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Au Brésil, Meta se retrouve au coeur de l’élection présidentielle entre Lula et Flavio Bolsonaro

Alors que le second tour entre Lula et Flavio Bolsonaro s’annonce très serré, les deux candidats accusent respectivement le géant technologique américain d’« ingérence » et d’« abus de pouvoir ».

International 21/10/2026 07:38 Actualisé le 21/10/2026 07:39

Alors que le second tour entre Lula et Flavio Bolsonaro s’annonce très serré, les deux candidats accusent respectivement le géant technologique américain d’« ingérence » et d’« abus de pouvoir ».

Par Timothée Barnaud avec AFP

L’élection présidentielle au Brésil, dont le second tour aura lieu ce dimanche, bascule encore un peu plus dans la tension. Flavio Bolsonaro a demandé ce mardi 20 octobre à la justice de disqualifier son adversaire Lula, peu après que le président sortant a clamé son intention de faire de même. Au cœur de l’imbroglio judiciaire se trouve le géant américain Meta, la maison mère de Facebook, WhatsApp ou Instagram.

Les réseaux sociaux se sont révélés un champ de bataille majeur dans l’entre-deux-tours du plus grand pays d’Amérique latine. Le président sortant de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, accuse ainsi Meta d’« ingérence » au profit du sénateur conservateur, Flavio Bolsonaro.

Ce dernier, le fils de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro, estime en retour que Lula s’est livré à un « abus de pouvoir » via des publications massives sur la messagerie WhatsApp.

« Manipulation algorithmique »

Face à une droite qui domine sur les réseaux sociaux depuis des années au Brésil, la gauche a mis les bouchées doubles pour tenter de combler son retard, et tente d’être à l’offensive à quelques jours du scrutin.

L’équipe de campagne de Lula a annoncé ce mardi déposer un recours au Tribunal supérieur électoral (TSE) pour annuler la candidature de Flavio Bolsonaro. L’action est motivée par une « manipulation algorithmique » par Meta visant à nuire à Lula, a expliqué sous couvert d’anonymat, une source au sein de son équipe. Le coordinateur de sa campagne, le sénateur Camilo Santana, a ensuite déclaré à la presse que le dépôt de la requête aurait lieu ce mercredi.

Cela fait désormais plusieurs jours que l’équipe de campagne de Lula accuse publiquement le géant américain d’« interférences ». Ils affirment que Meta a « empêché le profil du président Lula de promouvoir des publications du fil sur Instagram », ou encore qu’une publication de son compte officiel « a subi une interruption de recension des vues, ce qui a affecté sa portée ».

Flavio Bolsonaro, lui, n’a pas attendu : son recours, déposé ce mardi devant le Tribunal supérieur électoral par les avocats du sénateur de droite, consulté par l’AFP, évoque un « abus de pouvoir » de la part du dirigeant de gauche.

Il l’accuse d’avoir diffusé massivement sur WhatsApp des contenus promouvant les actions du gouvernement, en pleine période électorale. L’équipe de Flavio Bolsonaro a également dénoncé une supposée « offensive de propagande négative menée » par son adversaire « avec l’aval » de Meta.

Des « défaillances récurrentes »

Meta et les avocats des deux candidats se sont réunis ce mardi au Tribunal supérieur électoral (TSE), a indiqué une source au sein de cette instance.

Ce lundi, le TSE avait donné à Meta un délai de 24 heures pour démontrer qu’il avait adopté des mesures, afin de garantir l’égalité de traitement des deux candidats, sous peine d’une amende d’environ 200 000 dollars par jour. L’entreprise a assuré ce mardi sur son site internet avoir « conclu la mise en place des mesures pour satisfaire » à ces exigences.

Meta, qui nie les accusations, avait reconnu la semaine dernière des problèmes comme la désactivation par erreur d’annonces de campagne de Lula, mais avait évoqué des « incidents » techniques n’affectant pas seulement le Brésil.

Mardi, le conseil de surveillance du géant de la tech a déploré des « défaillances récurrentes » dans la modération de Meta sur les contenus en lien avec les élections de mi-mandat aux États-Unis et la présidentielle au Brésil.

Des accusations d'ingérence envers Trump

Au-delà de Meta, Lula accuse le gouvernement des États-Unis d’ingérence en faveur de Flavio Bolsonaro, dont le père, au pouvoir de 2019 à 2022 et détenu pour tentative de coup d’État, est un allié de Donald Trump. Sans exprimer son soutien direct, le président américain avait salué après le premier tour la « belle victoire » du fils Bolsonaro.

Le scrutin est crucial pour l’Amérique latine, le Brésil étant l’un des derniers bastions de gauche face à la vague de droite encouragée par le chef de la Maison Blanche.

Brasília a par ailleurs accusé ce mardi Javier Milei de « tentative d’ingérence » dans le second tour de l’élection présidentielle, après que le président argentin, proche de Donald Trump, a estimé que son homologue brésilien Lula pourrait « voler l’élection ».

Un sondage de l’institut Datafolha donne au sénateur Bolsonaro 51 % d’intentions de vote, contre 49 % pour le chef de l’État sortant. Soit une égalité technique, compte tenu de la marge d’erreur.