Avec Neil Zeghidour, directeur général de Gradium
Jusqu'où l'IA va-t-elle alourdir les factures de nos entreprises et interroger nos limites éthiques ? Ce samedi, du reportage et un entretien avec un jeune champion de la tech française. Mais avant cela, du débat : à 50 jours des midterms, l'économie américaine est-elle en train de vaciller ?
Jusqu'où l'IA va-t-elle alourdir les factures de nos entreprises et interroger nos limites éthiques ? Ce samedi, du reportage et un entretien avec un jeune champion de la tech française. Mais avant cela, du débat : à 50 jours des midterms, l'économie américaine est-elle en train de vaciller ?
"La réduction du salaire des ministres de 10%, je trouve que ce serait une excellente décision. A un moment où le gouvernement de la France s'apprête à demander à nos compatriotes des efforts pour préserver les acquis sociaux, il me paraît tout à fait naturel que ceux qui demanderont ces efforts, en l'occurrence le gouvernement, donnent l'exemple. Il y a des symboles qui parlent et qui comptent."
Vous aurez reconnu la voix de Nicolas Sarkozy. Pas le Sarko d'aujourd'hui, mais celui de 1993. Il est alors ministre du budget du gouvernement d'Edouard Balladur. Baisser le salaire des ministres, budget, exemplarité, efforts, symbole... Le projet sera finalement abandonné mais le vocabulaire est le même... qu'en 2026.
C'est le ministre de l'Industrie Sébastin Martin qui a lâché l'idée lors du séminaire gouvernemental de rentrée : alléger le salaires des membres du gouvernement - aujourd'hui 10 700 euros brut par mois. Cela aurait le mérite de montrer que chacun prend sa part. Matignon réfléchit.
Dans les couloirs de l'Elysée, on grince des dents. la mesure pourrait nuire à l'attractivité de la fonction. A l'autre bout de la planète, d'ailleurs, le gouvernement singapourien vient exactement de faire le chemin inverse, en augmentant - et pas qu'un peu - tous ses ministres, pour attirer les talents et réduire les risques de corruption.
Et le scepticisme est partagé. A droite, Philippe Juvin, rapporteur LR du Budget à l'Assemblée, estime qu'"on ne ferait que déplacer les transats sur le pont du Titanic alors que l'iceberg se rapproche". A gauche, Eric Coquerel, le président LFI de la Commission des Finances, parle de "démagogie" et de "diversion, alors que le gouvernement vient d'annoncer la réduction de la surtaxe sur les grandes entreprises, et toujours rien sur la taxation des superprofits".
D'un point de vue comptable, la mesure ne réduira pas le déficit, ou si peu. Gain espéré ? A peine quelques centaines de milliers d'euros. Moins que les retombées économiques pour la France des concerts de Céline Dion !
Ce que révèle surtout cette proposition, c'est que le gouvernement a bien conscience que l'acceptabilité de son budget est particulièrement fragile. Mais pour étancher la soif de justice sociale et fiscale exprimée par les citoyens, il faudra plus que des gadgets et des vieilles recettes.
Les conseils de la semaine pour prolonger l'émission
- Le conseil de Claire Chaudière : Chine/Etats-Unis, le capitalisme contre la mondialisationOuverture dans un nouvel onglet, Benjamin Bürbaumer, Editions la Découverte.
- Le conseil de Dominique Seux : La note de conjoncture trimestrielle de l'INSEE publiée jeudi. Elle est accessible en ligne gratuitementOuverture dans un nouvel onglet.