Bouches-du-Rhône. Exécution du frère d’Amine Kessaci : au procès, les accusés nient leur implication
Le procès du triple narchomicide, dans lequel Brahim Chabane a été tué en 2020, s’est ouvert ce lundi aux assises d’Aix-en-Provence. Face à son petit frère Amine Kessaci, les cinq accusés ont nié en bloc.
Rues bloquées, forces de sécurité en patrouilles et hélicoptère dans le ciel : les abords du tribunal d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) étaient quadrillés par les forces de l’ordre, lundi, à l’ouverture du procès du triple meurtre sur fond de trafic de drogue, ou narchomicide, survenu fin 2020 près de Marseille.
Dès le début de l’audience, les cinq accusés ont nié toute implication dans la mort des trois hommes dont les corps avaient été retrouvés calcinés et même démembré pour l’un d’entre eux. « Je ne reconnais rien du tout », a lancé Amine Oualane, devenu un des chefs présumés de la DZ Mafia. Celui qui est surnommé « Mamine », s’est adressé aux parties civiles : « S’ils veulent accepter mes condoléances. »
Une opération qui aurait été commanditée depuis Dubaï
Il s’agissait du premier face-à-face avec les proches des victimes, notamment Amine Kessaci, figure de la lutte antitrafic et dont le grand frère Brahim est mort dans cette opération commando particulièrement atroce. Une opération qui aurait été commanditée et financée depuis Dubaï par Karim Harrat pour imposer sa suprématie sur le narcobanditisme marseillais. Sur fond de luttes intestines, « Rant », diminutif de Rantanplan, aurait voulu éliminer les trois victimes qui perturbaient ses réseaux. Extradé du Maroc vers la France en 2023, Karim Harrat s’est présenté comme « entrepreneur » de profession. Il a eu « un mot pour les victimes » réclamant « la vraie vérité pour eux et pour moi. »
À l’énoncé des faits, l’émotion était palpable. La mère d’une des victimes, Nassim, ne peut retenir ses larmes. Amine Kessaci tient la main de sa mère, Ouassila, qui a les larmes aux yeux. Après des années d’attente, le militant toise les accusés sans ciller, soutenant le regard d’Amine Oualane, soupçonné d’être un des tueurs, alors qu’il était en cavale. L’enquête de personnalité de ce dernier brosse le parcours d’une délinquance initiée dès l’adolescence, scolarité abandonnée dès 15 ans. « Le manque d’argent a gâché ma vie », a-t-il confié à l’enquêtrice. Il aurait voulu obtenir « rapidement » ce qu’il n’a pas eu durant son enfance, notamment « des vêtements et des loisirs ». Amine Oualane est soupçonné d’avoir été sur le terrain le relais principal et un des tueurs, alors qu’il était en cavale.
Amine Kessaci, « sans esprit de vengeance »
Aujourd’hui adjoint au maire de Marseille, Amine Kessaci, 23 ans, a une nouvelle fois expliqué être « ici pour la justice, sans esprit de vengeance ». « Chacun peut imaginer ce que ça représente pour une famille, un frère et une mère, de rentrer dans une salle d’audience et de croiser le regard de ceux qui probablement ont tué leur fils et frère », a déclaré Me Pierre-Olivier Sur, un des avocats de la famille Kessaci.
Après le meurtre de Brahim, la famille Kessaci avait été à nouveau endeuillée avec l’assassinat, en novembre 2025, du cadet de la fratrie, Mehdi, totalement étranger au trafic de drogue. Sa mort à 20 ans sous les balles d’un commando à moto en plein centre de Marseille avait provoqué une onde de choc nationale. Un meurtre pour lequel Amine Oualane est également soupçonné.