Budget : les chômeurs, la cible facile
Dix milliards à trouver. Et des allocataires à essorer ? La sortie jeudi de Sammy Mahdi, a fait grand bruit. Sa cible ? Les chômeurs. Son idée ? Un saut d'index. Mais uniquement sur les allocations de chômage. ...
Dix milliards à trouver. Et des allocataires à essorer ? La sortie jeudi de Sammy Mahdi, a fait grand bruit. Sa cible ? Les chômeurs. Son idée ? Un saut d'index. Mais uniquement sur les allocations de chômage. De quoi économiser "100 millions d'euros par an", assure le président du CD&V.
Certes, la proposition n'est, à ce stade, qu'un ballon d'essai lancé par un président de parti. Rien ne dit que ses partenaires de majorité suivront ce chemin. Il n'empêche. S'en prendre au pouvoir d'achat des plus mal lotis et des plus fragilisés semble devenir une des rengaines préférées des acteurs de l'Arizona.
S'en prendre au pouvoir d'achat des plus mal lotis, une des rengaines préférées des acteurs de l'Arizona.
Pourtant, faut-il le rappeler, "tomber sur le régime de chômage" résulte rarement d'un choix délibéré. Et la conjoncture économique n'aide pas. Rien que sur les sept premiers mois de 2026, 16 821 personnes ont officiellement perdu leur emploi, selon Statbel. Pas des "fainéants" qui se "complaisent" dans leur "paresse", mais d'anciens travailleurs victimes de la conjoncture.
Mais cela n'émeut guère Sammy Mahdi, lequel préfère s'acharner contre les demandeurs d'emploi. S'acharner, oui. Car il n'aura échappé à personne que la récente limitation dans le temps (24 mois) des allocations de chômage décidée par le fédéral lui aura rapporté déjà une sérieuse économie. "Près de deux milliards d'euros", selon le vice-Premier MR David Clarinval. Faut-il dès lors encore creuser dans ce budget qui ne pèse aujourd'hui que 0,7 % du PIB - ou 3 % du budget de la sécurité sociale - selon le Bureau du Plan ?
guillementLes économies que permet cette réforme sont énormes : on est presque à deux milliards d'euros.
Le constat de départ du président du CD&V est pourtant audible. Et largement partagé : le travail est suffisamment taxé. C'est donc ailleurs qu'il convient d'aller chercher ces milliards à récupérer. Mais, plutôt que d'aller faire le fond des poches des plus mal lotis, pourquoi ne pas s'attaquer, enfin, et pour de vrai, aux plus aisés ? Une idée qui percole chez de nombreux acteurs politiques et économiques. Mais pas au sein de l'actuel gouvernement fédéral qui s'est accordé l'an dernier sur un généreux cadeau fiscal sur les plus hauts salaires, en exonérant de cotisations patronales la partie supérieure à 340 000 € brut par an (270 000 €/an à partir de 2027). De quoi se priver de 37 millions € en 2025 et 75 millions € en 2026. Soit un manque à gagner d'un peu plus de 100 millions d'euros. L'équivalent de la proposition de Mahdi…