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Blocus dans les lycées : plus de 160 interpellations, 180 établissements concernés, LFI accusé d’attiser les tensions… vers un durcissement du mouvement ?

Alors que le mouvement de contestation lycéenne s'étend en province à la veille d'une journée de mobilisation nationale, la situation dégénère devant plusieurs établissements. Face aux violences et aux blocages, le gouvernement et La France insoumise se renvoient la responsabilité de ces tensions.

l'essentiel Alors que le mouvement de contestation lycéenne s'étend en province à la veille d'une journée de mobilisation nationale, la situation dégénère devant plusieurs établissements. Face aux violences et aux blocages, le gouvernement et La France insoumise se renvoient la responsabilité de ces tensions.

Des poubelles en feu, des tensions avec les forces de l'ordre devant les établissements scolaires... Les manifestations et blocages aux abords de lycées continuent de s'étendre ce lundi 28 septembre, à la veille d'un appel à une journée de mobilisation nationale. La principale organisation syndicale des lycéens, l'Union syndicale lycéenne (USL), a par ailleurs appelé au blocage des lycées partout en France mardi, à l'occasion de la journée de mobilisation dans la fonction publique. Dans ce contexte, le gouvernement et LFI s'accusent mutuellement du climat de tension dans les établissements scolaires.

Une mobilisation partie d'Île-de-France

Depuis une semaine, des lycéens d'Île-de-France se mobilisent devant leurs établissements pour protester notamment contre des classes et des emplois du temps surchargés ou encore l'absence de professeurs, des rassemblements qui ont parfois dégénéré avec des dégradations, des tirs de mortiers et conduit à des interpellations.

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Mais ce lundi, le mouvement s'est étendu à d'autres régions : des manifestations ont été recensées à Marseille, à Lille et à Sedan (Ardennes), et quatre lycées étaient bloqués dans les Alpes-Maritimes et le Var selon le rectorat de l'académie de Nice. À Lille, des lycéens citent pêle-mêle "le manque de moyens, de personnel", la "cantine trop chère", les classes "trop chaudes en été et trop froides en hiver" et les "punaises de lit et les douches cassées" à l'internat.

Des accusations réciproques

Le mouvement de grogne lycéen a pris une dimension politique à sept mois de l'élection présidentielle, avec un bras de fer opposant le gouvernement et La France insoumise (LFI). Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dénoncé lundi sur le réseau X une "surenchère irresponsable" d'élus de la LFI qui "appellent à étendre" le mouvement de blocus des lycées, tandis que Jean-Luc Mélenchon a reproché à l'exécutif d'avoir "ordonné la répression".

Les ministres de l'Intérieur et de l'Éducation nationale ont prévenu qu'en cas de violences et de blocage total, les forces de l'ordre interviendraient.

À Saint-Denis un maire aux côtés des manifestants

Le maire de cette ville, Bally Bagayoko, s'est rendu ce lundi au lycée Paul-Eluard de sa ville où plusieurs centaines d'élèves s'étaient réunis devant la grille de l'établissement, où le sol était jonché de poubelles incendiées. L'édile a été porté par la foule d'adolescents, qui a repris La Marseillaise, poing gauche levé, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux par le média du journaliste Clément Lanot. Sur d'autres images, le maire apparaît en train d'essayer de calmer des élèves après une hausse des tensions avec les forces de l'ordre.

"Que (les autorités) viennent échanger avec (les lycéens) et constater par eux-mêmes si cette jeunesse est 'instrumentalisée', ou si elle est simplement capable de penser, de s’organiser et de défendre elle-même ses conditions d’études et son avenir", a répliqué dans un communiqué la mairie LFI de Saint-Denis, qui a jugé les revendications "légitimes".