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Avion C919: comment la Chine veut s’imposer face à Airbus et Boeing

Le C919, l’avion de ligne développé par l’avionneur public chinois Comac, assure ce mercredi 12 août sa première liaison internationale régulière de passagers entre Pékin et Oulan-Bator, en Mongolie. Une étape symbolique pour la Chine, qui veut réduire sa dépendance à Airbus et Boeing et faire émerger un troisième grand constructeur aéronautique mondial.

Le C919, l’avion de ligne développé par l’avionneur public chinois Comac, assure ce mercredi 12 août sa première liaison internationale régulière de passagers entre Pékin et Oulan-Bator, en Mongolie. Une étape symbolique pour la Chine, qui veut réduire sa dépendance à Airbus et Boeing et faire émerger un troisième grand constructeur aéronautique mondial.

Publié le : 12/08/2026 - 15:00

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Ce mercredi 12 août, la Chine franchit une étape symbolique dans son aventure aéronautique. Pour la première fois, le C919 de l’avionneur public Comac assure une liaison internationale régulière de passagers. L’appareil relie Pékin à Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie, sur un vol d’un peu plus de deux heures.

Depuis des années, Pékin présente le C919 comme le futur concurrent des Airbus A320neo et des Boeing 737 MAX. L’appareil appartient à la catégorie des moyen-courriers, conçus pour des vols de quelques heures et des distances pouvant atteindre plusieurs milliers de kilomètres. Il peut transporter entre 150 et 190 passagers selon sa configuration.

Certifié en Chine en 2022, le C919 opère déjà sur des liaisons à l’intérieur du pays. Son entrée en service a constitué une étape importante pour l'industrie aéronautique chinoise : Pékin est désormais capable de concevoir, de certifier et de mettre en service un avion de ligne moderne.

Le C919, un symbole de la souveraineté industrielle chinoise

Mais le C919 est surtout un projet de souveraineté. La Chine veut réduire sa dépendance à Airbus et Boeing, qui équipent encore très largement ses compagnies aériennes. L'objectif est donc de parvenir à concevoir et produire elle-même ses avions de ligne. Cette ambition se heurte tout de même à un paradoxe. Le C919 dépend encore énormément de technologies occidentales. C'est même l'un des principaux points faibles du programme de Comac. L'avion chinois utilise notamment des équipements et des technologies provenant de fournisseurs européens et américains.

Cette dépendance est devenue particulièrement concrète avec les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis. En 2025, les restrictions américaines sur certaines exportations vers la Chine ont perturbé les livraisons de moteurs et d'équipements nécessaires au programme C919. L'avionneur Comac n'a ainsi livré que 15 appareils cette année-là, très loin de son objectif initial.

Pour Pékin, l'enjeu est donc désormais aussi de parvenir à fabriquer progressivement ces composants en Chine. La logique est claire : disposer de son propre avion ne suffit pas si une partie des technologies indispensables à sa production reste contrôlée par des entreprises étrangères.

Pourquoi le C919 ne concurrence pas encore Airbus et Boeing

Alors, le C919 peut-il réellement concurrencer Airbus et Boeing ? Pas encore. Sa production reste très faible et l'appareil n'est toujours pas certifié en Europe ou aux États-Unis. Surtout, Airbus et Boeing disposent d'un avantage considérable: des décennies d'expérience, des milliers d'avions en service et des réseaux mondiaux de maintenance. Une compagnie aérienne ne choisit pas seulement un avion, elle s'appuie aussi sur tout un écosystème industriel et technique que Comac doit encore développer à l'international. Mais la Chine peut commencer par son propre marché. Si les compagnies aériennes chinoises achètent massivement des C919, Comac pourra augmenter sa production, améliorer progressivement son appareil et accumuler de l'expérience.

Dans le même temps, les avions chinois pourraient prendre progressivement la place des appareils occidentaux sur le marché intérieur. C'est dans cette perspective que le premier vol international vers la Mongolie prend toute son importance. Il ne s'agit pas encore d'une grande offensive de Comac contre Airbus et Boeing. Mais c'est une première étape majeure pour l'industrie aéronautique chinoise. Pour la première fois, le C919 assure une liaison internationale régulière de passagers. L'avion franchit une frontière avec des passagers à son bord et commence ainsi à sortir de son marché domestique.

Le message envoyé par Pékin est donc clair. La Chine veut progressivement peser davantage dans l'aviation commerciale mondiale. Son ambition est de faire émerger, à terme, un troisième grand constructeur aux côtés d'Airbus et de Boeing, et ainsi de transformer durablement le paysage de l'aviation commerciale.

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