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“C’est lunaire, hors sol, hallucinant…” : en pleine Feria de Béziers, le nouveau coup de communication de Robert Ménard fait réagir et ulcère les féministes

En pleine Feria de Béziers, la nouvelle campagne de communication de Robert Ménard, apparaissant sur les panneaux dédiés en ville et sur les réseaux sociaux de la collectivité, aux messages provocateurs, suscite de nombreuses et vives réactions.

En pleine Feria de Béziers, la nouvelle campagne de communication de Robert Ménard, apparaissant sur les panneaux dédiés en ville et sur les réseaux sociaux de la collectivité, aux messages provocateurs, suscite de nombreuses et vives réactions.

Des affiches sont apparues sur les espaces dédiés, en ville, en pleine Feria de Béziers. Avec des messages de communication, diffusés par Robert Ménard, dont la dimension politique est sans équivoque.

Sur la première, on peut lire un slogan relativement énigmatique “Libérez-vous, pensez Béziers”. Sur la deuxième : “Ici, nous avons des traditions ! Et tant pis pour les bureaucrates parisiens.” Sur une troisième : "On aime la messe, on aime les femmes, on aime les toros, on aime les flics, et vous ?"

"Franchement consternant"

Cette dernière affiche, en particulier, fait l’objet d’une montagne de commentaires sur les réseaux sociaux de la collectivité. Nombre d’entre eux sont pour le moins critiques : du "franchement consternant" à "On aime l’intelligence et visiblement il n’y en a pas la moindre trace dans cette campagne de communication…"

Ces affiches font écho au discours d’ouverture de la Feria, prononcé par Robert Ménard mercredi 12 août, sur le parvis du théâtre. Il y avait notamment, déjà, épinglé "les féministes à deux balles", les défenseurs de la laïcité qualifiés de “jobards”, etc.

"C’est quoi cette ville de beaufs ?"

Pour le collectif féministe des Rosies de Béziers, qui compte une trentaine de membres, la colère est grande et difficile à contenir. Alors un communiqué a été diffusé, pour répondre à Robert Ménard (lire ci-dessous). La dernière affiche, toujours, qui fait des femmes un ingrédient comme un autre de la réussite de la Feria, ne passe pas : "On ne peut pas s’exprimer au nom des Biterrois en oubliant les Biterroises. C’est misogyne !", dénonce Virginie. "Et les athées ? Et les personnes d’autres confessions religieuses ? Béziers n’est plus laïque : une partie des habitants n’est pas représentée. C’est lunaire, hors sol, hallucinant", exprime encore la membre du collectif. "En plus, c’est payé avec nos impôts ! Et diverses pages relaient la campagne, au niveau national, en interrogeant "C’est quoi cette ville de beaufs ?" Ce qui est hyper humiliant".

"Ici on dit ce qu’on pense"

Interrogé par Midi Libre sur les accusations de misogynie en lien avec cette campagne de communication, Robert Ménard déroule : "Ici, on dit ce que l’on pense. Je suis entouré de femmes dans mes services. Qui peut dire que je les réduis au rang d’objets ? Dans le Midi, oui on aime les toros, les flics et oui, les femmes", répète-t-il simplement.

"La Feria est une fête populaire, elle devient une fête politique, ce n’est pas normal. Tout le monde doit rester à sa place. Là, il y a ce choix de nous voler un truc qui appartient à tous", conclut Virginie.

Les Rosies répondent : "Entendre un maire parler des femmes, de leurs corps…"

Dans leur communiqué, les Rosies répondent à Robert Ménard et expliquent pourquoi elles sont en colère : "Entendre un maire parler des femmes, de leur corps et de leur regard (lors du discours d’ouverture de la Feria NDLR) […] c’est un discours profondément réactionnaire. Nous ne sommes pas des objets de désir […] Et nous ne sommes pas des féministes à deux balles. Les femmes se sont battues pour voter, travailler, disposer de leur corps, pour choisir leur contraception, pour avoir le droit d’avorter, pour vivre libres. Ces droits ne sont pas tombés du ciel. Ils ont été conquis par des femmes qui, elles aussi, ont été méprisées, ridiculisées. Alors oui, monsieur le maire, les féministes sont toujours là. Et nous continuerons à parler, à nous indigner, à nous battre et à prendre notre place. Parce que les droits ne sont pas une tradition dont on peut disposer à sa guise. Parce que la laïcité n’est pas une insulte. Parce que l’émancipation des femmes n’est pas négociable. Et parce que les femmes n’ont pas besoin qu’on les aime "à votre façon". Elles ont besoin qu’on respecte leur liberté, leur dignité et leurs droits."