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Au Burkina Faso, un nouveau Code pénal rétablit la peine de mort

Abolie en 2018, puis de nouveau évoquée en décembre 2025, la peine de mort a été rétablie dans la nouvelle mouture du Code pénal burkinabè adoptée par les députés le 20 octobre. Elle doit être à présent promulg...

Abolie en 2018, puis de nouveau évoquée en décembre 2025, la peine de mort a été rétablie dans la nouvelle mouture du Code pénal burkinabè adoptée par les députés le 20 octobre. Elle doit être à présent promulguée par le président, Ibrahim Traoré. La peine capitale “est notamment prévue pour les actes de terrorisme, la trahison, l’espionnage, l’assassinat, le parricide et certains autres crimes graves”, détaille Studio Yafa.

Le texte prévoit comme modalités d’exécution de cette peine, “la fusillade, l’injection létale, la pendaison ou l’électrocution”, ajoute le média de la Fondation Hirondelle.

Cette nouvelle disposition pénale pourrait, selon le ministre de la Justice burkinabè, Edasso Rodrigue Bayala, dissuader les groupes djihadistes, qui “se servaient de la clémence relative de l’ancien texte comme argument de recrutement”.

“Le sentimentalisme, c’est fini”

Le site d’info guinéen Le Djely exhume, lui, des propos d’Ibrahim Traoré tenus au début de septembre lors d’un entretien diffusé sur la Radiodiffusion Télévision du Burkina : “Si on prend quelqu’un dans la trahison, c’est sans pitié. Le sentimentalisme, c’est fini.”

Interrogé par la version francophone du média international allemand Deutsche Welle, Ousmane Diallo, chercheur principal sur le Sahel au bureau régional d’Amnesty international, indique que d’“éminents défenseurs des droits humains ont été accusés de complot contre la sécurité de l’État” et seraient potentiellement en danger.

Le journaliste Ahmed Newton Barry pointe de son côté dans ce média une contradiction du régime, qui vante régulièrement les succès engrangés face aux insurgés djihadistes : “Quand on est fort, on ne va pas instituer la mort comme étant un garant de son propre pouvoir.”

Studio Yafa et Ouestaf s’intéressent quant à eux aux changements induits par le nouveau Code pénal dans le secteur de la presse, qui punit beaucoup plus durement certaines infractions. Ainsi, “l’apologie du terrorisme commise par voie de presse écrite, en ligne ou audiovisuelle est [désormais] passible d’une peine de vingt et un à trente ans de prison”, écrit le site d’actualité ouest-africaine.

L’organisation Reporters sans frontières y voit une “grave menace” et alerte : “La lutte contre le terrorisme ne peut justifier la criminalisation du journalisme.”