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Bas-Rhin. Un interne en médecine condamné pour avoir fait avorter sa compagne à son insu avec des médicaments

Un interne en médecine a été condamné pour avoir interrompu la grossesse de sa compagne à son insu en lui administrant des médicaments. La rédaction -...

Un interne en médecine a été condamné pour avoir interrompu la grossesse de sa compagne à son insu en lui administrant des médicaments.

La rédaction -

Aujourd’hui à 19:56 | mis à jour aujourd’hui à 20:14

L’homme a été condamné à cinq ans d’emprisonnement, dont trois avec sursis. Photo d'illustration Sipa
L’homme a été condamné à cinq ans d’emprisonnement, dont trois avec sursis. Photo d'illustration Sipa

Un interne en médecine était jugé ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour avoir interrompu la grossesse de sa compagne en lui administrant des comprimés à son insu. Ce sont leurs valeurs chrétiennes qui les ont rapprochés dès leur première rencontre à Montpellier, à l’occasion d’une formation médicale en 2022, selon Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Malgré la distance et les plannings serrés, une relation se crée.

Puis en février 2024, la jeune femme tombe enceinte. Le prévenu lui explique qu’il ne se sent pas prêt. Elle veut garder le bébé, conformément à ses convictions religieuses, quitte à l’élever toute seule. L’homme de 36 ans commence alors à se renseigner sur l’interruption volontaire de grossesse médicamenteuse. Il sollicite un gynécologue de l’hôpital de Saverne (Bas-Rhin), dans lequel il exerce, et auquel il raconte qu’il a besoin de médicaments abortifs pour sa belle-sœur qui en est privée en Haïti, son pays d’origine. Attendri, le praticien consent à sortir clandestinement de la réserve un comprimé de mifépristone qui ramollit le col de l’utérus et trois cachets de misoprostol qui entraîne l’expulsion du fœtus.

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« Le sentiment d’avoir été abandonnée et trahie »

L’interne passe à l’acte quelques jours plus tard. Lors d’un moment d’intimité, il lui fait ingérer la première molécule en l’embrassant. La victime sent comme des petits morceaux qui s’effritent dans sa bouche, mais il la rassure en lui disant que ça doit être du dentifrice, explique Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Le lendemain, il insiste pour qu’elle s’hydrate bien et lui fait boire un grand verre d’Ice Tea dans lequel il dissout l’autre produit.

Malgré le risque d’hémorragie pour sa compagne, il attrape son train et la laisse seule chez elle avec la douleur qui s’intensifie jusqu’à l’insupportable. « Je comprends que je suis en train de perdre mon bébé, se remémore la jeune femme, très émue. Les contractions deviennent de plus en plus intenses. » Elle finit par évacuer les quelques centimètres de chair dans les toilettes. « J’ai le sentiment d’avoir été abandonnée et trahie », ajoute-t-elle. « Qu’est-ce qui vous donne le droit de disposer de son corps à elle et de ce fœtus ?, gronde la procureure. Et avez-vous été fidèle à votre serment [de médecin]  ? » Le prévenu bredouille quelques mots d’excuse. « Il n’a pas fait ce choix par sadisme, par plaisir, ou pour faire du mal à madame, mais pour échapper à une parentalité qu’il n’était pas capable d’assumer », tente son avocat.

L’homme a finalement été condamné à cinq ans d’emprisonnement - la peine maximale prévue pour le délit d’interruption de grossesse pratiquée sur autrui sans son consentement - dont trois avec sursis. Il a été placé sous mandat de dépôt. Le tribunal a par ailleurs prononcé une interdiction définitive d’exercer la profession de médecin et une interdiction pendant cinq ans d’exercer toute activité médicale ou paramédicale.