Avant Bordeaux, que s’est-il passé pour les clubs qui ont dû passer devant le CNOSF pour espérer se sauver ?
Les dirigeants bordelais ont rencontré le 5 août, par visioconférence, le CNOSF pour en savoir plus sur le futur des Girondins. Avant eux, d'autres clubs sanctionnés par la DNCG, comme Nice, Amnéville ou Sochaux, ont dû se présenter devant l'instance pour espérer obtenir un avis favorable, et inverser la première décision.
L'avenir des Girondins ne semble pas s'être éclairci, le 5 août, après le passage des Bordelais devant le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), puisque le conciliateur aurait proposé le renvoi devant la commission d'appel de la DNCG, le gendarme du football français.
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Avant eux, plusieurs clubs sont déjà passés devant le CNOSF et ont été sauvés. L'OGC Nice a bénéficié de la consultation de l'instance en 2002, tout comme Lens (2014) ou Amnéville (2017). L'avis du comité présidé par Amélie Oudéa-Castéra est seulement consultatif, mais la Fédération française de football (FFF) suit généralement le CNOSF. Le cas de Sochaux (2023) fait figure d'exception.
Nice, 2002 : promotion dans l'élite accordée grâce à une mobilisation des fans à Lyon
Il y a 24 ans de cela, l'OGC Nice termine à la troisième place de Division 2 et doit monter dans l'élite française. Mais l'été ne commence pas comme espéré sur la Côte d'Azur : les espoirs niçois de jouer en Ligue 1 pour la saison 2002-2003 sont douchés par la DNCG. Les Aiglons sont menacés d'une rétrogradation en National. La mairie de Nice et cinq investisseurs (Louis Bacchialoni, Jean Bessis, Maurice Cohen, Marcel Governatori et Gilbert Stellardo) injectent de l'argent pour construire un dossier qui sera examiné par le CNOSF le 5 juillet, à Lyon.
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250 supporters niçois se déplacent dans le Rhône et chantent pour supporter leur club, entre le Parc de la Tête d'Or et le Centre des Congrès, là où l'avenir des Aiglons se joue en salle de réunion. Deux semaines plus tard, le club azuréen est sauvé : « On était mort, on a été réanimé. Tout le monde pensait qu'on n'y arriverait pas », avait précisé Maurice Cohen en 2022, président entre 2002 et 2009. Nice a terminé 10e de L1 la saison suivante.
En 2014, Lens était dans la même situation que Nice. La DNCG n'a pas voulu accorder la montée aux Arthésiens. C'est le CNOSF qui a finalement rendu un avis favorable pour que les Sangs et Or disputent la Ligue 1 la saison suivante.

Nice a joué en Deuxième Division pendant huit saisons entre 1991 et 2002. (J. Delorme /L'Équipe)
Amnéville, 2017 : en Régional 1 et en National 3 sur la même saison
Le Club sportif Orne Amnéville (CSOA) est une équipe de Moselle qui a régulièrement joué dans les divisions nationales depuis le début des années 2000. La gestion des finances du club n'est jamais très saine pour autant. En 2013, le club est rétrogradé administrativement en Cinquième Division, avant d'être de nouveau sanctionné par la DNCG en 2015 : Amnéville se retrouve en Régional 1 (ancienne Division d'Honneur).
L'arrivée d'un nouveau président, François Ventrici, permet au CSOA d'effacer de nombreuses dettes. Vient l'été 2017 : après une saison réussie, les Mosellans terminent premier de R1 et doivent accéder à la Cinquième Division. Sauf que la DNCG leur refuse cette montée. Malgré une saisine du CNOSF, Amnéville commence l'exercice 2017-2018 en R1 et dispute quatre rencontres. L'instance olympique donne finalement un avis positif pour la promotion du club... le 19 septembre : la « 3F » réintègre l'équipe en N2. Sur la même saison, le club joue son premier match dans cette compétition le 11 octobre, alors que le Championnat avait commencé deux mois plus tôt.
Sochaux, 2023 : avis négatif du CNOSF, le club sauvé par la FFF
La saison 2022-2023 de Sochaux ne répond pas aux attentes, et ce alors que les investisseurs avaient dépensé beaucoup d'argent. Le revenu moyen d'un joueur du FCSM est estimé autour de 20 000 € par mois (soit 6 000 € de plus que la moyenne des footballeurs de Ligue 2), avec des contrats jackpots : Ibrahim Sissoko aurait touché environ 80 000 € par mois. L'équipe possède une masse salariale estimée à 19,6 M€. Encore sur le podium à la 30e journée, Sochaux termine par 8 défaites sur les 8 derniers matches, et est finalement 9e de L2.

Jean-Claude Plessis au milieu des supporters sochaliens, le jour où Sochaux a finalement été sauvé. (S. Mantey /L'Équipe)
Au moment de passer devant la DNCG, les comptes des Doubistes affichent un déficit compris entre 19 et 22 M€ : le gendarme financier rétrograde le club en National, désormais renommée Ligue 3. Romain Peugeot, le petit-fils du créateur du club, tente de maintenir le club en Deuxième Division avec un projet et l'Élysée intervient même dans ce dossier. Le club fait appel devant le CNOSF, qui rend un avis négatif pour la réintégration en Ligue 2. La conciliatrice ayant considéré qu'il y avait trop d'éléments nouveaux par rapport à ce qui avait été présenté à la commission d'appel de la DNCG.
Le travail combiné de Jean-Claude Plessis et Pierre Wantiez permet à Sochaux de ne pas déposer le bilan et chuter encore plus bas. Malgré l'avis négatif du CNOSF, le club est intégré au National par la FFF le 17 août, alors même que le Championnat a débuté six jours avant. Sochaux dispute son premier match le 25 août.
Bordeaux déjà devant le CNOSF en 2022
Relégués sportivement en L2, puis rétrogradés administrativement en 3e division par la DNCG, à cause de leurs difficultés financières, les Girondins de Bordeaux sont sauvés in extremis par la FFF. Le comité exécutif de l'instance fédérale est en effet revenu sur la décision du gendarme financier du football français et a décidé de suivre la proposition de conciliation fournie par le CNOSF. L'avertissement n'avait pas suffi.