“Bâtiments vétustes”, “manque d’encadrement des élèves”, “hausse du minerval” : la ministre Glatigny répond aux élèves
La ministre de l'Enseignement, Valérie Glatigny, rencontre ce mercredi à 17h le Comité des élèves francophones et une délégation de dix élèves en marge des manifestations étudiantes. Pour la DH, elle répond aux...
La ministre de l'Enseignement, Valérie Glatigny, rencontre ce mercredi à 17h le Comité des élèves francophones et une délégation de dix élèves en marge des manifestations étudiantes. Pour la DH, elle répond aux critiques et défend ses mesures.
Demande des élèves visant à avoir des bâtiments scolaires en bon état
"276 millions d'euros ont déjà été investis dans les bâtiments scolaires, notamment grâce au plan de relance européen. Et un milliard d'euros supplémentaires est engagé pour la rénovation des bâtiments scolaires. Il est évident que les travaux ne vont pas commencer du jour au lendemain : il faut respecter les procédures et les règles des marchés publics. Mais les projets sont bien en cours et bel et bien programmés. L'argent est là, les projets sont là, et les travaux vont suivre leur cours."
"+ 2 périodes" pour les profs du secondaire supérieur : cela diminue l'encadrement des élèves, car moins de temps pour préparer les activités hors école (excursions, activités culturelles)
"C'est faux. Cette mesure répond à un enjeu majeur : la lutte contre la pénurie d'enseignants et les heures de fourche (en plus de permettre des économies pour réduire l'endettement). Les élèves le constatent eux-mêmes : ils ont aujourd'hui trop d'heures sans professeur, en particulier dans le secondaire supérieur, où il manque des professeurs de mathématiques, de langues, etc. Concrètement, lorsqu'un enseignant passe de 20 à 22 périodes, ce sont deux heures de cours supplémentaires qui sont effectivement données aux élèves, plutôt que deux heures de fourche."
"Quant au temps consacré à l'organisation d'autres activités, il faut rappeler plusieurs éléments. Avant 2019, les enseignants du secondaire supérieur pouvaient déjà donner jusqu'à 22 périodes. Le passage à 20 périodes pour tous avait été décidé pour dégager du temps consacré au travail collaboratif, dont les modalités ont depuis été simplifiées."
"Et il faut aussi regarder les horaires des autres enseignants : un professeur de pratique professionnelle donne 28 périodes, un instituteur maternel 26, un instituteur primaire 24 et un professeur du secondaire inférieur 22. Les 22 périodes ne sont donc ni une mesure exceptionnelle, ni une remise en cause du métier d'enseignant. C'est aussi une manière très concrète de remettre des heures de cours devant les élèves, là où elles manquent aujourd'hui."
Pas assez d'accompagnement et de remédiation, et des classes plus petites.
"C'est faux. Le Gouvernement a investi 25 millions d'euros supplémentaires dans l'accompagnement personnalisé des élèves, pour mieux aider ceux qui rencontrent des difficultés. Cela passe notamment par le co-enseignement : deux enseignants sont présents dans la même classe, ce qui permet à l'un d'entre eux de prendre plus spécifiquement en charge les élèves qui ont besoin d'un soutien supplémentaire. Les élèves qui arrivent dans le secondaire avec des difficultés au CEB font aussi l'objet d'un accompagnement renforcé. L'objectif est simple : donner davantage de soutien aux élèves qui en ont besoin, au moment où ils en ont besoin."
Suppression du premier degré différencié, sans accompagnement
"C'est faux. Rappelons d'abord que la suppression du degré différencié n'a pas été décidée par ce Gouvernement. Elle a été actée en 2015, dans le cadre du Pacte pour un enseignement d'excellence et de la mise en œuvre du tronc commun, avec l'accord des acteurs de l'enseignement : syndicats, FPO et associations de parents. Ce que ce Gouvernement a décidé, en revanche, c'est de préserver l'ensemble des moyens qui étaient consacrés au degré différencié, soit 24,5 millions d'euros, pour les réinvestir dans un accompagnement renforcé des élèves sans CEB ou avec des difficultés au CEB, qui intègrent la 1re secondaire ordinaire. L'objectif est donc clair : les moyens pour la remédiation ne disparaissent pas. Ils sont réorientés vers l'accompagnement des élèves qui en ont le plus besoin."
Appel à la police dans la lutte contre le décrochage scolaire
"C'est faux. La lutte contre le décrochage scolaire est renforcée, notamment grâce à une meilleure détection des absences répétées des élèves. L'objectif est d'intervenir plus rapidement : informer et responsabiliser les parents, déclencher une prise en charge par les CPMS et, en tout dernier recours, si nécessaire, faire intervenir l'agent de quartier pour prendre contact avec la famille et coordonner l'aide à mettre en place. La logique suivie est une logique de prévention, pas de répression. L'idée est simple : repérer plus tôt les situations de décrochage pour pouvoir agir avant qu'elles ne s'installent durablement."
Rythme de la journée : les élèves réclament des horaires quotidiens mieux adaptés au rythme chronobiologique
"Rappelons d'abord que les rythmes scolaires annuels ont déjà été adaptés, avec des périodes de 6 à 7 semaines de cours suivies de 2 semaines de vacances, afin de mieux respecter le rythme chronobiologique des élèves. Par ailleurs, une étude est en cours de finalisation auprès de la Fondation Roi Baudouin sur les rythmes de la journée scolaire. L'objectif est précisément d'étudier, de manière sérieuse et documentée, comment organiser la journée pour mieux tenir compte des capacités de concentration des élèves, des temps de pause, des apprentissages et, plus largement, de leur bien-être."
"Mais le bien-être ne peut pas signifier supprimer toute difficulté, tout effort ou toute contrainte. L'école doit aussi apprendre aux jeunes à faire face à l'effort et leur donner les connaissances et les compétences qui leur permettront demain de construire leur propre projet de vie et de choisir leur avenir avec le plus de liberté possible. C'est aussi cela, préparer les jeunes à leur avenir."
Hausse du minerval
"Le minerval est désormais harmonisé pour les universités, les hautes écoles et les écoles supérieures des arts, avec un montant adapté aux revenus de la famille. Le principe est clair : les étudiants les plus fragiles continuent à bénéficier de la gratuité. Les étudiants boursiers, qui représentent environ 22 % des étudiants, ne paient aucun minerval."
"Pour les autres, quatre montants sont prévus : 374 euros pour les étudiants à statut modeste, 835 euros pour le statut intermédiaire et 1 194 euros pour le minerval plein. 58 % des étudiants vont payer un minerval de 1.194 euros. Le montant est donc désormais lié aux revenus, identique dans tous les établissements, et les frais supplémentaires en hautes écoles et écoles supérieures des arts sont supprimés."
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