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Bruno Genesio, au sujet du mercato de l’OM : «Il faut savoir être patients»

Le nouvel entraîneur marseillais Bruno Genesio a tenu un point presse à la Commanderie ce mardi matin, avant un entraînement sous le cagnard. Il a balayé tous les sujets d'actualité de son club, avec sincérité.

« À propos du secteur défensif, il y avait beaucoup d'absents en charnière centrale sur ce début de préparation. Où en sont Leonardo Balerdi et Nayef Aguerd ?
Leo est revenu, il s'entraîne normalement, il participera au match contre Nîmes, jeudi, probablement pas tout le match, mais sur une partie. Concernant Nayef, il y a de bonnes nouvelles. Il est sur le bon chemin au niveau de sa réathlétisation, j'ai bon espoir qu'il puisse reprendre l'entraînement avec le groupe lors du stage aux Pays-Bas (début août). Ce sont plutôt des bonnes nouvelles pour notre charnière centrale.

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Et Facundo Medina ?
Il rentrera, comme Gero (Rulli), le 12 août, ils ont eu la finale de Coupe du monde (avec l'Argentine), on leur laisse trois semaines de vacances pour qu'ils puissent récupérer. Même s'ils n'ont pas beaucoup joué avec leur nation, même si vous ne participez pas toujours au match, on sait que cela prend beaucoup d'énergie.

« Ce mercato a du mal à démarrer, il y a eu la Coupe du monde, certains joueurs sont en attente et peut-être que, dans dix jours, ils seront plus accessibles pour nous. »

Concernant l'attaque, il y a eu trois départs importants (Mason Greenwood, Pierre-Emerick Aubameyang, Hamed Junior Traoré) et l'OM a annoncé que tout le monde était à vendre. Aimeriez-vous quand même vous appuyer sur Amine Gouiri et Igor Paixao, qui sont des cadres de la saison dernière ?
Oui, bien sûr. Lorsque vous êtes l'entraîneur, il y a deux aspects. L'aspect sportif : forcément, quand vous avez des bons joueurs, vous avez envie de les garder, et je serais très heureux d'avoir Igor et Amine à ma disposition, dans le secteur offensif. Après, il y a le deuxième aspect, l'aspect financier. Il n'est pas de mon domaine, mais de celui de mon président et de Greg Lorenzi (directeur sportif). On connaît les contraintes fixées par la DNCG. Là-dessus, je n'ai pas de prise. Je suis venu en pleine connaissance de cause, je sais que ça peut bouger.

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Il y a beaucoup de bons joueurs dans cette équipe, et pas seulement en attaque. Ils offrent plus de garanties à un entraîneur, ils permettent d'avoir une certaine ossature. Il est important de garder une stabilité au niveau sportif, et d'avoir plusieurs joueurs qui connaissent le club, qui connaissent le contexte marseillais, qui connaissent la Ligue 1 et ont de l'expérience - on parle souvent de colonne vertébrale. Je parle beaucoup avec les joueurs de ça, chaque jour, pour qu'ils restent le plus possible concernés et concentrés sur le terrain.

Avez-vous ciblé des postes, au rayon des arrivées ? Par exemple celui d'ailier droit, laissé vacant par le départ de Greenwood ?
Évidemment. C'est un poste prioritaire, après le départ de Mason. On a envie de préparer l'équipe le plus vite possible, mais il faut savoir être patients. C'est un juste équilibre à trouver. On aura sans doute d'autres besoins avec la suite du mercato. Ce mercato a du mal à démarrer, il y a eu la Coupe du monde, certains joueurs sont en attente et peut-être que, dans dix jours, ils seront plus accessibles pour nous.

Que pensez-vous du calendrier pour le début de saison de l'OM, avec quelques gros matches dans les cinq-six premières journées ?
Je crois que c'est plutôt bien. On va être tout de suite dans le vif du sujet, on va être en vigilance. De toute façon, le calendrier... On se dit toujours : "Il est favorable" ou "il est difficile", puis on se rend compte qu'en Ligue 1, il y a 34 matches difficiles, toutes les équipes sont bien préparées athlétiquement, tactiquement.

Quels sont vos chantiers actuels à l'entraînement ?
On travaille plusieurs aspects. L'aspect athlétique et l'aspect tactique. On travaille tous les jours les principes de jeu. Ce (mardi) matin, il y a un travail de force, à dominante athlétique mais avec du jeu. Et cet après-midi, un travail tactique sur l'aspect défensif, par rapport à ce que j'ai vu lors du match contre Nice (défaite 3-0, samedi), avec ce qui a été bien fait et ce qui doit être amélioré.

« J'ai parlé d'Europe, je sais que ça a pu être mal interprété, mais l'Europe, ça va de la première place à la sixième, voire la septième. Je ne me cantonne pas à la petite Coupe d'Europe. »

La patience n'est pas le fort du public marseillais. Le président annonce un OM plus discret, dans la gestion financière. Comment allez-vous aborder cette saison, avec les supporters qui ont toujours beaucoup d'ambitions ?
Le maître-mot est de leur dire : patience et sérénité ne signifient pas immobilisme. L'ambition doit être présente. Forcément, il y a un paramètre économique qui entre en compte, mais d'autres clubs français ont montré par le passé qu'on peut y arriver même avec des moyens restreints, il suffit de développer d'autres valeurs. On va s'atteler à ça.

Avez-vous rencontré les groupes de supporters ou visité un local ?
C'est prévu par le club, après le stage. Je croise des supporters tous les jours à la sortie de la Commanderie, certains nous attendent toute la journée : cela donne envie de répondre à leurs attentes. Le staff et les joueurs qui vont constituer l'effectif de l'OM cette saison auront à coeur de leur donner envie de venir au stade. On ne gagnera pas tous les matches. Mais il y aura la volonté, dans l'esprit, d'avoir une équipe conquérante.

Avez-vous des objectifs précis ? Vous en a-t-on donné ?
Pour l'instant, non. Podium, top 4, non. J'ai parlé d'Europe, je sais que ça a pu être mal interprété, mais l'Europe, ça va de la première place à la sixième, voire la septième. Je ne me cantonne pas à la petite Coupe d'Europe. On fera du mieux qu'on peut. Mais Marseille doit être européen chaque année, quelle que soit sa situation financière.

Au LOSC, vous aviez perdu des joueurs majeurs l'été dernier (Jonathan David, Edon Zhegrova, Bafodé Diakité, Lucas Chevalier...), cela avait quand même fonctionné pour vous...
Je pensais à Lille, à Lyon. À Lille, on pouvait s'interroger sur notre compétitivité en début de saison, et on a réussi à faire une très bonne saison en Ligue 1. En cultivant des valeurs de solidarité, de cohésion, d'abnégation, et aussi en faisant un mercato malin, on peut y arriver. Je ne dis pas qu'on y arrivera à coup sûr, mais il faut y croire, et il faut rabâcher ce message-là à nos joueurs et emmener tout le monde avec nous. »