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“Ce n’est pas mon compte, je n’ai jamais touché cet argent” : une dame achète une pièce en or mais se fait escroquer sur Vinted, la vendeuse présumée nie en bloc et assure avoir été piratée

Amélie était-elle l'arnaqueuse sur Vinted ? C'est en tout cas ce qu'a déduit le tribunal judiciaire de Foix, mardi 29 septembre, face à une dame finalement excédée par la décision des juges. L'utilisatrice de la plateforme de vente d'articles d'occasion nie fermement avoir escroqué une autre internaute, sauf que les indices menant à elle se sont multipliés au cours de l'enquête.

l'essentiel Amélie était-elle l'arnaqueuse sur Vinted ? C'est en tout cas ce qu'a déduit le tribunal judiciaire de Foix, mardi 29 septembre, face à une dame finalement excédée par la décision des juges. L'utilisatrice de la plateforme de vente d'articles d'occasion nie fermement avoir escroqué une autre internaute, sauf que les indices menant à elle se sont multipliés au cours de l'enquête.

D'une vendeuse amatrice sur Vinted, habituellement cachée derrière un pseudo, Amélie* est cette fois physiquement présente au tribunal de Foix, mardi 29 septembre 2026, dans le cadre d'une affaire qui s'est jouée jusqu'ici dans la sphère numérique. Lorsqu'elle s'avance vers la barre, la femme d'une trentaine d'années porte un bouclier pas encore visible.

Car dans cette histoire d'escroquerie, Amélie martèle son innocence. En revanche, côté jugement, sa culpabilité paraît évidente. Le président de la séance, Stéphane Bourdeau, commence par reposer les bases du litige. Une dame porte plainte le 19 décembre 2025. Celle-ci s'attendait à recevoir une pièce Napoléon en or, pouvant atteindre une valeur près du millier d'euros.

Sur Vinted, cette pièce est proposée à 475 euros. L'internaute saute sur l'occasion, mais tout ne va pas se passer aussi simplement que l'est une transaction ordinaire sur le site.

Un paiement... puis plus rien

L'acheteuse commande le produit à son interlocuteur. Ce dernier lui promet un envoi de la pièce en or dès le lendemain. Sauf que l'envoi ne sera jamais effectué. La victime porte donc plainte, et entre-temps, les discussions dans le cadre de la transaction sont supprimées.

Il reste cependant des éléments solides, sur lesquels les enquêteurs vont s'appuyer, pour remonter jusqu'à Amélie. Notamment, la destination de l'argent provenant de Vinted, qui termine sur un compte au nom de la prévenue. "Ce n'est pas mon compte, je n'ai jamais touché cet argent", assure pourtant Amélie. Le tribunal répète que le compte en question est à son nom. "Mais alors si quelqu'un ouvre un compte avec mon nom, c'est forcément moi", interroge l'intéressée.

L'appel vidéo, le tournant

Jusqu'ici, la présumée coupable repousse toutes les accusations avec la même énergie. Seulement le tribunal en vient à un élément pouvant être difficilement mis à mal : un appel vidéo entre les deux utilisateurs de Vinted, puis un tapissage photo des enquêteurs exposé aux yeux de la victime, qui reconnaîtra la personne qui lui a promis cette pièce en or. "Cette personne a parlé avec quelqu'un en direct par appel vidéo, et après, elle vous reconnaît sur une photo. C'était bien vous", lance le président de séance à Amélie.

Mais là encore, le bouclier se lève. "Non, ce n'était pas moi." Le tribunal lui demande comment son visage a pu s'animer sur l'écran de la victime dans ce cas. "On m'a piratée, il y a des photos de moi sur Facebook." Les juges restent très perplexes, pour ne pas dire amorphes face à ces explications.

"On ne tirera rien de cette audience"

D'autant plus qu'un premier litige aurait eu lieu sur la même plateforme de vente, cette fois avec un homme. D'après le dossier retracé par les juges, une autre tentative apparente d'escroquerie aurait été entamée, avant que la vendeuse ne se décide à rembourser l'acheteur. Là encore, Amélie avait avancé l'explication d'un piratage.

Mardi 29 septembre, l'interaction entre le tribunal et la prévenue ne semble pas faire avancer grandement les débats. "Madame s'entête. On ne tirera rien de cette audience", estime le ministère public. La délibération débute, et ne durera que quelques minutes. Amélie est bien déclarée coupable des faits qui lui sont reprochés, et condamnée à 4 mois d'emprisonnement avec sursis, assortis d'une amende de 250 euros et d'une peine d'inéligibilité d'une durée de cinq ans. Amélie sort de la salle d'audience remontée. Les juges, eux, suivent le pas, certains d'avoir eu à faire à une affaire d'escroquerie sur Vinted.