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Au Royaume-Uni, les cheminots envisagent de faire grève… faute de toilettes

Après plusieurs années de signalements, le syndicat Aslef entend désormais faire plier les opérateurs des chemins de fer. ...

Après plusieurs années de signalements, le syndicat Aslef entend désormais faire plier les opérateurs des chemins de fer.

Radio France

Publié le 28/07/2026 13:01

Temps de lecture : 2min

Un train stationne dans une gare de Londres, le 13 août 2024 en Angleterre. (BENOIT DURAND / HANS LUCAS / AFP)
Un train stationne dans une gare de Londres, le 13 août 2024 en Angleterre. (BENOIT DURAND / HANS LUCAS / AFP)

C'est une affaire qui a trop duré. La presse britannique relaie l'appel à la mobilisation d'Aslef, le syndicat britannique des conducteurs de trains, notamment ceux du métro londonien. En cause : une menace de grève faute de toilettes adaptées pour les cheminots.

En effet, un an après la mise en demeure du régulateur ferroviaire pointant pourtant l'absence persistante de toilettes à bord des trains, les opérateurs n'ont toujours pas réglé ce problème sanitaire, dénonce le syndicat. Dans un rapport sur la "dignité" de ses travailleurs, publié en novembre 2024, fondé sur une enquête auprès de ses adhérents, Aslef avait révélé que de nombreux conducteurs n'avaient pas accès à des toilettes fonctionnelles durant leur service. Certains se retrouvaient contraints d'uriner dans des bouteilles ou de déféquer dans leur cabine, comme le souligne The Guardian.

Un constat accablant partagé par l'agence gouvernementale du rail britannique, Office of Rail and Road, qui, en juillet 2025 exigeaient des exploitants du réseau ferré des "installations de bien-être fiables", qui représentent "une exigence fondamentale dans toute société civilisée". Un an après, pourtant, rien ne semble avoir été mené, malgré la signature d'une charte que le syndicat avait réussi à faire signer aux différents opérateurs après plusieurs réunions. Cette "charte du bien-être", qui aurait dû être mise en œuvre dans un délai de 12 mois, exige des toilettes "sûres, propres, accessibles et dignes" sur l'ensemble du réseau ferroviaire, et une durée maximale de quatre heures sur le siège de conduite sans possibilité d'aller aux toilettes.

Au-delà de la salubrité, le document alerte sur un risque sanitaire sérieux : par crainte de devoir demander une pause toilettes, plusieurs conducteurs limitaient volontairement leur consommation d'eau, s'exposant à des risques de déshydratation. Des cas d'affections telles que la thrombose veineuse profonde, des problèmes de vessie, voire des cancers de la prostate et des cancers colorectaux, liés à un manque d'accès aux toilettes ont été soulignés. Le syndicat Aslef a également souligné que les conductrices étaient particulièrement touchées et que cette situation constituait un frein aux efforts de féminisation la compagnie ferroviaire pour recruter davantage de femmes dans les cabines de conduite.

Le syndicat, rejoint par l'organisation Unite - l'un des principaux syndicats britanniques - qui milite également pour de meilleures conditions d'accès aux toilettes pour les conducteurs de bus et de camions, envisage donc une mobilisation, sans précision de date. Un premier boycott avait eu lieu, fin juin, lors d'une réunion entre régulateurs, gouvernement et opérateurs sur ce sujet, jugeant qu'il ne s'agissait que d'un "nouveau bavardage" sans effet concret.

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