Belfort. Policier molesté par des lycéens : l’avocat parisien de l’adolescent placé en détention s’explique
Le lycéen de 17 ans, 11 mois et quelques jours, mis en examen pour avoir frappé à terre un officier de police, vendredi à proximité du lycée Courbet de Belfort, relève des juridictions pour mineurs, puisqu’il n...
Le lycéen de 17 ans, 11 mois et quelques jours, mis en examen pour avoir frappé à terre un officier de police, vendredi à proximité du lycée Courbet de Belfort, relève des juridictions pour mineurs, puisqu’il n’avait pas encore 18 ans au moment des faits. Il a été placé en détention provisoire après sa mise en examen pour violences aggravées sur un fonctionnaire de la police.
Nous avons joint lundi, Me Arié Alimi, qui a repris sa défense à l’issue de la garde à vue. L’avocat parisien a indiqué qu’il avait fait appel de la décision de placement en détention et qu’il avait demandé de pouvoir consulter la vidéo de l’interrogatoire de son client d’ici là. Ni Me Alimi, ni son collaborateur arrivé de Paris dimanche, n’ont assisté à la garde à vue. Les intérêts du jeune homme étaient alors défendus par une avocate locale.
Nunez également visé
L’avocat parisien précise que la plainte qu’il a déposée pour tentative de meurtre vise le policier, mais qu’elle a été déposée « contre X » car il ne connaissait pas le nom du commandant. La plainte pour « complicité par instigation » vise le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pour « les instructions générales » données aux services de police.
L’avocat, spécialisé dans les affaires médiatiques mettant en cause la police ou la gendarmerie, déclare que son client s’est retrouvé la tête dans l’eau.
Dimanche, le procureur de la République avait évoqué la garde à vue du mineur, en indiquant que, confronté aux vidéos montrant la scène de son interpellation dans son intégralité, il a reconnu que ces images montraient bien son interpellation au moment où le policier « était arrivé dans son dos ». Paul-Edouard Lallois a ajouté : lorsque la question a été posée à l’adolescent « de savoir si ce policier avait tenté de le noyer, il a répondu par la négative ». Le procureur souligne que la Savoureuse était alors largement asséchée et que sa profondeur maximale était de 19 cm. Il déclare que les réponses de l’adolescent ont été enregistrées et qu’il les a faites sans contrainte, en présence de son avocat.
Les sénateurs LR ont demandé la Légion d’honneur pour le policier passé à tabac et une distinction pour ses deux collègues. Photo Michaël Desprez
Russophone
Me Alimi soutient que son jeune client, de nationalité bulgare et russophone, a demandé un interprète et que celui-ci lui a été refusé. « Ce refus a été enregistré », avance l’avocat en estimant qu’il a répondu à des questions qu’il ne comprenait pas.
Le procureur, de son côté, a expliqué que le lycéen comprenait le français et suivait des études au lycée Courbet dans cette langue.
Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, a estimé que le policier « a cherché à terroriser ce jeune ».
Le lycéen est poursuivi pour avoir donné deux coups de pied dans la tête du policier alors que celui-ci était au sol, mais aussi pour avoir commis des dégradations et des jets de pierre sur la police les jours précédents. Son sac contenait des gants, une cagoule, des produits inflammables.
Signature de 96 sénateurs LR
À l’initiative de Cédric Perrin, sénateur Les Républicains du Territoire de Belfort, 96 élus du groupe LR du Sénat ont adressé un courrier au ministre de l’Intérieur pour demander que le policier molesté soit proposé « pour une nomination dans l’ordre de la Légion d’honneur, en reconnaissance de son courage, de son sang-froid et de son sens du devoir ». Cette démarche est soutenue par le député LR Ian Boucard, le maire LR de Belfort, Damien Meslot, et le président LR du conseil départemental, Florian Bouquet. Ils demandent aussi que les deux policiers qui sont venus lui porter secours reçoivent une distinction honorifique.