« Ça peut être un environnement à risque » : comment l’UCLouvain lutte contre les violences sexistes et sexuelles chez les étudiants
Ce lundi marquait la rentrée dans l’enseignement supérieur et les universités. Une rentrée particulière puisqu’il s’agit de la première depuis l’adoption d’un décret de la Fédération Wallonie-Bruxelles visant à lutter contre les violences sexistes et sexuelles. À l’UCLouvain, où notre journaliste Charlotte Simonart s’est rendue, prévention et accompagnement des victimes sont déjà au cœur du dispositif.
Publié le 14 septembre à 21h43
Ajoutez-nous à vos favoris Google Ce lundi marquait la rentrée dans l’enseignement supérieur et les universités. Une rentrée particulière puisqu’il s’agit de la première depuis l’adoption d’un décret de la Fédération Wallonie-Bruxelles visant à lutter contre les violences sexistes et sexuelles. À l’UCLouvain, où notre journaliste Charlotte Simonart s’est rendue, prévention et accompagnement des victimes sont déjà au cœur du dispositif.« En tout cas, sachez que vous n’êtes pas toutes seules. Je ne sais pas ce qui vous arrivera sur le campus, mais c’est probable, ce sont des situations réelles. » En ce jour de rentrée à l’UCLouvain, le message adressé aux nouvelles étudiantes se veut clair : les violences sexistes et sexuelles existent aussi dans le milieu estudiantin, et des dispositifs sont là pour les accompagner.
Informer, sensibiliser et surtout montrer aux étudiants qu’ils peuvent trouver de l’aide : c’est notamment le rôle du collectif Together, actif depuis sept ans au sein de l’université. Un travail qui prend une résonance particulière cette année, pour la première rentrée académique depuis l’adoption d’un décret de la Fédération Wallonie-Bruxelles visant à lutter contre les violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur.
« Merci de m’avoir cru »
Dès la rentrée, les nouveaux étudiants sont donc informés des ressources disponibles. Un moyen de leur rappeler qu’ils ne doivent pas rester seuls face à une situation problématique. « Dès qu’ils se questionnent, ils nous contactent et on peut les renseigner et les accompagner finalement aussi dans leur vie étudiante par rapport à ces questions-là », explique Laurine Gauthier, psychologue à l’UCLouvain et membre de la cellule de prévention Together.
L’écoute constitue une partie essentielle de cet accompagnement. « C’est souvent ce qu’on nous dit après un entretien : « Merci de m’avoir cru, ça me soulage. » Et puis savoir qu’ils ne sont pas tout seuls, rien que ça, ça répond déjà à un besoin », poursuit-elle.
Un message qui semble entendu par les nouveaux arrivants. « On n’est pas seuls, on peut avoir de l’aide. On peut aider aussi, grâce à ces organismes, des personnes qui en ont besoin », témoigne une étudiante.
Une vigilance particulière dans le milieu festif
Les fêtes étudiantes peuvent constituer des environnements à risque, notamment en raison de la consommation d’alcool. « La consommation d’alcool, ça lève certaines barrières et donc ça permet aussi peut-être aux personnes qui sont autour d’être moins alertes », souligne un étudiant.
Mais les mentalités évoluent également. « Il y a une hypervigilance dans le milieu de la fête estudiantine qui commence à se développer », constate une étudiante.
Pour une autre, connaître les dispositifs existants permet justement d’aborder ces situations différemment : « Ça peut être un environnement à risque, mais de l’autre côté, il y a toutes ces choses qui sont mises en place pour éviter tout ça. »
L’université peut porter plainte à la place des victimes
Au-delà de la prévention, l’UCLouvain a également renforcé son action depuis un an. Dans certaines circonstances, le conseil rectoral peut désormais agir en justice à la place des victimes, dans le cadre d’une procédure présentée comme hautement confidentielle.
« Lorsque deux signalements se font de façon convergente, si j’ose dire, l’UCLouvain, les vice-rectrices et les vice-recteurs, portent plainte en lieu et place des deux jeunes filles et endossent non seulement leur souffrance, mais leur plainte », explique Jean-François Van Drooghenbroeck, vice-recteur aux affaires étudiantes de l’UCLouvain.
Une procédure qui vise notamment à éviter une nouvelle épreuve aux victimes. « Pour éviter la victimisation secondaire et pour les jeunes filles, c’est extraordinairement soutenant », ajoute-t-il.
En interne, les sanctions peuvent aller du simple avertissement à des mesures d’éloignement, voire au renvoi de l’étudiant mis en cause. L’année dernière, 60 dossiers ont ainsi été traités au sein de l’UCLouvain.
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