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« Au-delà de l’exploit sportif, c’est une expérience humaine » : son départ est prévu dimanche, l’ancien champion d’Europe Gilles Rondy va rallier Calvi à Nice à la nage sans s’arrêter

Depuis janvier 2026, l’ancien champion d’Europe du 25 km nage libre, Gilles Rondy, prépare un défi inédit : relier Calvi à Nice à la nage, sans combinaison. Son départ est prévu ce dimanche 23 août 2026.

Le défi d’une vie. Voilà comment résumer celui dans lequel s’est lancé l’ancien nageur professionnel Gilles Rondy. Depuis janvier 2026, le quadragénaire prépare une traversée inédite : relier Calvi, en Corse, à l’Opéra Plage, à Nice.

Un défi sportif hors-norme pour celui qui a déjà connu les sommets. Ancien champion d’Europe du 25 km nage libre et présent aux Jeux olympiques de 2008, Gilles Rondy a choisi de revenir aux bases pour cette traversée en nageant en eau libre, sans combinaison et sans jamais sortir de l’eau.

Si les prévisions météo n’évoluent pas dans les prochaines heures, le nageur devrait entamer sa traversée ce dimanche 23 août 2026 pour une arrivée espérée sur la Plage de l’Opéra mardi 25 août, en fin de journée.

« Au-delà de l’exploit sportif, c’est une expérience humaine. Durant ma carrière, je me battais à la fois contre d’autres concurrents, mais également contre le chronomètre. Là, ce sera de la résistance pure et dure, s’approcher des limites du corps humain et de ma force psychologique », explique-t-il.

Une résistance mise à rude épreuve. « Sans combinaison, le corps est moins tenu, ce qui va me provoquer des douleurs au dos assez rapidement. De plus, même si la température de la Méditerranée est à 25 °C, avec tout ce temps passé dans l’eau, le corps finit par se refroidir. »

Le champion olympique de 2012 vient d’annoncer, à 35 ans, la fin de sa carrière.

Une préparation à la hauteur du défi

Une traversée de cette ampleur ne s’improvise pas. Depuis plusieurs mois, Gilles Rondy enchaîne les séances de trois à quatre heures dans l’eau. En mai dernier, il a notamment franchi une nouvelle étape avec une traversée de 80 kilomètres en Martinique.

Durant la traversée entre la Corse et Nice, le ravitaillement devra lui aussi être pensé avec précision. Hors de question pour le nageur de s’arrêter ou de monter à bord du bateau qui l’accompagnera. « Mes équipes me transmettront de quoi m’hydrater et me restaurer grâce à des gourdes accrochées au bout de perches », détaille-t-il.

Reste une inconnue majeure : le sommeil.

Gilles Rondy s’est fixé une règle. S’il parvient à boucler la traversée en moins de 60 heures, soit deux nuits, il ralliera Nice sans dormir. Au-delà de cette durée, il prévoit en revanche de prendre quelques heures de repos… directement dans l’eau.

« Après avoir échangé avec de nombreux spécialistes du sommeil, nous avons décidé que c’était la meilleure stratégie à adopter. La Méditerranée étant une mer assez calme, je devrais pouvoir me reposer en flottant sur le dos », estime-t-il.

Les méduses, la menace qui inquiète le plus le nageur

Mais s’il existe une menace qu’appréhende le nageur, ce sont bien les méduses. Particulièrement présentes à cette période de l’année, elles pourraient mettre en péril la traversée du quadragénaire.

« Sans ma combinaison, si je me retrouve au milieu d’un banc de pélagies, je ne pense pas que je pourrai continuer. Mes équipes surveilleront en direct depuis le bateau afin de les éviter au maximum, mais on ne peut jamais être totalement sûr. »

Une menace qui rappelle que, malgré toute sa préparation, le nageur ne sera jamais totalement maître de son environnement.

Une traversée pour alerter sur l’état de la Méditerranée

Derrière la performance sportive, Gilles Rondy porte un message de protection des océans et de la Méditerranée.

« On voit les fonds marins se détériorer sous nos yeux. La faune marine souffre terriblement du réchauffement climatique ainsi que de la pollution plastique. Avec cette traversée, j’espère faire prendre conscience aux gens que cet écosystème marin est précieux, magnifique, mais surtout vulnérable. »

Pour appuyer son projet, Gilles Rondy s’est notamment associé au sanctuaire Pelagos, espace maritime créé pour assurer la protection des mammifères marins entre la France, l’Italie et la Corse.