Besançon. Sénatoriales : les attentes des grands électeurs dans le Doubs
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Deux jours avant le scrutin, les élus locaux espèrent que les futurs sénateurs prendront en compte la réalité des territoires ruraux tout en demandant une relation de confiance, saine et sincère afin de les aider dans leur quotidien.
Anthony Georges -
Aujourd’hui à 19:30
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Ce dimanche 27 septembre, les 1 661 grands électeurs du Doubs sont appelés aux urnes afin d’élire leurs trois représentants à la chambre haute du Parlement. Six listes sont présentes sur la ligne de départ et ont sillonné le département à la rencontre des élus locaux. Si la question de la ruralité et de ses problématiques a été un enjeu majeur de cette campagne, Pierre Mayoud , maire de L’Écouvotte, 102 habitants, a un espoir fort : « Le retour au bon sens ». Il regrette les « nombreux discours qui présentent les communes rurales comme dépensières alors qu’elles sont restreintes par le budget, et ont un suivi plus draconien que les grandes agglomérations qui ont des dettes bien supérieures. » L’édile espère également que l’omniprésence des mains tendues envers les élus ruraux n’est pas un calcul politique, et pointe du doigt « les taxes et les normes qui pèsent sur les communes mais aussi sur la population ».
« Qu’ils nous épaulent dans nos démarches »
Patrick Corne , maire de Marchaux-Chaudefontaine, mise quant à lui sur le relationnel. « Je souhaite des sénateurs qui soient présents auprès des maires, qui répondent à nos sollicitations. » Une relation privilégiée qu’il estime essentielle dans le bon déroulement de sa mandature : « Qu’ils nous aident à avoir des subventions, qu’ils nous épaulent dans nos démarches administratives. Les dossiers avancent plus vite avec l’appui d’un sénateur. »
Une demande que partage Sarah Vionnet , maire de Myon, dont la candidature aux dernières élections municipales avait défrayé la chronique puisqu’elle avait dû céder la tête de liste à un homme, parité oblige. Une péripétie qui ne l’a pas empêchée de conserver son fauteuil d’édile et d’être la seule grande électrice de sa commune de 180 habitants. « Je souhaite que mes sénateurs répondent à mes sollicitations, que je puisse les appeler et qu’ils m’aident à trouver des solutions. » À deux jours du scrutin, l’élue ne se montre « pas inquiète » et est persuadée que « le lien entre les élus restera le même ».
« Le rééquilibrage des forces semble délicat »
De l’inquiétude, il y en a davantage dans les propos de Frank Laidié : « Il y a des divisions partout. Le rééquilibrage des forces semble délicat ». Maire de la commune de 700 habitants depuis 2014, il a eu le loisir de constater que « des sénateurs sont présents sur le terrain et d’autres ne font pas grand-chose ». L’édile reste très attentif aux résultats du scrutin dominical, dans un contexte où le sénat pèse « davantage dans l’action législative » et n’apporte pas forcément « la touche que l’on attend d’une chambre d’équilibre ». Autre motif d’inquiétude : « La dotation globale de fonctionnement (DGF) qui est en chute libre. Depuis que je suis maire, c’est - 70 % ! »
Un fauteuil pour trois
À deux jours du scrutin, Jean-François Longeot (Horizons) fait figure de grand favori, et Jacques Grosperrin (Les Républicains), renforcé par la victoire de Ludovic Fagaut à Besançon, devrait également conserver son siège. Il reste donc un fauteuil pour trois. Si Géraldine Grangier (Rassemblement national), Geoffroy Lang (La France insoumise) et Philippe Jourdin (Sans étiquette) ne paraissent pas en mesure, au vu des forces en présence, d’obtenir un strapontin, la lutte pourrait être acharnée entre Arnaud Marthey (Parti socialiste à la tête d’une liste d’union de gauche), Christine Bouquin et Annick Jacquemet, toutes deux en deuxième position des listes conduites par Jean-François Longeot et Jacques Grosperrin.
La présidente du Département jouit d’une cote de popularité importante chez les élus locaux, mais le nom du troisième sénateur dépendra du score de Jean-François Longeot. Si ce dernier sort largement en tête de ce scrutin, selon la règle de la plus forte moyenne, il permettra à Annick Jacquemet de conserver son siège. Sur la gauche de l’échiquier politique, on compte sur l’union sacrée pour récupérer un siège perdu en 2020, en raison en partie de plusieurs listes aux sensibilités identiques - ou presque. Les paris sont lancés.