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Bitcoin résiste au pétrole à 100 dollars et reste près des 80 000 $

Le Bitcoin résiste à la flambée du pétrole qui secoue les marchés financiers. Alors que le Brent a brièvement dépassé 100 dollars et que les Bourses européennes reculent, la première cryptomonnaie évolue autour…

La remontée spectaculaire du pétrole ravive les craintes d’inflation et de durcissement monétaire, deux facteurs habituellement défavorables aux actifs risqués. Pourtant, le Bitcoin absorbe pour l’instant le choc. Sa capacité à conserver la zone des 78 000 à 80 000 dollars devient un indicateur important pour mesurer l’appétit des investisseurs pour le risque.

Le Bitcoin fait preuve de résistance malgré l’envolée des cours pétroliers. Vers 11h20, la cryptomonnaie évoluait autour de 79 480 dollars, en progression de plus de 1 % sur cinq jours, alors que les tensions géopolitiques faisaient brièvement remonter le Brent au-dessus des 100 dollars.

Le Bitcoin reste solidement installé au-dessus de 78 000 dollars

La première cryptomonnaie avait déjà montré sa capacité à défendre cette zone lors des séances précédentes. Mardi, alors que les principales cryptomonnaies évoluaient en ordre dispersé, le Bitcoin était parvenu à rester au-dessus des 78 000 dollars. Une semaine auparavant, le 3 septembre, il avait brièvement dépassé les 81 000 dollars.

À près de 79 500 dollars mercredi, le marché reste donc compris dans une zone relativement étroite malgré une forte dégradation de l’environnement géopolitique. Sur cinq séances, le Bitcoin affiche même une progression d’environ 1,3 %.

La performance depuis le début de l’année demeure cependant négative. Le Bitcoin abandonne encore environ 10,4 % depuis le 1er janvier, ce qui rappelle que sa résistance actuelle intervient après plusieurs mois difficiles. Le niveau des 80 000 dollars constitue désormais un seuil psychologique important pour les investisseurs.

Le pétrole à 100 dollars ravive le risque inflationniste

Cette stabilité est d’autant plus remarquable que les marchés traditionnels subissent simultanément un nouveau choc énergétique. Le Brent a atteint 100,13 dollars le baril mercredi matin, avant de revenir légèrement sous les 100 dollars. Le WTI américain évoluait pour sa part autour de 94 dollars.

L’escalade militaire au Moyen-Orient nourrit les inquiétudes sur l’approvisionnement mondial. Les incertitudes autour du détroit d’Ormuz et les attaques visant des infrastructures énergétiques saoudiennes renforcent la prime de risque intégrée dans les cours du brut.

Pour les investisseurs, la conséquence dépasse largement le secteur pétrolier. Un baril durablement proche de 100 dollars peut augmenter les coûts de transport et de production, alimenter l’inflation et pousser les banques centrales à maintenir une politique monétaire restrictive plus longtemps.

Les Bourses européennes reculent, pas le Bitcoin

La réaction des marchés actions montre déjà cette inquiétude. Mercredi matin, le CAC 40 reculait de 0,56 %, tandis que le DAX perdait 0,50 % et le FTSE 100 environ 0,40 %. Le Stoxx Europe 600 abandonnait lui aussi près de 0,5 %.

La divergence avec le Bitcoin est donc notable. La cryptomonnaie ne reproduit pas immédiatement le mouvement de baisse des actions européennes, alors même que la hausse du pétrole constitue théoriquement un facteur défavorable aux actifs risqués.

Cette résistance ne suffit toutefois pas à faire du Bitcoin une valeur refuge comparable à l’or. Son comportement reste sensible aux conditions de liquidité, aux anticipations de taux américains et au sentiment général des investisseurs. Elle montre surtout qu’à ce stade, le choc pétrolier ne provoque pas de vague massive de ventes sur le marché crypto.

Les taux restent le principal risque pour les cryptomonnaies

La prochaine étape dépendra largement des banques centrales. En Europe, la BCE devrait relever ses taux de 25 points de base jeudi, après une inflation de la zone euro remontée à 3,3 % en août. Aux États-Unis, les marchés attendent cette semaine les prix à la production puis l’inflation à la consommation, avant la prochaine décision de la Réserve fédérale.

Pour le Bitcoin, une inflation persistante alimentée par l’énergie pourrait devenir problématique si elle repousse l’assouplissement monétaire ou entraîne une nouvelle hausse des rendements obligataires. Des taux élevés rendent en effet les actifs sans rendement intrinsèque moins attractifs face aux obligations.

À court terme, la résistance autour de 79 000 dollars constitue donc un signal favorable, mais fragile. Si le Bitcoin parvient à conserver cette zone malgré un pétrole proche de 100 dollars et des marchés actions sous pression, il confirmerait une certaine décorrélation face au choc énergétique. Une nouvelle poussée de l’inflation ou des taux pourrait cependant rapidement remettre cette solidité à l’épreuve.