amuse-t-il. Il évoque la possible "joie parallèle" de voir la Roja rejoindre la France au palmarès, dimanche soir, avec deux étoiles. Pour ce supporter des Bleus, "déçu" par l'issue de la demi-finale, "il faut faire une croix" sur la rivalité récente mais intense entre la France et l'Argentine, car cela revient à "remettre la faute sur quelqu'un d'autre, et Rayan Cherki l'a bien dit" après la défaite contre l'Espagne.

Reste que la France ne sera pas d'une seule voix derrière la Roja, dimanche soir. Certains ont quand même décidé d'encourager les coéquipiers de Lionel Messi, dans l'un des derniers grands rendez-vous de sa carrière. C'est le cas de Jean-Christophe. Ce Montpelliérain soutient fièrement l'Albiceleste, "cette équipe qui ne lâche jamais, qui croit toujours en elle et qui a cette passion qui manque à l'équipe de France".

"Les Argentins sont capables de se dépasser tout en jouant super bien."

Jean-Christophe, supporter de l'équipe de France

à franceinfo

Ce supporter des Bleus, dont le meilleur ami est argentin, dénonce la "chape de plomb" qui empêcherait de critiquer le jeu des Espagnols, fait de possession du ballon et de passes courtes au milieu de terrain, souvent très frustrant pour l'adversaire.

Et puis, en face, il n'y a rien de moins que le meilleur joueur de l'histoire, octuple Ballon d'or et peut-être double champion du monde dimanche soir, à 39 ans révolus. "Lionel Messi a été formidable, prolonge Jean-Christophe. Il a une science du jeu tout en marchant, en train d'analyser le jeu… Le rapport des Argentins avec Lionel Messi est particulier. Il était détesté, maintenant il est considéré comme le plus grand joueur, devant Diego Maradona".

Qu'ils soutiennent l'Espagne ou, plus rarement, l'Argentine, tous les soutiens des Bleus doivent digérer une élimination logique mais douloureuse en demi-finale, symbole d'une ère Deschamps qui s'achève sans dernier titre majeur. Samedi soir, la bande de Kylian Mbappé a bouclé sa coupe du monde contre l'Angleterre par une défaite lors d'une petite finale folle (6-4) pour finir quatrième du Mondial. "Une sorte de match amical", balaie Patrick pour évoquer cet amuse-bouche aux saveurs amères avant le gros morceau final.

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