“C’est passé super vite” : mariés à 17 et 18 ans, Julien et Maryse Beaujoin fêtent leurs 74 ans de mariage, ce 20 septembre, à Béziers
Tout a commencé lors d’une fête de village, en 1952. 74 ans plus tard, ils sont toujours là l’un pour l’autre et fêtent leurs 74 ans d’union, ce dimanche 20 septembre, à Béziers. L’occasion pour eux de partager leur histoire et leur regard sur l’évolution des relations amoureuses au XXIe siècle.
Tout a commencé lors d’une fête de village, en 1952. 74 ans plus tard, ils sont toujours là l’un pour l’autre et fêtent leurs 74 ans d’union, ce dimanche 20 septembre, à Béziers. L’occasion pour eux de partager leur histoire et leur regard sur l’évolution des relations amoureuses au XXIe siècle.
"C’est super vite ! Plus vite qu’on ne l’avait imaginé". Pour Julien Beaujoin, ces 7 décennies de vie commune partagées avec son épouse, Maryse, sont passées à une vitesse éclair. Ce dimanche 20 septembre, le couple, installé à Béziers depuis plusieurs années, fête ses 74 ans de mariage. L’occasion pour les deux amoureux de revenir sur leur rencontre et leur vision du couple.
Il était une fois… Deux adolescents : Maryse et Julien, respectivement âgés de 17 et 18 ans. À l’été 1952, à Etrepy (Marne), le plus âgé des deux, cycliste à haut niveau, crève l’un de ses pneus, non loin d’une maison située dans un quartier qui lui est inconnu. Il croise une jeune fille qui lui vient en aide. Elle s’appelle Maryse. Ils sympathisent. Julien ne le sait pas encore, mais dans trois mois, elle attendra le premier de leurs trois enfants ; ils vivront ensemble, mariés, pour l’éternité, ou presque.
Quelques jours plus tard, lors d’une fête de village comme la France en connaît dans toutes ses régions, les deux adolescents se retrouvent, se rapprochent, et "une bêtise est commise". Irréparable. Le piège de la tentation se referme sur Julien et Maryse, tombés dans la trappe de l’insouciance. Ils n’imaginent alors pas que cette simple amourette signifie, en réalité, bien plus que quelques instants partagés lors d’une soirée estivale.
D’inconnus à mariés et parents en 9 mois
Maryse tombe enceinte, et un mariage est organisé, à la hâte, "pour ne pas salir la réputation familiale", raconte Julien Beaujoin. Deux mois après l’incident, ils se disent "oui" pour la vie, le 20 septembre 1952, en petit comité, à l’église d’Etrepy. "Nous étions une vingtaine. À l’époque, il n’y avait pas de grande fête, c’était uniquement sa famille et la mienne. Aucun ami n’était présent à la cérémonie". Quelques jours plus tard, ils emménagent dans une chambre fournie par l’employeur de Julien. Ils ne se quitteront plus jamais.
Aujourd’hui âgés de 90 et 92 ans, ils vivent toujours ensemble, dans un appartement biterrois, et continuent à veiller l’un sur l’autre, malgré un quotidien moins exaltant que la première soirée qu’ils ont partagé. "Je travaillais dans l’Est, mais j’ai dû redescendre dans le Sud, car elle m’a fait un infarctus", raconte l’époux. Les gestes, les mots, la vie, depuis, tout s’est ralenti. "Et puis, notre fille est morte d’un cancer de l’œsophage", ajoute Maryse, peinée.
"On ne peut plus vraiment marcher, mais on est toujours autonomes. Je lui fais à manger, tous les repas. De toute façon, nous avons toujours partagé les tâches", se souvient Julien Beaujoin. Un savant équilibre qui a permis au couple de durer aussi longtemps… Même si le divorce n’était pas vraiment une option. "Très peu de gens se séparaient, dans le temps. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que les gens ne restent, à l’inverse, jamais ensemble", observe-t-il.
L’amour existe-t-il ?
Il pose d’ailleurs un regard alarmé sur l’état des relations amoureuses au XXIe siècle. "Je trouve cela dramatique que certains hommes fassent trois enfants à une femme, puis la quittent. C’est terrible pour les enfants, ils ont besoin de deux parents pour grandir sainement. Comme on dit, il faut un village pour élever un enfant. Alors imaginez avec un seul parent…" expose le nonagénaire.
Mais croit-il pour autant au grand amour ? Pas si sûr. "Lorsque nous nous sommes mariés, nous étions très heureux, malgré les circonstances. La naissance des enfants a été la plus belle chose qui nous soit arrivée dans notre vie. "Notre vie", comme si les deux époux avaient fusionné le jour de leur union, en attendant d’être soudés dans l’albâtre, en 2027. Mais ce serait mentir que de dire qu’on reste follement amoureux de quelqu’un des décennies durant. On développe une forme d’affection plus proche de l’amitié avec l’âge, et, surtout, un profond respect qui nous pousse à veiller l’un sur l’autre, jusqu’au bout".
Du haut de ses 94 ans, Julien profite du temps qu’il lui reste auprès de Maryse et dit "ne plus rien attendre de la vie", si ce n’est, peut-être, atteindre le pallier des 80 ans d’union. En attendant les noces de chênes, il touche du bois. Joyeux anniversaire à eux.