“C’est un combat sans relâche et à armes inégales” : l’île d’Ibiza submergée par une invasion incontrôlable de serpents
Malgré l’élimination de plus de 12 000 reptiles en huit ans, les associations locales tirent la sonnette d’alarme face à la prolifération des serpents aux Baléares. Faute de moyens financiers et de pièges suffisant sur le terrain, la faune locale et notamment les lézards endémiques sont au bord de l’extinction.
Malgré l’élimination de plus de 12 000 reptiles en huit ans, les associations locales tirent la sonnette d’alarme face à la prolifération des serpents aux Baléares. Faute de moyens financiers et de pièges suffisant sur le terrain, la faune locale et notamment les lézards endémiques sont au bord de l’extinction.
Aux Baléares, la lutte contre la prolifération des serpents prend désormais des allures de tonneau des Danaïdes. Malgré l’élimination de plus de 12 000 spécimens depuis 2016, les autorités et les défenseurs de l’environnement s’épuisent face à une invasion d’une ampleur inédite.
“C’est une invasion, la situation est très alarmante”, déplore auprès de nos confrères de Reporterre Inma Saranova, directrice de l’association Ibiza & Formentera Preservation. Sur le terrain, le constat est saisissant : les pièges posés par les bénévoles se retrouvent saturés de plusieurs reptiles en seulement vingt-quatre heures.
Autrefois absentes d’#Ibiza, les couleuvres fer-à-cheval sont aujourd’hui présentes par dizaines de milliers.
Inoffensives pour l’humain, elles déciment le lézard des Pityuses, espèce endémique et symbole de l’île.
Reportage sur place pour Reporterre.https://t.co/O0bu7VdhkE
— Romain Chauvet (@RomainChvt) August 5, 2026
Un manque criant de moyens
Mais la riposte souffre d’un manque cruel de ressources. L’association ne dispose aujourd’hui que d’environ 1 500 dispositifs de capture sur tout le territoire, alors qu’il en faudrait entre 15 000 et 25 000 pour espérer inverser la tendance. Le coût d’une telle montée en gamme est estimé à près de 3 millions d’euros la première année, puis 1,7 million d’euros par an. "C’est un combat sans relâche et à armes inégales", résume Inma Saranova.
La ville, refuge inattendu des lézards
Dans ce marasme écologique, la faune indigène tente de survivre. Les lézards endémiques, proies privilégiées de ces serpents envahisseurs, ont trouvé un répit inattendu au cœur même des zones urbaines d’Ibiza, où se maintiennent " de bonnes populations" selon Oriol Lapiedra, du Centre de recherche écologique et d’applications forestières (Creaf) de Catalogne.
La raison de ce miracle urbain est simple : les serpents y sont mal accueillis par la population locale et finissent très souvent écrasés par le trafic routier