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Cancer du sein : une première chirurgicale à Toulon, la chirurgienne sénologue explique le procédé

À l’hôpital privé Toulon-Hyères (Saint-Jean à Toulon), une patiente souffrant d’un cancer du sein a bénéficié d’une mastectomie endoscopique : cette nouvelle technique chirurgicale permet de retirer la glande mammaire et de reconstruire dans le même temps le sein, via une petite incision sous le bra

C’est une première dans le Var. Au début de l’été, une patiente souffrant d’un cancer du sein a bénéficié d’une mastectomie (1) endoscopique : une toute petite incision pour retirer la glande mammaire puis reconstruire le sein, dans le même temps opératoire (2).

L’intervention a été réalisée par le Dr Léa Morante, chirurgienne sénologue à l’hôpital privé Toulon-Hyères (site Saint-Jean à Toulon). Elle en précise les indications : « La technique est pratiquée dans le cadre de la chirurgie carcinologique, mais aussi chez les patientes avec des prédispositions génétiques et qui souhaitent avoir recours à une mastectomie de réduction du risque. »

Cette innovation chirurgicale relève du principe de la cœlioscopie : « on pratique une incision de quatre centimètres avec un trocart à base de gel (3) pour introduire une caméra, les instruments et insuffler de l’air afin de créer l’espace de travail qui va permettre de décoller la glande mammaire du muscle, puis de la peau, avant de l’extraire. Un écarteur spécifique (écarteur d’Alexis) permet de jouer sur l’élasticité de la peau et retirer la glande d’un seul bloc. Par la même incision, on glisse ensuite la prothèse en utilisant un outil en forme de poche à douille. »

Le Dr Léa Morante, qui a pratiqué cette première varoise et azuréenne, entourée de l’équipe qui l’accompagnait au bloc opératoire.
Le Dr Léa Morante, qui a pratiqué cette première varoise et azuréenne, entourée de l’équipe qui l’accompagnait au bloc opératoire.
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Un moindre impact cicatriciel et psychologique

Les avantages de cette technique mini invasive sont réels : « L’incision est décalée sur la ligne axillaire (sous le bras) et donc invisible sur le sein », indique en premier lieu le Dr Morante.

Autre aspect non négligeable pour ce type d’intervention : « l’impact psychologique est moindre. »

Enfin, « le risque d’infection est minoré par rapport à une technique conventionnelle de mastectomie avec reconstruction, car la cicatrice est déportée par rapport à la prothèse : une infection sur l’une n’a pas de risque d’impacter l’autre. »

Selon les études, la sortie serait aussi plus précoce. Mais le Dr Léa Morante tempère : « Avec une seule intervention à mon actif, je n’ai pas encore de retour sur ce point ».

Une limitation à prendre en compte

S’agissant des inconvénients liés à cette technique, ils concerneraient, selon le Dr Morante, le chirurgien plus que la patiente. « L’intervention est plus longue et plus technique. Elle demande aussi plus de matériels ».

Elle n’est accessible par ailleurs qu’à des patientes avec des tailles de bonnets A, B, éventuellement « C moins ». « Au-delà, c’est plus compliqué d’y recourir : la taille de l’incision ne permet pas de retirer une glande mammaire plus volumineuse ».

Exceptées ces limitations, la mastectomie endoscopique représente une nouvelle option précieuse pour celles qui optent pour la reconstruction et entrent dans les critères de sélection.

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Même temps opératoire

La mastectomie endoscopique (ou la même chirurgie standard) n’a pas d’intérêt si la reconstruction n’est pas prévue dans le même temps opératoire. « Sauf dans de rares cas particuliers, il n’est pas pertinent de conserver la peau et le mamelon si on ne reconstruit pas le sein, explique la gynécologue. L’enveloppe de peau vide a tendance à se rétracter et à former des plis. Ce n’est pas satisfaisant d’un point de vue esthétique et c’est gênant pour la patiente en cas d’appareillage avec une prothèse externe. »

1. La mastectomie totale, qui consiste à retirer l’ensemble de la glande mammaire, est indiquée lorsque le traitement conservateur (garder le sein) présente un risque trop élevé de récidive ou s’avère impossible techniquement.

2- Cette technique novatrice, est développée en France depuis quelques années par le Dr Gauthier Rathat à Montpellier – un centre précurseur qui a atteint les 100 opérations réalisées.

3. Un trocart est un instrument chirurgical pointu et tranchant coulissant dans une canule, servant à traverser la paroi d’une cavité ou d’un organe.