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« C’est une question planétaire » : la militante Erin Brockovich revient en force et s’attaque aux géants de l’IA

Erin Brockovich, devenue célèbre pour avoir fait condamner une entreprise américaine après une pollution de l’eau, s’attaque désormais à un nouvel enjeu environnemental : l’explosion des data centers liés à l’intelligence artificielle.

On ne présente plus les outils d’intelligence artificielle qui ont envahi notre quotidien ces dernières années. Qu’on les apprécie ou pas, elles sont massivement utilisées, que ce soit professionnellement ou dans le cercle privé. Il faut néanmoins différencer l’intelligence artificielle intégrée à une technologie, comme par exemple les caméras intelligentes utilisées par la police belge, des outils d’IA comme ChatGPT ou Gemini. Ces outils peuvent, parmi plusieurs polémiques, créer des images à caractère sexuel explicite sans le consentement de la personne concernée, ce que l’Europe veut interdire.

L’IA, c’est le nouveau combat de la célèbre militante américaine Erin Brockovich. Elle était devenue mondialement connue après son combat contre Pacific Gas and Electric Company (PG&E) dans les années 1990. Sans formation juridique, elle avait participé à la défense des habitants de Hinkley, en Californie, dont l’eau avait été contaminée. L’affaire s’était soldée par un accord de 333 millions de dollars, alors le plus important jamais obtenu dans le cadre d’une action directe. Son histoire a ensuite été portée au cinéma en 2000, avec Julia Roberts dans son rôle. Ce qui avait contribué à faire d’elle une figure emblématique des combats environnementaux.

Nouvelle cible : les data centers

Plus de 30 ans après Hinkley, Erin Brockovich s’intéresse désormais aux data centers construits pour répondre aux besoins de l’intelligence artificielle. En avril, elle a demandé aux personnes préoccupées par l’installation d’un tel centre près de chez elles de la contacter : 3.862 personnes lui ont répondu en un mois.

Elle a depuis créé une carte recensant les principaux projets de data centers aux États-Unis. Au 24 août, elle comptabilisait plus de 9.000 signalements de la population américaine qui se dit préoccupée par la situation.

Son inquiétude porte notamment sur leur consommation d’eau. Selon les données citées dans son enquête, les plus grands centres peuvent utiliser jusqu’à 19 millions de litres d’eau par jour, soit la consommation moyenne de 50.000 personnes. « C’est Hinkley sous stéroïdes », résume-t-elle à propos de l’ampleur du phénomène.

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Erin Brockovich dénonce également le manque d’information des habitants et les conséquences possibles sur l’environnement, les factures d’électricité et les ressources en eau. Son combat dépasse même les frontières américaines, avec des habitants d’Australie, d’Inde, d’Écosse et d’Irlande qui se seraient manifestés. « C’est une question planétaire », estime-t-elle dans son enquête. Son objectif immédiat est d’obtenir des moratoires au cas par cas et davantage d’études sur l’impact environnemental des futurs data centers avant leur construction.