Automobile. Permis de conduire : les stratégies des candidats pour décrocher une date d’examen plus rapidement
Le plus difficile n’est pas toujours de réussir l’examen, mais d’obtenir une place pour le passer. Selon le département où l’on réside, le délai d’attente peut varier de quelques semaines à plusieurs mois. D’ap...
Le plus difficile n’est pas toujours de réussir l’examen, mais d’obtenir une place pour le passer. Selon le département où l’on réside, le délai d’attente peut varier de quelques semaines à plusieurs mois. D’après une étude d’Ornikar dévoilée ce mercredi, un candidat peut ainsi attendre jusqu’à 167 jours de plus qu’un autre. « Ça fait 3 mois que j’attends pour passer mon permis de conduire en boîte automatique », témoigne Guillaume, 25 ans, de Dole (Jura).
Premier conseil des professionnels : ne pas brûler les étapes. « Quand on veut obtenir son permis rapidement, il faut absolument écouter son formateur et ne se présenter à l’examen que lorsqu’il estime qu’on est vraiment prêt, quitte à reprendre quelques heures de conduite », rappelle d’abord Philippe Destarkeet, secrétaire général du Snica-FO, le syndicat des inspecteurs du permis de conduire. Car un échec peut coûter cher en temps. Les auto-écoles donnent généralement la priorité aux primo candidats lorsqu’elles obtiennent des places d’examen. Les candidats qui doivent repasser l’épreuve doivent donc souvent patienter davantage. Il faut aussi tirer profit du temps d’attente entre deux passages, selon lui : « La conduite supervisée peut être une bonne solution pour acquérir de l’expérience », indique Philippe Destarkeet.
Changer de département
Les candidats les plus pressés mettent en place différentes stratégies. Pratique de plus en plus répandue : se délocaliser lorsque les délais sont particulièrement longs dans son département. « On observe régulièrement des flux migratoires de candidats. Ceux des grandes agglomérations se tournent vers les auto-écoles de campagne pour tenter de passer le permis un peu plus rapidement », observe ainsi Benjamin Panis, président de l’Unic (Union nationale des indépendants de la conduite), qui inscrit souvent des élèves venant de loin dans son auto-école du Gard.
Ces candidats profitent souvent de leurs vacances pour suivre leur formation et passer l’examen sur place. D’autres choisissent simplement de s’inscrire dans un département limitrophe où les délais sont moins importants. C’est le cas de Nolween, 23 ans : « J’ai dû carrément changer de département pour le passer plus rapidement. Je suis allée le passer dans le Puy-de-Dôme alors que j’habite à Gueugnon (Saône-et-Loire). »
Le calendrier peut également jouer en faveur des candidats. Certains choisissent de passer l’examen en hiver, période traditionnellement moins sollicitée qu’au printemps ou à l’été. D’autres sont prêts à payer un peu plus cher pour faire une formation accélérée. Les heures de conduite sont concentrées sur quelques semaines et l’auto-école s’engage à une présentation rapide à l’examen. C’est l’option choisie par Cherifa, 30 ans, originaire de la Vienne. « J’avais pris un pack permis premium qui me garantissait d’obtenir une date d’examen dans 30 jours. »
Enfin, la souplesse peut faire gagner un temps précieux. Les candidats les plus réactifs acceptent des horaires d’examen peu attractifs, parfois en semaine dès 8 heures du matin. Ils autorisent également leur auto-école à rechercher une place dans plusieurs centres d’examen lorsque cela est possible, y compris plus éloignés de leur domicile si cela permet d’obtenir une date plus rapidement. Enfin, certains acceptent d’être contactés au dernier moment en cas d’annulation d’un candidat. Ce qui permet parfois de gagner plusieurs semaines.