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Bouchez: “Il n’y a qu’en Europe que l’identité est vue comme quelque chose de dramatique”

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© Nicolas Maeterlinck, AP Photo/Matthias Schrader

Plusieurs responsables politiques belges ont réagi sur les réseaux sociaux après la victoire électorale de l’AFD en Saxe-Anhalt, notamment Paul Magnette et Yvan Verougstraete. Georges-Louis Bouchez, lui, s’était montré plus discret. Contacté par nos soins, le président du MR estime qu’il faut surtout s’interroger sur les raisons de cette poussée. “Personne ne veut s’attaquer aux causes. Et quand on les évoque, on crie au populisme”, commente le président du MR.

Michaël Bouche

8 septembre 2026, 23:54

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Contrairement aux autres présidents de parti, vous n’avez pas réagi après la victoire de l’AfD en Allemagne. Pourquoi?

Je suis un petit peu fatigué de tous ces gens qui lèvent les bras au ciel en disant: ‘Comment est-ce possible?’ Ce résultat est terrifiant à bien des égards, mais il n’est pas surprenant. Tout le monde réagit lorsqu’un symptôme du problème démocratique européen se manifeste, mais personne ne veut s’attaquer aux causes.

Justement, quelles sont-elles, selon vous ?

Il y en a principalement trois. D’abord, la question de l’immigration illégale, de l’intégration voire de l’assimilation. Pourtant, de grands théoriciens affirment toujours qu’il n’y a aucun problème. Ensuite, les contraintes environnementales et réglementaires qui donnent à certains citoyens le sentiment de perdre des libertés. Enfin, l’absence de projet clair porté par les partis traditionnels.

D’un côté, la gauche promet l’argent gratuit, mais le laxisme en matière de sécurité, ça ne fonctionne pas. De l’autre, une partie de la droite parle des enjeux budgétaires sans toujours leur donner du sens. Je pense que le MR essaie justement de répondre à cela, même si ce n’est pas toujours simple et que ça donne lieu à des caricatures.

Il n’y a qu’en Europe que c’est vu comme quelque chose de dramatique. Ce n’est pas parce qu’on est fier de son identité qu’on rejette les autres. Dès qu’on aborde les questions d’identité, on est systématiquement renvoyé à l’extrême droite.

Georges-Louis Bouchez

La question de l’insécurité culturelle est-elle l’un des facteurs qui explique ce score monstre de l’AfD?

Partout dans le monde, les gens ont besoin de se sentir membres d’une communauté, de voir leur identité préservée. On le voit en Chine, aux Etats-Unis, en Afrique, où l’on revendique sa culture, son identité, son appartenance à la nation. Il n’y a qu’en Europe que revendiquer son identité est vu comme quelque chose de dramatique. Ce n’est pas parce qu’on est fier de son identité qu’on rejette les autres. Dès qu’on aborde les questions d’identité, on est systématiquement renvoyé à l’extrême droite. Pourtant, chacun a besoin de repères, familiaux et nationaux.

La suite de l’article ci-dessous

© Nicolas Maeterlinck

Est-ce que vous imputez une partie de la responsabilité à l’ex-chancelière allemande Angela Merkel, comme le fait Theo Francken?

Oui, il y a la politique d’accueil de 2015 (l’Allemagne a ouvert ses portes à plus d’un millions de réfugiés en pleine crise migratoire, ndlr), mais aussi l’arrêt du nucléaire, qui pèse aujourd’hui lourdement sur l’économie et l’industrie allemandes, sans parler de son inaction sur tout le reste. En tant que dirigeante, elle a été portée aux nues par le petit monde politico-médiatique, mais en réalité, elle n’a rien fait, si ce n’est deux choses: fermer le nucléaire et accueillir un million de migrants. Avec les conséquences que l’on voit aujourd’hui.

Est-ce que cette montée de l’extrême droite en Europe va se poursuivre, selon vous? En France, le RN semble également aux portes du pouvoir… Cela vous inquiète-t-il?

Ce n’est pas la peur qui conduit ma vie. J’essaie d’être rationnel et donc rationnellement, je ne vois pas pourquoi ça changerait à court terme. A moins que les démocrates prennent les choses en main et osent dire certaines vérités et qu’on ait un appareil d’Etat plus efficace.

Un exemple concernant l’immigration illégale, l’un des vecteurs de la criminalité urbaine. Savez-vous que le taux de rétention d’un Marocain en situation illégale en Belgique est de moins de 3%? Je m’explique. Si demain la police arrête 100 Marocains en situation illégale, il y en aura moins de trois qui iront en centre fermé. Les autres seront relâchés. Ce chiffre tombe à un peu plus de 1% pour les Algériens. Pourquoi? Parce qu’en fait, on n’utilise pas toutes les places en centre fermé en raison d’accords syndicaux et de sous-quotas par nationalité pour rééquilibrer.

Tant que vous ne résolvez pas ça, tant que des gens vivront dans des quartiers où des sans-papiers commettent des actes de délinquance et sont libérés le soir même, comment voulez-vous qu’ils ne votent pas pour l’extrême droite? Pendant ce temps, il seront poursuivis jusqu’en enfer pour qu’ils paient leur amende routière...

Dans votre communication politique, vous parlez souvent la lutte contre l’immigration illégale. Le MR pourrait-il durcir sa position sur l’immigration légale aussi, comme le fait la N-VA? A Rome, aux côtés de Giorgia Meloni, Bart De Wever a appelé à renforcer la frontière sud de l’UE...

Je l’ai déjà fait puisque je parle aussi d’immigration économique. On doit faire venir des personnes qui peuvent travailler ici, c’est tout. Après, avant de parler d’immigration de manière globale, il faudrait déjà régler le renvoi des 100.000 à 150.000 personnes en séjour illégal en Belgique. En particulier les 31% de nos détenus dans nos prisons qui sont en situation illégale. Je m’adresse ici au Premier ministre et sa sa secrétaire d’Etat (Anneleen Van Bossuyt, ndlr).

Là où Bart De Wever a raison, c’est qu’il faut restreindre les voies d’accès à l’immigration et empêcher toute arrivée sur notre territoire sans qu’on ait donné notre accord avant qu’ils partent du pays concerné ou d’un hotspot. Plus on limite les filières de l’immigration, plus on limite l’immigration illégale. En revanche, les gens qui viennent dans notre pays, légalement, honnêtement, sont les bienvenus.

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