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Canicule : y a-t-il une hausse de la mortalité dans les Alpes-Maritimes et le Var depuis le début des fortes chaleurs ?

Avec au moins 1 243 décès en excès enregistrés en juillet par Santé publique France, les vagues de chaleur successives frappent de plein fouet les personnes fragiles dans quasi toutes les régions. Décryptage.

« Il y a deux semaines on a observé une hausse de la mortalité. Tous ceux qui tenaient à un fil, à des âges élevés, et déjà affaiblis par des maladies chroniques, n’ont pas supporté le choc de ces deux mois de chaleur, » analyse le Dr Pierre Marie Tardieu.

Ce dernier redoute un lourd bilan à l’automne de cet été hors normes.

« Cet été dans le Var, on a eu de nombreuses interventions en Smur, pour des personnes que nous avons découvertes décédées à leur domicile, » témoigne le Dr Muriel Vergne.

La première vague de canicule, du 17 juin au 2 juillet, a causé un excès de mortalité en France estimé à « au moins 5 764 décès toutes causes ».

Cette estimation de la surmortalité - par rapport à la mortalité attendue, hors évènements exceptionnels, sur la période -, se base sur « les certificats de décès remontés jusqu’à la date de mardi », soit environ 80 % de la mortalité nationale, a précisé lors d’un point presse Sébastien Denys, directeur santé-environnement-travail au sein de SpF.

Chez les personnes âgées, les urgentistes doivent souvent traiter d’autres problème que la déshydratation.

Ce bilan est voué à s’alourdir, car d’une part il ne prend pas encore en compte tous les décès enregistrés sur l’été entier dus à la chaleur -qui a aussi des effets sanitaires à retardement sur les organismes-, et d’autre part, car une troisième vague est survenue depuis fin juillet.

Des décès chez les plus de 75 ans

En juillet, les « personnes âgées de 75 ans et plus », parmi les plus vulnérables car elles souffrent souvent de comorbidités notamment, ont représenté près des trois quarts des décès en excès recensés, même si ces derniers ont touché « toutes les classes d’âge » à partir de 45 ans.

Ces décès de personnes âgées, « les premières victimes de ces épisodes, aussi bien en termes de mortalité qu’en termes de morbidité », a rappelé M. Denys, se sont produits dans tous types de lieux : établissements hospitaliers, maisons de retraite/Ehpad, mais avec aussi - un « signal assez notable »- à domicile.

Cet « épisode caniculaire » de juillet « a été moins intense mais néanmoins assez remarquable par sa durée et son étendue territoriale puisque 78 départements ont été concernés », soit près de 80 % de la population hexagonale, a-t-il noté.

La Région Pays-de-la-Loire « la plus touchée »

« Toutes les régions ont été concernées par un excès de mortalité de toute cause, à l’exception de la Corse, dont la population a été exposée de manière moins intense à la chaleur sur la période », a-t-il indiqué.

La région Pays-de-la-Loire, avec 236 décès en excès, a été la plus touchée, suivie par l’Auvergne-Rhône-Alpes (163), la Bretagne (152) et l’Ile-de-France (141).