« J’ai toujours aimé la création et l’écriture » : accusé d’avoir utilisé l’IA pour écrire son roman, Thélyson Orélien se défend
L'écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, l'une des révélations de la rentrée littéraire, a rejeté mardi les accusations d'avoir eu recours à l'IA pour écrire son roman "C'était ça ou mourir", portées par un compte X anonyme et devenues virales.
L’écrivain québécois d’origine haïtienne Thélyson Orélien.
© JOEL SAGET
L'écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, l'une des révélations de la rentrée littéraire, a rejeté mardi les accusations d'avoir eu recours à l'IA pour écrire son roman "C'était ça ou mourir", portées par un compte X anonyme et devenues virales.
C'était la surprise de la rentrée littéraire et l'un des favoris pour les prix de l'automne. « C'était ça ou mourir », du canado-haïtien Thélyson Orélien, est au coeur d'une polémique. L'écrivain est accusé sur X d'avoir eu recours à l'IA pour écrire son roman. L'accusation a été lancée lundi par le compte « Balance ton Claude », jusqu'alors confidentiel avec 92 abonnés, qui a affirmé que le roman avait été « presque intégralement » écrit par une intelligence artificielle. Il indique avoir utilisé pour l'analyse d'extraits le logiciel américain de détection Pangram. Ce post, devenu très viral, a été repartagé plus de 1 000 fois et a accumulé plus de 3 millions de vues.
Boréal, la maison d'édition de Montréal à l'origine de la publication du roman au printemps au Canada, a indiqué avoir « pris connaissance des allégations » et ne pas les « prendre à la légère ». Toutefois, « la confiance de l'équipe des Éditions du Boréal envers le travail de Thélyson Orélien demeure entière », a réagi la direction.
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Propos malveillant
« J'ai toujours aimé la création et l'écriture, je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine », a réagi l'auteur auprès de Libération. Il a indiqué être ¡ en train de constituer un dossier » avec ses éditeurs « pour prouver » qu'il a écrit l'ouvrage de sa main. « Mes traditions sont haïtiennes et caribéennes. Les images, les répétitions et les rythmes sont une parole vivante, elles sont miennes », a poursuivi l'auteur, publié en France chez Grasset. Dans un communiqué, la maison d'édition s'est élevée « fermement contre tout propos malveillant affirmant de façon péremptoire que le livre aurait été nourri ou écrit par une IA, qui blessent affreusement l'écrivain au parcours exceptionnel.
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L'Agence France Pressea passé les extraits choisis par le compte X dans d'autres détecteurs, obtenant des résultats différents. Avec l'outil de vérification InVID-WeVerify, cocréé par l'AFP, l'évaluation indique que ces passages ont été « très probablement écrits par un humain ». Les conclusions de sept autres détecteurs (Winston AI, detecting-ai.com, app.its-ai.org, detectgpt.com, isgen.ai, copyleaks.com, ghostbuster.app), également testés par l'AFP, sont divergentes.
L'un d'eux arrive à la conclusion qu'il y a 100 % de probabilité que ces passages soient l'œuvre d'une IA (app.its-ai.org) et deux autres à la conclusion inverse (detectgpt.com, isgen.ai). Deux autres affichent des probabilités d'écriture par IA variant entre 7 et 59 % (detecting-ai.com et ghostbuster.app) pour ces mêmes extraits du livre. Deux autres encore (Winston AI et copyleaks.com) concluent à 53 % et 100 % de chances d'avoir été générés par IA pour l'un des passages visés, et 0 % pour l'autre.
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Prix Fnac du meilleur roman
« C'était ça ou mourir » fait partie des ouvrages de la rentrée littéraire de Grasset préparée par le PDG Olivier Nora avant qu'il ne soit limogé en avril par la direction d'Hachette, premier éditeur français, dans l'orbite du milliardaire Vincent Bolloré.
Les accusations de « Balance ton Claude » ont été portées lundi, le jour où Thélyson Orélien a reçu le prix Fnac du meilleur roman.
Il figure également dans la liste des meilleures ventes, ainsi que dans les sélections des principaux prix littéraires, dont le Goncourt, le Médicis et le Femina.
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