Dans son grand discours aux Amfis, Mélenchon promet la censure à Lecornu
Politique 23/08/2026 12:26 Actualisé le 23/08/2026 12:28 Dénonçant un projet « qui va aggraver tous les maux » de l’économie français, le candidat à la présidentielle a déroulé son progra...
Politique 23/08/2026 12:26 Actualisé le 23/08/2026 12:28
Dénonçant un projet « qui va aggraver tous les maux » de l’économie français, le candidat à la présidentielle a déroulé son programme face à une foule conquise.
Par Paul Guyonnet avec AFP

OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
Pour son grand discours aux Amfis, les universités d’été de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a promis de censurer le gouvernement de Sébastien Lecornu sur le budget 2027.
Il a soigneusement ignoré la mise en garde du Premier ministre. Alors que Sébastien Lecornu avait prévenu, samedi 22 août, qu’il serait « absurde » de parler de censure sans même connaître le contenu du projet de budget de l’État pour 2027, Jean-Luc Mélenchon n’a pas hésité un instant à brandir cette menace ce dimanche 23, à l’occasion de son grand discours de clôture des Amfis 2026, la grand-messe de rentrée de la France insoumise.
Assurant que le projet du gouvernement « va aggraver tous les maux » de l’économie française, le candidat à la prochaine élection présidentielle n’a pas mâché ses mots.
« L’économie française était sur le fil du rasoir de la récession. Elle va plonger car Lecornu prépare un nouveau bûcher de coupes rases qui va aggraver tous les maux. Ne nous demandez pas, je ne sais pas quelle bienveillance à son égard. Une fois de plus, nous le censurerons », a-t-il lancé à la tribune, face à une foule de militants conquis.
« Taxer les riches ! »
La veille, le Premier ministre avait donc mis en garde les parlementaires contre la tentation d’attendre la présidentielle pour adopter un budget en 2027, ce qui serait « le choix du désordre ». Dans un message publié sur X, il prévenait : « Parler de 49.3 ou d’ordonnances avant de connaître le projet est absurde ! » Avant d’ajouter, à l’égard de ses détracteurs : « On ne peut réclamer plus de pouvoir au Parlement et lui demander de s’en dessaisir. Nous prendrons le temps du débat et du compromis, même s’il faut dépasser les échéances politiques que certains veulent imposer. »
« Voyez tous ces gens qui nous ont conduits à ce désastre, venir nous donner de leçon sur la manière de bien gérer. Nous nous engageons une fois au gouvernement à remettre de l’ordre dans les comptes publics, car nous en sommes capables », lui a répondu ce dimanche Jean-Luc Mélenchon, dans un discours très critique à l’égard des dix années de présidence Macron qui s’achèveront avec l’élection présidentielle du printemps 2027.
Pour redonner des marges de manœuvre au budget de l’État, Jean-Luc Mélenchon a promis, sous les chants « Taxer les riches ! », « de faire payer l’impôt aux dizaines de milliers de grandes fortunes et aux multinationales qui n’en payent pas », d’instaurer « une taxe sur les superprofits comme la réclament six pays européens » et de relancer « la consommation populaire et l’investissement par l’augmentation des salaires et la suppression des niches fiscales prédatrices ».
Il a également demandé que la Banque centrale européenne « mette au congélateur les dettes des États en commençant par celles de la période Covid ». Une piste qu’il martèle ces derniers jours.