“C’est un public comme les autres” : les surveillants de la prison de Grasse arrivent à faire annuler la venue d’un comédie Club pour les détenus
Un spectacle de stand-up prévu le 29 juillet dernier à la maison d'arrêt de Grasse, avec des humoristes du Comédie Club Vieux-Port de Marseille, a suscité l'indignation des syndicats de surveillants. Ils dénoncent une priorité au divertissement au détriment des conditions de travail et de sécurité, alors que l'établissement est en surcapacité.
l'essentiel Un spectacle de stand-up prévu le 29 juillet dernier à la maison d'arrêt de Grasse, avec des humoristes du Comédie Club Vieux-Port de Marseille, a suscité l'indignation des syndicats de surveillants. Ils dénoncent une priorité au divertissement au détriment des conditions de travail et de sécurité, alors que l'établissement est en surcapacité.
La programmation d'un spectacle de stand-up au sein de la maison d'arrêt de Grasse (Alpes-Maritimes) a fait légèrement bouillonner les syndicats de surveillants pénitentiaires, rapporte Le Figaro.
Une représentation prévue ce mercredi 29 juillet devait réunir quatre humoristes du Comédie Club Vieux Port de Marseille devant une quinzaine de détenus volontaires.
À lire aussi : Rats, cafards, violences : les conditions de détention à Toulouse-Seysses jugées "indignes" par la Contrôleure générale des prisons
"Un public comme les autres"
L'initiative, portée par la direction de l'établissement et le Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP), est présentée comme une action culturelle. "On présente exactement le même plateau qu'à Marseille. Pour nous, c'est un public comme les autres", explique Michel Nouader, fondateur du Comédie Club. Il devait s'agir d'une première en prison pour ce club d'humoristes, parrainé par Kev Adams.
Dans un établissement qui accueille 791 détenus pour 574 places et où une trentaine de surveillants manqueraient à l'effectif, les représentants du personnel dénoncent une priorité donnée au divertissement plutôt qu'aux conditions de travail et à la sécurité. Le syndicat SPS-CEA rappelle en outre que plusieurs activités, comme la sortie camping dans le Mercantour en 2025 ou une fête de la musique organisée en juin dernier, avaient déjà suscité la controverse. "C'est un mépris total envers ceux qui tiennent encore cette maison d'arrêt debout. Ce genre de permission est une prise de risque grave dans un contexte déjà explosif", complète-t-il auprès de nos confrères.
À lire aussi : Des "dysfonctionnements graves" : la justice reconnaît "l’indignité des conditions de détention" à la prison de Toulouse-Seysses
La présence annoncée parmi les spectateurs de plusieurs détenus "à risques" a encouragé le SPS-CEA à exiger l'annulation de l'événement humoristique. Ils ont obtenu gain de cause. Sollicité par Le Figaro, le ministère de la Justice n'a pas réagi.
Une polémique similaire à Toulouse-Seysses
Cette polémique rappelle celle autour des soins du visage prodigués à des détenus à la maison d'arrêt de Toulouse-Seysses (Haute-Garonne). Gérald Darmanin avait annoncé à la mi-février avoir ordonné l'arrêt de toutes les "activités ludiques" en prison qui ne concernaient pas l'éducation, la langue française ou le sport. Une interdiction annulée quelques jours après par le Conseil d'État qui avait estimé que le Garde des Sceaux ne pouvait "interdire" les activités ludiques en vertu du code pénitentiaire.
À lire aussi : Massage en prison : privées d’une grande partie de leur salaire, des socio-esthéticiennes en colère veulent écrire à Gérald Darmanin
Celui-ci prévoit en effet que les détenus condamnés puissent jouir d'activités permettant leur réinsertion. "Ces activités ludiques ne sont pas simplement ludiques, elles réapprennent aux gens à revivre normalement", avait martelé Dominique Simmonot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, auprès de l'AFP.