Bloctel piraté : 3 millions de numéros de téléphone dérobés juste après sa fermeture
En bref 3 millions de numéros dérobés sur Bloctel Aucune donnée personnelle associée compromise, selon la DGCCRF Piratage survenu juste après la fermeture du service Une base de données visée au pire moment ...
En bref
- 3 millions de numéros dérobés sur Bloctel
- Aucune donnée personnelle associée compromise, selon la DGCCRF
- Piratage survenu juste après la fermeture du service
Une base de données visée au pire moment
La liste Bloctel venait à peine de tirer sa révérence. Ce dispositif permettant aux particuliers de refuser le démarchage téléphonique a fermé ses portes le 11 août, remplacé par un nouveau régime imposant un accord préalable des consommateurs avant tout appel commercial. Un jour plus tard seulement, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes révélait qu’un intrus s’était introduit dans les fichiers du service.

Ce que l’attaquant a réellement obtenu
Selon les autorités, la personne à l’origine de l’intrusion, qualifiée de cybercriminelle, a mis la main sur des fichiers rassemblant environ trois millions de numéros de téléphone inscrits sur la liste. En revanche, aucune information permettant d’identifier précisément les titulaires de ces lignes, ni nom, ni adresse postale, n’aurait été exposée. La DGCCRF assure avoir prévenu individuellement par courriel les personnes dont le numéro figure parmi les données concernées.
Quels risques concrets pour les usagers
Même limitée à de simples numéros, une telle fuite n’est pas anodine. Des numéros de téléphone isolés peuvent déjà servir à des campagnes d’appels frauduleux, de tentatives d’hameçonnage par SMS, ou à des opérations de recoupement avec d’autres bases de données disponibles sur le marché noir. Le fait que ces numéros proviennent précisément d’une liste de personnes hostiles au démarchage ajoute une ironie amère à l’incident.
Le service antidémarchage "Bloctel" a été piraté, 3 millions de numéros divulgués pic.twitter.com/fbwYhkXIJW
— BFM (@BFMTV) August 13, 2026
Les réflexes recommandés par les autorités
- Se méfier de tout appel ou SMS inhabituel demandant une action urgente
- Ne jamais communiquer de code de sécurité ou d’informations bancaires par téléphone
- Vérifier l’identité de l’interlocuteur avant de donner suite à une sollicitation
- Signaler les abus via les canaux officiels de signalement des fraudes
Un nouveau cadre juridique qui change la donne
Depuis le 11 août, la règle a changé du tout au tout. Il ne suffit plus de ne pas s’être opposé au démarchage : les entreprises doivent désormais obtenir un accord explicite, donné à l’avance, et pouvoir en apporter la preuve en cas de contrôle. Ce renversement de logique, du système d’opt-out vers l’opt-in, doit en théorie réduire drastiquement le volume d’appels commerciaux non désirés, même si certains acteurs du secteur, notamment des centres d’appels basés au Maroc, redoutent déjà des conséquences économiques importantes.
Cet épisode de piratage, bien que limité dans ses conséquences directes, rappelle que la transition entre deux régimes réglementaires n’efface pas instantanément les vulnérabilités numériques accumulées au fil des années. La vigilance des usagers reste donc de mise, y compris après la disparition officielle d’un service qu’ils croyaient sans risque.