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Au lendemain des Fêtes de Wallonie à Namur, l’heure des comptes… et des verres à moitié pleins

Ce mardi 22 septembre 2026, l'heure est au bilan pour les commerçants namurois après les "fièsses". Et derrière les foules et les soirées animées, un constat se dessine : les habitudes de consommation changent et les portefeuilles semblent trinquer un peu moins.

Aux lendemains des Fêtes de Wallonie, il est temps de tout replier, de nettoyer… et de faire les comptes. Derrière les concerts, les retrouvailles et les verres levés, le bilan commercial apparaît plus contrasté. Hormis un samedi bondé et une place Saint-Aubain bouclée, plusieurs commerçants constatent une fréquentation inégale et surtout des habitudes de consommation qui évoluent. Aux "Wallo" aussi, le portefeuille se fait plus prudent.

Du côté du chapiteau de la place d'Armes, Didier Bolle est aux commandes de la nourriture et des boissons. Pour lui, la crise se ressent directement dans les assiettes. "On sent une nette différence quand même. Les gens ont changé leur manière de manger ici. Nous avons vendu beaucoup plus de produits moins chers, comme les avisances d'une centaine de grammes. Les gens ne mangeaient que ça et picoraient deux ou trois frites dans les plats du voisin."

"On voit quand même que c'est la crise"

Le chiffre d'affaires de la nourriture est resté similaire, mais avec davantage de couverts. Une situation qui demande plus de personnel pour un résultat qui ne progresse pas. "On a fait le même chiffre d'affaires en termes de nourriture, mais plus de couverts, donc plus de main-d'œuvre nécessaire. On voit quand même que c'est la crise", explique-t-il.

Le constat est encore plus frappant du côté des boissons. Lors du concert de reprises de Céline Dion, entre 400 et 500 personnes se trouvaient dans le chapiteau. Pourtant, une dizaine seulement se serait présentée au bar. "Nous avons d'ailleurs baissé de 10 % les ventes au bar, c'est énorme. Il n'y a rien à faire, les gens n'ont plus un si gros pouvoir d'achat que ça et tout devient cher."

Un tenancier de stand de boissons résume : "Avant, les gens prenaient deux ou trois tournées sans trop réfléchir. Cette fois, ils regardent davantage les prix. Certains prennent une bière, puis passent leur tour."

Chez les commerçants rencontrés, le jeudi et le dimanche ont été particulièrement difficiles, tandis que le samedi et le lundi ont permis de sauver une partie des comptes.

La pils recule, les habitudes changent

Du côté des brasseurs, le bilan définitif reste encore difficile à établir : les camions ramènent seulement les marchandises et les chiffres doivent encore être compilés.

Chez Hallet, qui fournit une dizaine de stands, le gérant Jean-François observe une évolution dans les choix des consommateurs : "La pils diminue de plus en plus au profit de boissons sans alcool ou de boissons plus sucrées." Les contrôles de police et la prévention auraient également leur effet. "Les jeunes boivent aussi beaucoup avant de venir", estime-t-il.

Un autre commerçant décrit une ambiance différente derrière son comptoir : "Les gens sont toujours là pour faire la fête, mais ils calculent davantage. On voit des groupes qui partagent une bouteille d'eau ou qui prennent moins de consommations."

Chez Delsart, qui compte une cinquantaine de stands : "Les camions reviennent seulement, mais la météo clémente n'a pas dû trop venir gâcher les quantités vendues. Les boissons, par contre, se vendent plus désormais du côté de la place Maurice Servais depuis son réaménagement, désormais au détriment de certains quartiers."

Certaines places plus animées que d'autres

Un commerçant résume ce déplacement : "On a senti que certaines places étaient plus animées que d'autres. Quand la foule se déplace, les ventes suivent. Il suffit parfois de quelques rues pour voir la différence."

Au final, les Fêtes de Wallonie restent une grande fête populaire, et les rues namuroises n'ont certainement pas manqué d'ambiance. Mais derrière les chapiteaux et les comptoirs, les habitudes évoluent. On dépense moins, on choisit davantage, on picore plutôt que de s'attabler et la pils laisse doucement sa place aux boissons sans alcool ou plus sucrées.

La fête, elle, ne disparaît pas. Elle change simplement de recette. Et cette année, dans les caisses des commerçants, la tournée générale a manifestement été un peu moins généreuse.

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