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BMW et Toyota lancent une grande expérimentation sur les carburants synthétiques

Les carburants synthétiques seront l'une des rares alternatives au 100% électrique tolérées par Bruxelles après 2035. BMW et Toyota, par l'entremise de l'équipementier Bosch, vont les tester sur une vingtaine de véhicules pour une phase de test devant durer six mois.

Si l'Union européenne s'était, ces dernières années, engagée à interdire toute vente de voiture non électrique passée la date fatidique de 2035, elle avait quelque peu lâché du lest en décembre 2025, en revoyant cet objectif à 90%, et en laissant – pour les 10% restant – la porte ouverte à certaines technologies électrifiées, parmi lesquelles l'hybride rechargeable (PHEV), l'électrique à prolongateur thermique d'autonomie (REEV) et les carburants dits synthétiques. Ce terme désigne des carburants non-issus d'une production d'origine fossile (pétrole, gaz, charbon), mais extraits d'autres matières premières, comme par exemple de l'hydrogène ou du dioxyde de carbone, et obtenus de manière "verte". Un procédé qui, à l'heure d'écrire ces lignes, en est encore au stade de l'expérimentation.

Un test grandeur nature qui va durer six mois

Et justement, l'expérimentation avance, et on apprend aujourd'hui que Toyota et BMW, sous la houlette de Bosch et de l'entreprise pétrolière espagnole Repsol, vont mener une phase de test grandeur nature pendant six mois, pour tester un nouveau carburant en conditions réelles. "Ce projet pilote vise à montrer comment les carburants renouvelables peuvent contribuer de manière significative et durable à la décarbonation actuelle, tant au niveau des véhicules neufs que de ceux existants.", s'est réjoui Pascal Ruch, vice-président de Toyota Motor Europe en charge des affaires publiques et institutionnelles. Une vingtaine de Toyota, BMW et Mini (propriété de BMW) vont être déployés en Espagne pendant six mois, donc, et seront exclusivement alimentés au Nexa 95, une essence 100% renouvelable d'origine Repsol.

Bosch supervise l'expérimentation

L'objectif est d'analyser et de mesurer – via des trajets au long cours couvrant plusieurs milliers de kilomètres – si réduction des émissions polluantes il y a, et surtout, à quel point celle-ci est significative et donc susceptible de secouer le marché une fois le Nexa 95 officiellement commercialisé. L'exercice sera supervisé par l'équipementier allemand Bosch qui assurera un suivi numérique du carburant et de la consommation des véhicules, via son système Digital Fuel Twin qui remontera les principales informations à une base de données. "En contrôlant avec précision et en temps réel le carburant alimentant chaque véhicule, nous construisons le socle de confiance et de conformité réglementaire requis pour renforcer l'adoption des carburants renouvelables par le secteur de la mobilité et des transports", a expliqué Marko Babic, directeur du département produits de Bosch, et responsable du système Digital FuelTwin. Rendez-vous est pris dans six mois, une fois les résultats de cette expérimentation connus, lesquels laisseront potentiellement le champ libre à une commercialisation à grande échelle. Car à force d'en parler, l'échéance de 2035 approche, et celui ou ceux qui seront les premiers à proposer un carburant synthétique efficace pourraient rafler le marché face à des concurrents qui – bien obligés - ne jureront plus que par le 100% électrique.