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Canicule : pourquoi votre baignade improvisée pourrait être la pire…

Quand le thermomètre s’affole, l’envie de plonger dans un lac, un étang ou une rivière est irrésistible. Pourtant, derrière une eau calme se cachent parfois des dangers insoupçonnés : noyades, cour...

Il fait chaud, très chaud... Et vous venez d'avoir une super idée pour vous rafraîchir : rejoindre cet étang près de chez vous, ou mieux, ce petit lac dans les montagnes ou ce canal en contrebas. Il n'y a jamais personne, et l'eau semble suffisamment profonde pour pouvoir y nager.

La 4e canicule va-t-elle bientôt s’arrêter ? La réponse se précise, mais une mauvaise surprise se dessine. © XD, ChatGPT

La 4e canicule n’est pas finie qu’une 5e se profile déjà : voici ce qu’annoncent les modèles

Nous venons d’entrer dans la quatrième canicule de l’année, alors que le mois d’août n’a pas encore débuté. Les 10 premiers jours d’août sont statistiquement les plus chauds de l’année en France et certains modèles météo entrevoient déjà la possibilité d’une nouvelle période anormalement chaude. Y aura-t-il une cinquième canicule ?... Lire la suite

Attention, réfléchissez à deux fois avant de vous engager... surtout si le plan d'eau est une zone naturelle non surveillée ou si vous ne savez pas très bien nager ! Comme le rappellent les Voies Navigables de France (VNF), une eau calme peut cacher de réels dangers.

Le saviez-vous ?

En 2025, selon Santé publique France, 1418 noyades ont été enregistrées sur la période estivale, dont 409 mortelles. Plus d’une noyade mortelle sur deux chez les mineurs est survenue en cours d’eau ou en plan d’eau et 43 % des noyades accidentelles concernaient des enfants et adolescents de moins de 18 ans.

Cette année, entre le 1er mai et le 15 juillet 2026, 925 noyades ont eu lieu en France dont 274 suivies de décès sur le lieu de noyade. C’est une augmentation de 14 % par rapport à la même période de l’année dernière.  

Gare aux obstacles invisibles !

Se baigner en dehors des zones autorisées peut exposer en effet à plusieurs risques :

Les lacs de montagne sont très sensibles aux changements environnementaux et aux activités humaines. Ces dernières ont un impact non négligeable sur les écosystèmes. © Sam Edwards, iStock

Pourquoi ne faut-il pas se baigner dans les lacs de montagne ?

60 000 visiteurs en une seule année au lac Achard, dans les Alpes. Un chiffre qui donne le vertige quand on sait à quel point ces plans d'eau d'altitude sont fragiles. Se baigner dans un lac de montagne paraît anodin, presque mérité après des heures de marche. Pourtant, ce geste a des conséquences réelles sur des écosystèmes que rien ne protège vraiment.... Lire la suite

Autre risque bien connu : l'hydrocution. Quand la température de l’air est élevée, la peau devient très chaude, et les vaisseaux sanguins de l'organisme se dilatent. En pénétrant dans une eau fraîche, ces derniers vont se contracter soudainement. C'est un choc potentiel pour le cœur, ce qui peut entraîner un malaise cardiaque et une noyade.

En 2025, plus d’une noyade mortelle sur deux chez les mineurs est survenue en cours d’eau ou en plan d’eau. © ALF photo, Adobe Stock

Bactéries toxiques

Se baigner en eau douce, c'est aussi prendre le risque de s'exposer à des toxines produites par des cyanobactéries. Ces micro-organismes, présents naturellement dans les milieux aquatiques (lacs, plans d'eau, étangs, rivière...), passent la plupart du temps inaperçus. Mais quand les conditions sont favorables (chaleur, ensoleillement, stagnation de l'eau...), elles peuvent se multiplier rapidement et devenir visibles : l'eau devient verte, brune ou rougeâtre, des amas ressemblant à de la laine mouillée ou de l'écume se forment à la surface, les galets se recouvrent de revêtements foncés, des plaques glissantes se forment...

Si de nombreuses cyanobactéries ne sont pas dangereuses, certaines peuvent produire des substances appelées « cyanotoxines ». Le simple fait de boire de l'eau contenant ces molécules, d'y exposer sa peau ou ses muqueuses ou encore d'en inhaler de fines gouttelettes peut entraîner des symptômes quelques minutes à quelques heures après la baignade. Les plus fréquents : irritations de la peau ou des yeux, rougeurs, démangeaisons, maux de tête, fatigue, symptômes digestifs (nausée, vomissement...) qui doivent amener à consulter un médecin.

Autres microbes susceptibles d'être présents dans les plans d'eau et de vous contaminer : les leptospires. Certaines bactéries de cette famille peuvent contaminer les eaux douces (rivières, étangs, piscines naturelles...), ainsi que la vase ou les boues de bord de lac. Elles sont à l'origine de la « leptospirose », une maladie qui survient quand la bactérie pénètre dans l'organisme par une plaie ou les muqueuses et dont les principaux symptômes ressemblent à un syndrome grippal (fièvre élevée, frissons, maux de tête, yeux rouges, douleurs musculaires et articulaires).

Comment une simple baignade en eau douce (lac, rivière) peut-elle vous transmettre la leptospirose ?

En 2024, 886 personnes ont contracté la leptospirose, dont 441 en France métropolitaine et 445 dans les départements et régions d'outre-mer (DROM). L'incidence de cette maladie a doublé en 10 ans, passant de 0,5 cas pour 100 000 en 2014 à 1 cas pour 100 000 en 2024.

À retenir

Bref, vous l'aurez compris, une simple baignade peut vite se transformer en catastrophe si on ne fait pas attention. Pour en savoir plus sur les précautions à prendre, la Fédération française de natation (FNV) rappelle quelques points clés pour profiter d'une séance de natation en eau libre :

  1. privilégiez les sites surveillés ;
  2. assurez-vous de bien mesurer les risques ;
  3. nagez en groupe ou nagez au minimum en binôme ;
  4. si vous avez des plaies, protégez-vous avec des pansements waterproof ;
  5. portez des chaussures pour vous rendre au lieu de mise à l'eau ;
  6. soyez attentif aux changements des conditions de pratique (météo, courants...) ;
  7. demandez de l'aide si vous en avez besoin en vous mettant sur le dos et en levant un bras ;
  8. si vous vous sentez mal dans les 24 heures suivant la séance, consultez votre médecin traitant et informez-le que vous avez nagé en milieu naturel.