Carnet rose au zoo d’Amnéville (photos) : “Une naissance, cela demande des mois, parfois des années de travail”
Le zoo d'Amnéville, près de Metz (France), connaît une saison exceptionnelle, marquée par des naissances "parmi les plus rares d'Europe et du monde". Aigle, lynx, coatis… Un carnet rose bien rempli.
Le zoo d'Amnéville se distingue par des naissances "parmi les plus rares d'Europe ", affirme le zoo. Parmi elles, celle d'un aigle de Verreaux constitue un événement remarquable dans un parc zoologique tant il est extrêmement difficile pour l'espèce de se reproduire en captivité.
Sur les vingt dernières années, seules trois naissances ont été enregistrées dans le monde, toutes au zoo d'Amnéville ! "Cet exploit provient du couple d'aigles de Verreaux qui se sont parfaitement apprivoisés, confie le directeur zoologique adjoint du zoo d'Amnéville, Thomas Grangeat. Depuis quatre années, un aiglon voit le jour, excepté en 2025."
Trois petits lynx ont également vu le jour ce printemps. "Une portée de trois représente une portée classique", détaille le directeur adjoint.

Chez les calaos, les jeunes élèvent les nouveau-nés
L'aigle de Verreaux est loin d'être la seule espèce d'oiseau à avoir vu le jour au Zoo d'Amnéville. Parmi la vingtaine de naissances survenues cette saison, neuf concernent des oiseaux.
Le calao de Leadbeater, tout comme l'aigle de Verreaux, est une espèce qui se reproduit difficilement en captivité. "Les calaos vivent en groupe comme les loups. La structure familiale permet que les jeunes élèvent les nouveau-nés suivants et ainsi de suite", explique Thomas Grangeat.
Parmi les autres naissances d'oiseaux, le parc enregistre la venue de caracaras des montagnes pour la deuxième année consécutive, alors que seulement trois individus sont nés dans le monde cette année.

Vautour : pour soutenir la réintroduction
La naissance d'un vautour fauve constitue également une excellente nouvelle. Les populations connaissent une stabilité dans certaines régions mais leur état reste fragile dans plusieurs zones d'Europe.
Pour soutenir durablement l'espèce, des actions de renforcement et de réintroduction sont donc nécessaires. Ces démarches reposent sur des individus issus de parcs zoologiques. "Le travail a démarré sur les oiseaux, il y a quatre ans, avance le directeur zoologique adjoint. C'est un process de quelques années, c'est ainsi que nous constatons maintenant que le travail a porté ses fruits. Ce même succès s'observera peut-être chez les mammifères dans le futur".
Thomas Grangeat précise que certaines espèces seront réintroduites, d'autres resteront au zoo ou partiront. "Nous prenons la décision en fonction du patrimoine génétique. C'est au cas par cas", ajoute-t-il.

Des années de travail pour une naissance
Derrière chacune des naissances au zoo d'Amnéville se cachent des mois, parfois des années de travail. Du suivi vétérinaire jusqu'à la coopération entre les parcs zoologiques, tout est fait pour maintenir le bien-être de l'animal, préserver des espèces parfois gravement menacées et sensibiliser des milliers de visiteurs aux enjeux de la biodiversité, insiste le zoo.
Une naissance n'est pas une question de chance : "nous mettons les moyens, nous formons nos soigneurs et nous n'hésitons pas à les envoyer ailleurs. Nous nous orientons vers des espèces qui ont une histoire à raconter sur la protection de la biodiversité", insiste Thomas Grangeat.
Et de conclure : "un visiteur peut apprendre un certain nombre de choses. En payant son ticket d'entrée, il participe à la conservation du zoo".

De nouveaux pensionnaires
Au-delà des naissances, plusieurs espèces ont rejoint le zoo d'Amnéville. Parmi ces arrivées importantes, cinq loutres à pelage lisse partagent leur espace avec des singes siamangs. Thomas Grangeat parle d'axes d'habitats qui doivent rester cohérents pour le visiteur : "les loutres à pelage lisse et les siamangs proviennent du même continent, l'Asie et peuvent se croiser en milieu naturel. Les loutres vivent au sol, plus exactement dans leur bassin tandis que les siamangs occuperont les hauteurs, là où ne se rend pas la loutre à pelage lisse. Peu importe l'axe, le visiteur peut apercevoir un animal ", précise-t-il. Le zoo a également accueilli un jaguar, une femelle éléphant ou encore un mâle otarie.

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