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Arnau, 24 ans, a quitté la ville pour vivre seul en autosuffisance dans un petit village : “Au lieu de respirer la pollution, d’entendre le bruit constant ou d’être stressé, je vois des animaux et je profite de la tranquillité”

Vous doutez que la vie dans un village de campagne soit faite pour vous ? Ce jeune homme a des arguments et il en semble très satisfait. De nos jours, voler de ses propres ailes relève presque de l’exploit pour...

Vous doutez que la vie dans un village de campagne soit faite pour vous ? Ce jeune homme a des arguments et il en semble très satisfait.

De nos jours, voler de ses propres ailes relève presque de l’exploit pour les jeunes. L’un d’eux a pourtant fait un choix radical : tourner le dos à la ville pour une vie au grand air, dans un petit village. Depuis, il ne dépend plus de personne pour se nourrir, se chauffer ou gagner sa vie.

Un mode de vie qui pourrait sembler d’un autre temps, mais qu’il a choisi très tôt, pour des raisons bien précises. Le média espagnol COPE a recueilli son témoignage. Il y raconte son quotidien, ses astuces, et le seul vrai prix qu’il paie pour ce virage.

jeune dans un village © dr

Arnau, 24 ans, a quitté la ville pour vivre seul en autosuffisance dans un petit village : "Au lieu de respirer la pollution, d'entendre le bruit constant ou d’être stressé, je vois des animaux et je profite de la tranquillité"

Pourquoi ce jeune Barcelonais a quitté la ville pour le village

En Espagne, 85,5 % des 16-29 ans vivent encore chez leurs parents, faute d’emploi stable et à cause de loyers hors de prix. L’âge moyen du départ dépasse désormais les 30 ans, loin devant la moyenne européenne. Arnau Serrado, lui, a pris le contre-pied. À 18 ans, ce Barcelonais a laissé la ville derrière lui pour s’installer à la campagne. Six ans plus tard, il vit en totale autonomie, entre son potager, la chasse et ses animaux. Son élevage de lapins lui assure même son indépendance financière.

Ce départ n’avait rien d’un coup de tête. En ville, Arnau allait mal, physiquement comme moralement. « Je me réveillais le matin sans énergie, j’étudiais et j’étais anémique ; j’étais complètement apathique », se souvient-il. Son échappatoire, c’était les week-ends dans la maison de campagne de la famille, là où il a commencé à chasser vers 15 ans. Une fois majeur, il a sauté le pas pour de bon.

village © Shutterstock

Il a quitté la ville pour un petit village de campgne.

Énergie solaire, potager et chasse : l’autonomie au quotidien dans son village

Aujourd’hui, ses journées n’ont plus rien à voir avec la vie citadine. Il produit son électricité grâce à des panneaux solaires et se chauffe avec un poêle alimenté par le bois de la forêt. Son eau vient d’une source naturelle, sans chlore, et il dit se sentir revigoré. « La plus grande différence, c’est avant tout la vitalité que procure ce mode de vie. Il vous donne littéralement la vie, l’énergie, l’envie d’agir. » Et son porte-monnaie s’en porte mieux : « Je me sens comme l’homme le plus riche du monde de pouvoir vivre ainsi. On dépense moins et on mange pour une qualité 10 à 100 fois supérieure à celle des produits qu’on achète. »

Dans une serre fabriquée avec de vieilles fenêtres récupérées, il cultive tomates, citrouilles et épinards. Les épluchures nourrissent ses bêtes, et leur fumier, composté avec des vers, devient un humus naturel pour la terre. La boucle est bouclée, sans le moindre engrais chimique. Il élève des canards Khaki Campbell et des poules pour les œufs. Mais l’essentiel de ses protéines vient de la chasse, pratiquée dans les règles. Avec le cerf ou le chevreuil, il prépare des burgers et des saucisses maison, et il tanne les peaux pour en faire des tapis ou des sacs.

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Dans son villlage, il cultive ses propres légumes.

Au village, des lapins et les réseaux sociaux pour gagner sa vie

Pas question pour autant de vivre en ermite. Arnau tient à un revenu régulier et à des horaires souples. Il a fait de sa passion d’enfance, l’élevage de lapins, une activité rentable. Chez lui, pas de cages : les lapins vivent en groupe, mangent une nourriture de qualité, et sont vendus comme animaux de compagnie. Le secret de sa réussite tient à Internet : « Ce projet ne fonctionnerait pas si personne n’en avait connaissance sans une présence active et régulière sur les réseaux sociaux.»

Le seul revers de la médaille, selon lui, c’est la distance avec ses amis et sa famille, qu’il ne voit plus au quotidien. Mais son message aux jeunes de sa génération reste plein d’espoir : s’installer à la campagne est à la portée de ceux qui ont de la détermination, l’envie d’apprendre et un réseau sur lequel compter. Pour Arnau, le bonheur tient finalement à peu de chose : une source, un potager, quelques lapins, et la vie paisible de son village.

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