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“C’est scandaleux” : l’Assemblée adopte la loi d’urgence agricole, des tensions entre le gouvernement et ses troupes

Le texte adopté par les députés dans la nuit prévoit notamment la réintroduction de l'acétamipride, pourtant censuré par le Conseil constitutionnel dans la loi Duplomb. Le gouvernement n'a pas accepté les amendements demandant sa suppression, au grand désespoir de certains élus de la majorité.

Le texte adopté par les députés dans la nuit prévoit notamment la réintroduction de l'acétamipride, pourtant censuré par le Conseil constitutionnel dans la loi Duplomb. Le gouvernement n'a pas accepté les amendements demandant sa suppression, au grand désespoir de certains élus de la majorité.

Par Matthieu Bonhoure Publié le mardi 21 juillet 2026 à 06:56

Suspense levé dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 juillet, à l'Assemblée nationale. Le projet de loi d'urgence agricole a été adopté par les députés, avec 296 voix pour et 224 contre, au bout d'une séance électrique qui a mis à nu les divisions du socle commun. Au cœur des crispations, la possibilité de réintroduire de manière dérogatoire l'acétamipride, un pesticide dénoncé comme dangereux pour les abeilles et l'humain, mais aussi les mesures sur l'eau tout aussi sensibles. Le texte atterrit maintenant au Sénat pour un vote mardi, dont l'issue ne fait guère de doute.

Des suspensions de séance et des rappels au règlement ont émaillé la séance nocturne au palais Bourbon. Une partie de l'hémicycle est vent debout contre le gouvernement, qui n'a pas accepté les amendements de suppression sur l'acétamipride, pourtant censuré par le Conseil constitutionnel dans la loi Duplomb, au point de déclencher la colère froide de Gabriel Attal. "Il a été dit que l'Assemblée pourrait trancher sur ce sujet-là et ce soir, sans qu'il y ait d'explication du gouvernement, on apprend finalement que ça n'est pas le cas, je pense qu'on est en droit d'avoir une explication sur ce sujet-là", affirme le chef de file des députés Ensemble pour la République, également candidat Renaissance pour l'élection présidentielle de 2027.

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Matignon a finalement rajouté de nombreuses conditions au fil de la soirée. Juste avant le vote, le doute planait encore. "Alors je vous en supplie au nom du peuple français, réintroduisez les amendements", lance Richard Ramos, député MoDem.

"C'est scandaleux"

À la sortie de l'hémicycle, certains députés sont secoués. "C'est scandaleux", s'offusque une élue du groupe de Gabriel Attal. "Il y aura des traces parce qu'il y a une façon de traiter le Parlement, il y a une façon d'écouter ou pas, ou de recevoir ou pas les doléances. Et le gouvernement assume finalement la réintroduction de ce dispositif et c'est bien lui qui en est le full responsable", déplore Éric Bothorel, député EPR des Côtes-d'Armor, qui a voté contre.

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Ils sont nombreux à dénoncer la méthode de l'exécutif. Au passage, avec le rejet des amendements de suppression, personne ne se retrouve à endosser la responsabilité d'une mesure qui aurait pu pousser le Sénat à ne pas voter le texte toujours attendu par une partie des agriculteurs. Même si le Sénat adopte le texte mardi, la bataille est loin d'être terminée. La France insoumise, le Parti socialiste et Les Écologistes ont déjà annoncé qu'ils saisiront le Conseil constitutionnel.