‘C’est fini le temps où les femmes servent les rôles masculins.’: Mara Taquin crève l’écran et s’impose au cinéma - RTBF Actus
Son parcours d’actrice, elle ne l’avait pas vraiment imaginé. Pourtant, aujourd’hui, Mara Taquin est partout sur nos écrans. Tant au cinéma qu’à la télévision. Et on peut dire qu’elle marque les esprits. Elle a...
Son parcours d’actrice, elle ne l’avait pas vraiment imaginé. Pourtant, aujourd’hui, Mara Taquin est partout sur nos écrans. Tant au cinéma qu’à la télévision. Et on peut dire qu’elle marque les esprits.
Elle avait 17 ans ce jour-là. Une journée banale a priori. Mais ça, c’était avant de rencontrer la réalisatrice Camille Moll, venue proposer un casting sauvage dans son école. "J’avais jamais imaginé faire ça comme métier, raconte-t-elle. Le milieu du cinéma, c’est un milieu pas spécialement accessible si on n’en fait pas partie depuis toujours ou si ce n’est pas un rêve installé depuis l’enfance."
Quelques années plus tard, les rôles se sont multipliés, les univers aussi. Depuis 2019, les productions s’enchaînent autour d’elle, autant que les interprétations réussies. On notera par exemple son rôle aux côtés d’Adèle Exarchopoulos dans le film "Rien à foutre", encensé.
De "Le Faux Soir" à la série "Haemers" (disponible dès novembre sur RTBF Auvio), en passant par "Sanguine" – présenté à Cannes -, l’actrice belge s’impose aujourd’hui dans plusieurs projets aux registres très différents. Un parcours qu’elle n’avait pas planifié, mais qui semble aujourd’hui faire partie intégrante de sa vie.
Une fin d’année chargée.
À l’affiche de "Le Faux Soir", prévu pour le 2 décembre, elle participe au récit d’un épisode marquant de la Résistance belge. Et ce qui lui plaît dans le film, c’est notamment la manière dont on peut aujourd’hui, montrer comment des personnes ordinaires en viennent à poser un acte extraordinaire. "C’est aussi rappeler qu’il y a eu des gens qui se sont battus pour nos droits, qui se sont battus pour défendre des opinions et une certaine liberté. Ca me semble important, car je pense aussi que dans certains films de résistance, on romantise très fort. Et je trouve qu’aujourd’hui, ce que j’aime beaucoup dans ce film, c’est l’endroit où on comprend comment ils arrivent à se retrouver à faire cet acte de résistance. On ne naît pas résistant, on le devient" explique-t-elle.
La comédienne est également au générique de la série "Haemers", où elle interprète la compagne du célèbre criminel belge. Là encore, ce n’est pas tant la figure du truand qui l’intéresse que les conséquences de ses actes sur son entourage. "C’est une série qui parle des liens. Des liens et de l’impact de ces liens", dit Mara.
Mais c’est sans doute avec "Sanguine" que la jeune belge a dû pousser son corps le plus loin. Ce film, rangé dans la catégorie des "body horror ", notamment présenté à Cannes, lui a demandé de longues heures de maquillage, de tournage, mais aussi de fatigue mentale. Elle reconnaît ne pas avoir mesuré l’ampleur de l’effort : " Je crois que je n’avais pas compris l’ampleur de ce que j’avais demandé à mon corps."
La femme au cœur de l’intrigue
Trois rôles, trois femmes fortes et une approche qui correspond aussi à sa manière d’envisager son métier et les personnages qu’elle accepte de jouer.
Si elle reconnaît qu’ "on a encore énormément de travail à faire", elle essaie, à son échelle, de choisir des projets et des équipes qui partagent sa vision du métier. Et lorsqu’un personnage féminin lui paraît trop caricatural, elle n’hésite pas à en discuter, voire à refuser le rôle si rien ne bouge. "Je pense que c’est fini le temps où les femmes servent les rôles masculins", affirme-t-elle. Pour la comédienne, un personnage féminin doit exister pour lui-même : "On doit avoir une voix, on doit avoir un mouvement, une parole, sinon ça ne sert pas à grand-chose de servir un récit masculin. " Un constat qu’elle élargit au fonctionnement même du milieu, où, selon elle, " la voix de la femme n’est pas encore assez entendue et trop remise en question" conclut-elle.
Quelques mots qui viennent clôturer en beauté ce nouveau rendez-vous de Culture en Prime. Mais parce qu’on ne vous laisse que rarement sans une petite surprise, François De Brigode vous partage ses coups de cœur culturels de la semaine. Au menu ? Les BD de l’automne à ne pas manquer. On vous aura prévenu !
Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite, ou retrouvez-nous sur La Une et en streaming sur RTBF Auvio.