Booder : 6 ans à l’hôpital mais aucune maladie génétique de Maroteaux-Lamy
Ce 13 août 2026, Booder fête ses 48 ans. Derrière son humour et son physique si reconnaissable se cache une enfance marquée par de lourds problèmes respiratoires. Pendant six ans, il a été soigné à l’hôpital Ne...
Ce 13 août 2026, Booder fête ses 48 ans. Derrière son humour et son physique si reconnaissable se cache une enfance marquée par de lourds problèmes respiratoires.
Pendant six ans, il a été soigné à l’hôpital Necker, sans jamais être atteint de la maladie génétique de Maroteaux-Lamy, contrairement à une rumeur tenace qu’il dément depuis des années.
Né Mohammed Benyamna le 13 août 1978 à Bouarfa, au Maroc, Booder connaît un début de vie particulièrement compliqué.
Six années passées à l’hôpital après une naissance difficile
Dès sa naissance, il souffre de graves difficultés respiratoires. Asthmatique, sujet à de nombreuses bronchiolites, il peine aussi à se nourrir.
Dans un portrait diffusé dans Sept à Huit en février 2025, l'humoriste raconte ce moment décisif. « Le docteur du village pensait mettre au monde un enfant comme il a l’habitude de mettre au monde un enfant, sauf que l’enfant quand il arrive au monde, c’est moi », confie-t-il. Puis il poursuit : « On est en 1978, je suis dans un village marocain, je suis tout petit, je n’arrive pas à me nourrir parce que je fatigue très très vite. »
Le médecin est alors très pessimiste. Selon Booder, il assure à sa mère que son fils « ne passera pas l’hiver ». Son père, installé en France, refuse pourtant cette fatalité. À seulement cinq mois, le nourrisson rejoint Paris avec sa mère pour être pris en charge à l’hôpital Necker.
Cette décision change sa vie. Le futur humoriste y passe les six premières années de son existence. Dans un entretien accordé au Monde dès 2006, il expliquait être arrivé en France « pour raisons thérapeutiques ». Il évoquait de petits poumons, de petites jambes et une enfance rythmée par les soins médicaux. Avec le temps, son asthme disparaît, même si son apparence physique restera longtemps un sujet de curiosité.
La rumeur sur la maladie de Maroteaux-Lamy qu'il dément fermement
Pendant des années, de nombreux sites Internet et plusieurs médias ont affirmé que Booder souffrait de la maladie de Maroteaux-Lamy, une maladie génétique rare. Une information totalement fausse, que l'humoriste combat désormais ouvertement.
En 2020, à l'occasion de la sortie de son autobiographie Un bout d'air, il décide de mettre les choses au clair. « J’ai voulu raconter ma vie parce que d’autres la racontent à ma place sur les moteurs de recherche », explique-t-il. Puis il ajoute avec franchise : « On me prête des maladies bizarres […] Quand on tape “Booder” sur Google, on trouve : “Booder maladie”. Je ne suis pas malade, je suis en pleine forme, tout va bien ! »
Au départ, ces rumeurs l'amusaient. Mais elles ont fini par devenir très lourdes à porter. « Ça me faisait rire. Ça a commencé à moins me faire rire quand j’ai rencontré des parents qui avaient des enfants qui étaient vraiment touchés par cette maladie-là », raconte-t-il.
Ces échanges l'ont profondément marqué. « Ils me demandaient : “Booder, comment tu as fait pour surmonter cette maladie ?” C’est très compliqué de parler avec des parents en détresse, de leur dire : “Non, je ne suis pas malade.” » L'humoriste explique avoir pris le temps d'échanger avec eux afin de leur redire que cette information était totalement erronée.
La confusion est née de son physique atypique, mais aussi d'articles publiés par certains médias. Booder rappelle notamment qu'un quotidien avait écrit en 2011 qu'il était atteint d'une maladie génétique. Une affirmation qui a largement contribué à entretenir cette croyance.
Son physique, devenu sa plus grande force
Aujourd'hui, Booder parle de son apparence avec beaucoup de recul. Loin d'en faire un complexe, il estime qu'elle a participé à son succès. Dans Sept à Huit, il répond sans hésiter lorsqu'on lui demande si son physique est un handicap ou une chance.
« Une chance, ça n’a jamais été un handicap », affirme-t-il. Puis il résume sa philosophie avec une formule devenue marquante : « C’est une chance, c’est mon bureau de travail. »
L'acteur explique avoir appris à s'accepter progressivement. « Des fois, ça met du temps de s’aimer et de s’accepter comme on est. Mais quand on s’aime, il n’y a plus rien qui peut vous toucher », confie-t-il.
Cette conviction, il souhaite désormais la transmettre à son fils, né en 2011. Il insiste sur des valeurs simples : le respect, l'acceptation des différences et l'absence de jugement. Selon lui, il est essentiel d'apprendre à respecter les autres sans s'arrêter aux apparences.
Devenu l'un des humoristes les plus populaires de sa génération, Booder continue ainsi de transformer ce qui faisait autrefois naître les moqueries en véritable force artistique. Son visage, sa silhouette et son autodérision sont devenus sa signature. Et malgré les nombreuses spéculations qui ont circulé sur son état de santé, il ne cesse de rappeler une vérité simple : il n'a jamais souffert de la maladie de Maroteaux-Lamy.
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