« Avec ses mains, il a soulevé ma jupe » : Helena Noguerra accuse à son tour Patrick Bruel d’agression sexuelle
Héléna Noguerra aux Victoires de la Musique le 20 février 1999, Paris, France. © S. ARNAL/Gamma-Rapho via Getty Images ...
Héléna Noguerra aux Victoires de la Musique le 20 février 1999, Paris, France.
© S. ARNAL/Gamma-Rapho via Getty Images / N/C
Laurence Pieau 02/09/2026 à 08:09, Mis à jour le 02/09/2026 à 08:44
Dans une lettre envoyée à la justice, Helena Noguerra accuse Patrick Bruel d'agression sexuelle.
«Tout a commencé en 2019, quand il y a eu des plaintes contre Patrick Bruel au préjudice des masseuses. J’ai envoyé une lettre manuscrite au parquet en Corse pour dire que je soutenais ces femmes, car moi-même j’avais été victime de Patrick. Je voulais que le parquet sache que le récit de cette femme correspondait certainement à la réalité. »
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Helena Noguerra n’a pas porté plainte — aujourd’hui encore, elle précise qu’elle n’a pas confiance en la justice — mais elle a voulu témoigner. Elle a envoyé une lettre le 22 mars 2022 au parquet et a été auditionnée par la police le 4 juin 2026. L’histoire d’une masseuse résonnait en effet parfaitement avec la sienne : « Ce qui m’avait interpellée dans le récit de la plaignante en Corse, c’est qu’elle disait qu’il lui avait pris les poignets et lui avait fait poser ses mains sur son sexe. C’est ce que j’avais aussi vécu. »
En 2000, Helena Noguerra anime « Une journée avec », une émission où il s’agit de passer une journée entière avec un artiste. Ce mois-là, c’est Patrick Bruel, et le tournage a lieu au Zénith. Elle connaît Patrick Bruel depuis ses 18 ans, elle l’a croisé lors d’événements artistiques, de soirées professionnelles, c’est « plutôt un bon camarade », écrit-elle, précisant qu’entre eux, il n’y a jamais eu de tentatives de séduction. Elle n’éprouve pour lui aucune attirance et la célébrité ou les hommes de pouvoir, précise-t-elle, ne l’impressionnent pas. Quand il l’invite à monter dans sa loge, il n’y a aucune ambiguïté, aucun regard appuyé. « Je ne me suis pas posé de questions. Je n’ai pas vu de piège », écrit-elle.
« Il attrape mes deux poignets et je suis bloquée avec les mains en bas. »
La porte fermée, Patrick Bruel s’approche pour l’embrasser. Elle n’a pas peur, elle n’est pas, écrit-elle, du genre à se « vexer d’un baiser non désiré ». « Je me suis dit : il m’embrasse et ce sera tout. Je ne me sens pas en danger tout de suite. Et je le repousse simplement en lui disant quelque chose comme non. Je lui exprime un refus qui n’est pas ambigu. » Elle tente alors de le repousser ; « Je lui dis “mais enfin, on se connaît depuis tellement longtemps” et il me répond “Justement, depuis le temps qu’on se désire” », elle lui dit à nouveau clairement non. « Mais cela va très vite, écrit-elle. Il attrape mes deux poignets et je suis bloquée avec les mains en bas. Il prend mes mains et il les met sur son sexe par-dessus son jean. Avec sa force et son visage collé, il m’a poussée et il m’a couchée sur la table. »
Immobilisée, Helena Noguerra, qui a encore son micro auquel sont reliés un ingénieur du son et un JRI, appelle doucement à l’aide. En vain. « J’aurais pu crier, mais on a honte de sa honte. Donc on ne crie pas. » « De mes mains, j’essaie de le repousser et lui, avec ses mains, il a soulevé ma jupe et essaie de baisser mon collant résille. » Il descend ses collants, elle lutte, les remonte… « Il essaie aussi d’atteindre ma culotte, je ne sais plus si je lui ai parlé, possiblement “arrête Patrick, arrête, mais non, mais non”. Et comme s’il sortait soudain d’un état, il a fini par lâcher et j’ai remis ma jupe vers le bas, puis je suis sortie pour rejoindre mon équipe technique en descendant l’escalier en colimaçon. »
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Helena Noguerra précise qu’après cette agression, le chanteur est sorti de sa loge et descendu sans rien laisser paraître. « J’avais terminé mon travail et avant que je parte, il est redevenu tout à fait normal, comme si rien ne s’était passé. » Précisant qu’il l’a même invitée à se rendre à un de ses concerts. « Il ne se rend visiblement pas compte de ses actes », écrit-elle.
Elle a raconté l'agression
En colère, sentant qu’il a voulu « l’humilier », Helena Noguerra parle de l’agression autour d’elle. « Ce qui me frappe, c’est que personne ne semble penser que ce qui vient de se passer est grave. Tout le monde est surpris par ce qui vient d’arriver, mais personne ne semble mesurer que c’est bel et bien une agression. »
Interrogé sur ce témoignage par les enquêteurs en juin dernier, l’acteur a répondu : « Je ne me souviens pas de cette scène », précisant que « même si c’est une belle femme », il n’avait pas spécialement d’attirance pour elle. « C’est possible qu’on se soit embrassés, je ne sais pas. Je ne l’ai certainement pas embrassée de force (…) Dans l’absolu, oui, c’est possible, mais de manière consentie. Mais je n’en ai aucun souvenir. »
Questionné sur ce moment où il lui a saisi les poignets et où il l’a couchée sur la table, il a expliqué : « Cette scène n’a absolument pas pu se produire. Qu’est-ce que c’est que ce récit ? Il m’est arrivé de la recroiser par la suite après 2000 et je n’ai jamais ressenti le moindre malaise. Je ne vois pas de quoi on parle. » Helena Noguerra a quant à elle senti une gêne à chaque fois qu’elle l’a recroisé. Contactée par Paris Match, Helena Noguerra nous a confirmé son témoignage, précisant ne pas vouloir s’exprimer plus avant pour l’instant. Patrick Bruel est présumé innocent.