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Blocus des lycées : retour au calme autour du lycée Pierre-et-Marie-Curie à Menton après quatre jours de tensions

Cinq nouvelles interpellations ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi près du lycée Pierre-et-Marie-Curie. Fermé vendredi, l’établissement n’a pas connu de nouvelle manifestation dans la journée. Un représentant lycéen annonce la fin du blocus.

Pour la première fois en cinq jours, aucun appel à manifester n’a été lancé à Menton. Le lycée Pierre-et-Marie-Curie, théâtre des contestations lycéennes depuis lundi, était fermé vendredi 2 octobre 2026. Les cours étaient assurés en distanciel.

Une mesure de précaution prise, la veille, par l’Éducation nationale face à la montée des violences aux abords des établissements scolaires azuréens.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des tirs de mortier ont retenti dans le quartier du Borrigo. Cinq personnes ont été interpellées par la police nationale près du lycée Curie, portant à 20 le nombre total d’interpellations depuis le début des manifestations à Menton.

Aucun autre incident n’aura émaillé la journée de vendredi. À 8 heures, les lieux étaient déserts. Seule une voiture de la police nationale était stationnée, au cas où.

Des effectifs policiers sous tension

Ces cinq jours de mobilisation auront aussi mis sous tension les effectifs du commissariat. Mardi, lors de la première journée de violences autour du lycée, les policiers avaient essuyé des jets de pierre. Cinq d’entre eux ont été blessés, rappelle le commissaire Yannick Dupin, saluant leur détermination.

Face à quelque 250 personnes, le chef de circonscription avait dû mobiliser jusqu’à son service judiciaire. « J’ai sorti tous les policiers que je pouvais sortir. On était une vingtaine. Ce n’était pas suffisant. » Les gaz lacrymogènes avaient alors constitué leur principal moyen de dispersion. L’arrivée de trois équipages de la BAC de Nice avait permis cinq interpellations.

Un manque de bras dénoncé dès lundi par Alliance Police nationale 06 lors d’un rassemblement à la frontière Saint-Louis. Le syndicat évoquait près de 300 postes manquants dans le département.

Deux jours plus tard, son secrétaire départemental Julien Hausknecht résumait : « Ils travaillent au courage. »

La fin du blocus ?

Au milieu des débordements, les lycéens de Curie tentent, eux, de ramener le débat à son point de départ : leurs conditions d’études. Professeurs absents, sanitaires condamnés, emplois du temps à rallonge… Ils ont été reçus en mairie par Alexandra Masson, jeudi, pour qu’elle porte leurs revendications à la Région.

Un collectif d’enseignants au lycée Curie a aussi sollicité la Région et le Rectorat afin de mener des travaux « de toute urgence » au niveau des sanitaires et pour sécuriser les bâtiments [lire plus loin].

Le lycée Pierre-et-Marie-Curie, comme les 27 établissements azuréens concernés, restera fermé ce lundi 5 octobre. La reprise des cours est envisagée mardi ou mercredi. Contacté par Nice-Matin, Tom, responsable fédéral de l’Union syndicale lycéenne reçu par la maire de Menton, assure que le blocus ne reprendra pas : « Nous avons été entendus ».

Les enseignants interpellent le Rectorat et la Région

Les enseignants ne sont pas restés mutiques. Dans une lettre de doléances adressée au Recteur, datée du 1er octobre, le collectif fait part des « graves difficultés » auxquelles ils sont confrontés au lycée Curie.

« Depuis 2024 et le début des travaux de l’internat de l’établissement, les toilettes du bâtiment nord sont condamnées, ce qui a engendré un flux important sur les autres toilettes situées dans le bâtiment sud. Néanmoins, ces mêmes toilettes côté garçons ont été vandalisées et totalement détruites en avril 2026 », posent-ils. Conséquence : plus que deux toilettes disponibles pour… 600 garçons (sur 1 200 élèves). Une situation qui ne peut plus durer, estiment les enseignants.

Par ailleurs, le collectif évoque des « failles de sécurité importantes » au sein de l’établissement scolaire qui a subi deux intrusions depuis décembre 2025. « Les alarmes intrusion ne sont pas opérationnelles depuis les travaux et un bâtiment n’est pas aux normes de ce côté-là », pointe-t-il.

Réclamant le concours du Recteur et de la Région « afin que des travaux soient menés de toute urgence tant au niveau des toilettes que de la mise en sécurité des bâtiments ».