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« C’est une chance pour moi, ça donne des rôles à des gens qui sont un peu plus vieux ! » : la comédienne Christine Murillo fait face à Jean-Pierre Darroussin à Ramatuelle, avant Draguignan et Bandol

Christine Murillo est la femme de Jean-Pierre Darroussin dans la pièce « Dans le couloir », à voir ce lundi soir 10 août sur la scène du Festival de Ramatuelle. Elle reviendra avec cette pièce à Draguignan et Bandol la saison prochaine.

Christine Murillo est la femme de Jean-Pierre Darroussin dans la pièce « Dans le couloir », à voir ce lundi soir 10 août sur la scène du Festival de Ramatuelle. Elle reviendra avec cette pièce à Draguignan et Bandol la saison prochaine.


K.M

Karine Michel

Créé le 9 août 2026 • 13:00

Mis à jour le 9 août 2026 • 13:00


Jean-Pierre Darroussin et Christine Murillo « Dans le couloir ».
Jean-Pierre Darroussin et Christine Murillo « Dans le couloir ».
Bernard Richebé

Ancienne sociétaire de la Comédie-Française (dont elle est « retraitée » comme on dit, depuis 1988), auréolée de 4 Molières et du Prix du Brigadier (pas rien dans le métier !), Christine Murillo ne cache pas sa joie de reprendre, sur la scène de Ramatuelle ce lundi 10 août, son rôle dans Dans le couloir, pièce signée Jean-Claude Grumberg.

Une chance, que savoure l’artiste, de jouer à nouveau le texte de l’un des plus grands dramaturges, écrivains et scénaristes français de sa génération, auteur entre autres de La plus précieuse des marchandises, adapté au cinéma par Michel Hazanavicius. La mise en scène est signée Charles Tordjman. « C’est son traducteur le plus évident, confie Christine Murillo. Je crois qu’il a un cerveau qui comprend tout ce que Grumberg met dans ses pièces. » Cerise sur le gâteau, Christine Murillo donne la réplique à Jean-Pierre Darroussin.

C’est d’ailleurs leur première collaboration alors que tous deux sont de la même génération. « Il est un peu plus jeune que moi, sourit Christine Murillo, nous ne nous sommes pas croisés au Conservatoire mais on se connaît depuis 50 ans. Forcément, ça crée des liens pour la vie. » Même si chacun d’eux a mené une carrière différente : elle a privilégié les planches, lui le cinéma. « Le rythme des répétitions, le fait de creuser un texte comme on le fait au théâtre, c’est plus dans ma nature. Et puis, analyse-t-elle, on dépend aussi des metteurs en scène qui nous demandent. »

Grumberg et Tordjman ont immédiatement pensé à elle pour interpréter le rôle de cette femme usée par le temps qui passe. « Avec Charlie (Charles Tordjman), on se connaît bien. J’ai fait plusieurs spectacles - dont une pièce signée Grumberg - il comprend tout ce que je dis. » Darroussin ? « Il a répondu qu’on ne refusait pas une pièce de Grumberg ! »

Un vieux couple face au retour de son quinqua de fils

Le couple qu’elle forme sur scène avec Jean-Pierre Darroussin est cabossé par les années, et fait face au retour à la maison de son quinqua de fils aîné. « On le devine, derrière la porte. On ne le voit pas mais il est là… » ce qui laisse place à de multiples scénarios que se partagent les parents, prétexte à des situations « drolistiques » comme le souligne Christine Murillo. « Grumberg le dit lui-même : en finissant sa pièce, il s’est dit : ça transpire mon admiration pour Beckett et Ionesco. Pour Beckett, c’est effectivement le mystère de la porte qui ne s’ouvre pas. Et pour Ionesco, c’est la cocasserie ou l’absurdité de nos énervements de couple. »

Faut-il y voir aussi un bel hommage au couple qui traverse les âges ? « En tout cas, c’est une chance pour moi, parce que ça donne des rôles à des gens qui sont un peu plus vieux. Maintenant, est-ce que c’est la glorification du couple ? Il faudrait voir la pièce pour le dire. Je pense que c’est un constat de couple, un constat de concession permanente. Donc, est-ce que l’amour c’est ça ? Au public de juger. Dans tous les cas, on comprend que si elle a tenu si longtemps, si elle est restée auprès de lui alors qu’il est tellement près de ses sous, c’est qu’il l’a fait rire. Même avec des sujets un peu délicats, elle a toujours ri », détaille Christine Murillo, « de mémoire ! Parce que cela fait 5 mois que je n’ai pas joué ce texte ». Chaque jour elle en fait une italienne [une répétition du texte, sans intonation NDLR] « et puis on le fera avec Jean-Pierre par téléphone… » avant de donner le ton et toute la dimension du texte sous les étoiles de Ramatuelle.

La comédienne, qui va rejouer La Mouche avec Valérie Lesort et Christian Hecq en octobre, reprendra Dans le couloir dès janvier prochain. La pièce part en tournée, et s’arrêtera Draguignan le 22 janvier 2027, puis au théâtre Jules Verne à Bandol en février.

Dans le couloir, lundi 10 août à 21 h 30 au festival de Ramatuelle. 72 euros. festivalderamatuelle.com



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