Budget 2027 : la facture est lourde pour l’Éducation nationale, dont un tiers des crédits sont consacrés aux retraites des fonctionnaires
Les documents annexés au projet de loi de finances révèlent que l’Éducation nationale consacre 28,5 milliards d’euros aux retraites de ses anciens fonctionnaires, soit 32 % de son budget. Ce montant inédit illustre le poids croissant des dépenses sociales dans le budget de l’État, mais ne prouve en rien que le régime des fonctionnaires est plus généreux que celui du privé, comme certains le pensent.
Les documents annexés au projet de loi de finances révèlent que l’Éducation nationale consacre 28,5 milliards d’euros aux retraites de ses anciens fonctionnaires, soit 32 % de son budget. Ce montant inédit illustre le poids croissant des dépenses sociales dans le budget de l’État, mais ne prouve en rien que le régime des fonctionnaires est plus généreux que celui du privé, comme certains le pensent.
Pour la première fois dans un projet de loi de finance (PLF), les documents annexés au PLF donnent le détail de ce que coûtent les retraites de la fonction publique d’État pour chacun des ministères.
En plein mouvement lycéen, un élément dévoilé par nos confrères de Capital, qui a pu consulter ces documents, saute aux yeux : le montant versé part l’Éducation nationale pour financer les retraites des anciens fonctionnaires de l’État est de 28,5 milliards d’euros, soit 32 % du budget de ce ministère.
Un régime pas plus généreux que celui du privé
Ce chiffre montre le poids qu’occupent désormais les dépenses sociales dans les finances publiques, à cause notamment du vieillissement de la population. "Sur les 50 dernières années, 80 % de l’augmentation des dépenses publiques vient des dépenses sociales, au premier rang desquelles les retraites et la santé, précise le document. Les retraites expliquent à elles seules plus d’un tiers des quelque 8 points de PIB d’écart de dépenses publiques entre la France et la moyenne de l’Union européenne."
Sans surprise, les dépenses de retraite tous régimes confondus pèsent sur d’autres priorités : entre 2000 et 2023, la part des dépenses pour les retraités rapportée au PIB a augmenté quand celle de l’enseignement a baissé.
Le document juge toutefois "erroné" le cliché d’un régime de fonctionnaires plus généreux que celui du privé. Une étude de la Drees (service statistique des ministères sociaux) cité dans le PLF indique même que les fonctionnaires seraient un peu mieux lotis si les règles du privé leur étaient appliquées pour le calcul de leur pension (la génération née en 1958 aurait ainsi une pension réévaluée de 1,5 %).