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Calvados. Et si les pommes pouvaient aider à reconstruire un genou ou une oreille ?

L'idée n'est pas farfelue. Bien au contraire.  A l'Université de Caen Normandie, des chercheurs ont utilisé des tranches de pommes pour y faire pousser du cartilage humain. Et les premiers résultats sont porteu...

L'idée n'est pas farfelue. Bien au contraire.  A l'Université de Caen Normandie, des chercheurs ont utilisé des tranches de pommes pour y faire pousser du cartilage humain. Et les premiers résultats sont porteurs de grands espoirs pour la chirurgie reconstructrice et la lutte contre l'arthrose.

Le Progrès -

Aujourd’hui à 12:15 | mis à jour aujourd’hui à 12:25

Débarrasée de ses cellules végétales, la pomme coupée en tranche s'affiche comme un « échaffaudage » intéressant pour le développement de cellules humaines. Photo illustration Charly Jurine

Débarrasée de ses cellules végétales, la pomme coupée en tranche s'affiche comme un « échaffaudage » intéressant pour le développement de cellules humaines. Photo illustration Charly Jurine

« Une pomme chaque matin, éloigne le médecin », disent les Anglais. Et ils ont peut-être raison. Surtout s'il on se rapproche de l'université de Caen Normandie, où des chercheurs explorent une piste très intéressante pour la chirurgie reconstructrice et la lutte contre l'arthrose.

L'équipe du laboratoire BioConnect est en effet parvenue à faire pousser un tissu proche du cartilage humain sur de fines tranches (d'à peine 5 mm) de granny smith, explique La Manche libre.

Ou plutôt de granny smith « décellularisée », selon une technique qui consiste à éliminer les cellules et l'ADN pour ne garder qu'une structure composée de cellulose. Le biomatériau obtenu peut alors être ensemencé avec des millions de cellules humaines, cultivées pendant deux semaines. La matrice sert de support à leur développement, un peu comme un échaffaudage ou un support qui les aide à se structurer.

D'autres recherches seront nécessaires

Et les résultats sont jusque là prometteurs : plusieurs composants caractéristiques du cartilage, comme le collagène et les protéoglycanes, sont apparus sous leur microscopes.

Si d'autres tests et recherches seront nécessaires, c'est un premier pas important qui vient d'être franchi dans l'utilisation de végétaux pour la reconstruction de tissus humains. Avec plusieurs avantages à la clé : une disponibilité quasi illimitée, des prix faibles et une excellente biocompatibilité.

De nouveaux possibles

A terme, les pistes d'utilisation pourraient être nombreuses : création de greffons pour remplacer le cartilage endommagé par d'arthrose, reconstruction du cartilage auriculaire ou nasal après un traumatisme ou un cancer. Et même, substitution totale des animaux de laboratoire par des tissus exclusivement produits dans ce but.

Un espoir pour 600 millions de personnes

Dans le monde, près de 600 millions de personnes souffrent d'arthrose. Les scientifiques normands ne sont pas les seuls à travailler sur des solutions possibles. A Villeurbanne, le laboratoire lyonnais de biotechnologie spécialisé dans la médecine régénérative, ACS Biotech, travaille depuis 13 ans au développement d'une solution de réparation du cartilage destinée au traitement des lésions traumatiques et d’arthrose débutante. Il travaille à partir d'une matrice de chytosane, un biopolymère de la famille des glucides.

Aux Etats-Unis, des universitaires du Colorado planchent sur un traitement qui, directement injecté dans la zone abimée, permettrait de la réparer.