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Batteries des montres connectées : l’UE fait (un peu) marche arrière

La Commission européenne vient d’accorder une dérogation aux objets connectés compacts, dont les montres et bracelets sportifs, dans le cadre du règlement européen sur les batteries.

La Commission européenne vient d'accorder une dérogation aux objets connectés compacts, dont les montres et bracelets sportifs, dans le cadre du règlement européen sur les batteries. Une décision qui soulage les fabricants, sans pour autant enterrer toute obligation de réparabilité.

En bref

Ce que le règlement européen sur les batteries prévoyait à l’origine

Adopté en 2023, le règlement européen sur les batteries s’inscrit dans la stratégie de l’UE pour une économie circulaire. Son ambition : obliger les fabricants d’appareils électroniques portables à concevoir des produits dont la batterie peut être retirée et remplacée par le consommateur lui-même, sans outillage professionnel. L’objectif affiché est double : limiter les déchets électroniques et allonger la durée de vie utile des appareils.

Cette obligation devait entrer en vigueur en 2027, et elle a déjà commencé à remodeler certaines feuilles de route industrielles. Nintendo, par exemple, a annoncé intégrer une batterie remplaçable par l’utilisateur sur sa prochaine console Switch 2, directement en réponse à ces exigences réglementaires.

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Un texte ambitieux, mais confronté aux réalités du terrain

Appliquer une telle règle uniformément à tous les appareils posait rapidement problème. Une montre connectée étanche, un bracelet de suivi d’activité ou des lunettes intelligentes n’ont techniquement rien à voir avec un smartphone. Leur conception ultracompacte rend l’accès à la batterie risqué, voire structurellement incompatible avec le maintien de l’étanchéité ou de la solidité du boîtier.

Les catégories concernées par la nouvelle dérogation

La Commission européenne a officialisé mi-juillet 2026 un acte délégué élargissant la liste des produits dispensés de l’obligation de batterie remplaçable par le consommateur. Au total, six nouvelles catégories sont concernées :

La justification avancée par la Commission repose sur des critères techniques précis : ouverture du boîtier susceptible de compromettre la sécurité, la durabilité ou l’étanchéité de l’appareil, ou simplement incompatibilité avec le format miniaturisé du produit.

Une exemption partielle, pas une carte blanche

Il serait cependant inexact d’y voir une capitulation réglementaire totale. Les fabricants concernés restent tenus de proposer une solution de remplacement de batterie dans de nombreux cas, mais celle-ci doit être effectuée par un professionnel indépendant, et non par l’utilisateur final. L’idée de réparabilité est maintenue, même si elle change de mains. Le Pixel Watch 4 de Google, lancé en 2025, illustre bien cette logique : il a été conçu comme la première montre connectée de la marque pensée pour être réparable, même si cela nécessite l’intervention d’un technicien.

Smartphones : aucune dérogation, cap maintenu sur 2027

La dérogation accordée aux objets connectés compacts ne s’applique pas aux téléphones. Les smartphones vendus en Europe restent soumis à une règle distincte en matière de réparabilité : leur batterie devra pouvoir être remplacée à l’aide d’outils courants ou fournis par le constructeur, dans des conditions de sécurité satisfaisantes. Pas question de revenir aux coques vissées impossibles à ouvrir, mais pas non plus d’exiger un retour aux dos amovibles d’antan.

Cette obligation prend effet en 2027, et les marques qui commercialisent des modèles en Europe adaptent déjà leurs conceptions en conséquence.

Quelle suite pour cette dérogation ?

L’acte délégué adopté par la Commission européenne doit encore passer devant le Parlement européen et le Conseil de l’UE pour examen. En l’absence d’objection de leur part, les nouvelles exemptions entreront en vigueur vingt jours après leur publication au Journal officiel de l’Union européenne.

Pour les consommateurs, cette évolution change peu de chose à court terme : les montres connectées resteront fermées, comme aujourd’hui. Ce qui change, c’est la garantie d’un accès à la réparation professionnelle pour ces appareils, un droit qui n’était pas toujours acquis. À plus long terme, la question de la durée de vie des wearables reste entière, et les prochaines révisions du règlement pourraient bien y revenir.